Euclidiennes, Guillevic
Date de publication :
05/06/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- Si le titre nominal et le dessin semblent présenter la figure géométrique comme immobile et immuable, la suite du poème dénonce cette synchronie comme illusoire
- L'isotopie du futur marque l'inscription de la figure dans une temporalité, mais surtout la projection de celle-ci dans un devenir quasi-existentiel : la figure n'est pas de toute éternité, elle est ce qu'elle se fait être, ce qu'elle devient, ce que ses actes et sa façon d'agir font d'elle
- Si la figure s'affirme dans le temps, il s'agit avant tout d'un temps subjectif, théorisé par Bergson comme la conscience individuelle d'une temporalité dégagée du réel, de la mesure sociale
- Le langage va être l'espace d'une quête d'identité, le lieu d'une individualité qui tente de s'affirmer par lui et qui découvre en lui, ses propres limites
- L'espace crée par les figures, qui est celui d'une quête d'identité, donne lieu peu à peu à une quête du réel
Résumé :
Les poèmes: « Tangente », « Bissectrice »,
« Sécante », «Perpendiculaire » et « Ligne brisée »
euclidiennes est un recueil poétique qui se donne à lire comme un répertoire de figures géométriques, une sorte de manuel usuel de mathématiques, qui, au moyen de dessins, recense et définit des notions essentielles (la droite, le point, le cercle...). Chaque poème se présente sous la forme d'un triptyque : un titre, qui peut être entendu comme une interrogation implicite (« Tangente » : qu'est ce qu'une tangente ?), un tracé de figure qui correspond en quelque sorte à la réponse attendue et un texte poétique. Or, ce texte n'est pas une continuité des deux premiers éléments, mais un renversement ; la démarche scientifique question-réponse qui pose un terme suivi de sa définition imagée, est remise en cause par la prise de parole au style direct de la figure elle-même qui, sous couvert de vouloir se définir toute seule, avoue son incapacité à se circonscrire par le langage. La parole poétique ne se présente pas comme une négation du langage mathématique, mais le complète, en dévoile les manques et les limites, tout en affirmant elle-même ses propres frontières. Dans quelle mesure les poèmes de guillevic fonctionnent-ils comme des définitions d'espaces : espace réel- espace perçu- espace langagier ? Si la géométrie ne se veut pas reproduction du réel, mais figuration de celui-ci par le biais d'entités abstraites, quelle peut être la fonction de ces formes pures dans la représentation mentale ?
Les poèmes « Tangente », « Bissectrice »,
« Sécante », « Perpendiculaire » et « Ligne brisée », permettent d'une part l'inscription des figures dans une temporalité multiple, et d'autre part, neutralisent paradoxalement cette notion de temps au moyen du concept d'espace qui devient le lieu de la quête de soi. Avouant l'échec d'une désignation du monde par le langage, elles se font enfin pure réflexivité, expression d'une spatialité de la parole poétique.
« Sécante », «Perpendiculaire » et « Ligne brisée »
euclidiennes est un recueil poétique qui se donne à lire comme un répertoire de figures géométriques, une sorte de manuel usuel de mathématiques, qui, au moyen de dessins, recense et définit des notions essentielles (la droite, le point, le cercle...). Chaque poème se présente sous la forme d'un triptyque : un titre, qui peut être entendu comme une interrogation implicite (« Tangente » : qu'est ce qu'une tangente ?), un tracé de figure qui correspond en quelque sorte à la réponse attendue et un texte poétique. Or, ce texte n'est pas une continuité des deux premiers éléments, mais un renversement ; la démarche scientifique question-réponse qui pose un terme suivi de sa définition imagée, est remise en cause par la prise de parole au style direct de la figure elle-même qui, sous couvert de vouloir se définir toute seule, avoue son incapacité à se circonscrire par le langage. La parole poétique ne se présente pas comme une négation du langage mathématique, mais le complète, en dévoile les manques et les limites, tout en affirmant elle-même ses propres frontières. Dans quelle mesure les poèmes de guillevic fonctionnent-ils comme des définitions d'espaces : espace réel- espace perçu- espace langagier ? Si la géométrie ne se veut pas reproduction du réel, mais figuration de celui-ci par le biais d'entités abstraites, quelle peut être la fonction de ces formes pures dans la représentation mentale ?
Les poèmes « Tangente », « Bissectrice »,
« Sécante », « Perpendiculaire » et « Ligne brisée », permettent d'une part l'inscription des figures dans une temporalité multiple, et d'autre part, neutralisent paradoxalement cette notion de temps au moyen du concept d'espace qui devient le lieu de la quête de soi. Avouant l'échec d'une désignation du monde par le langage, elles se font enfin pure réflexivité, expression d'une spatialité de la parole poétique.
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