L’Euphorie perpétuelle - Essai sur le devoir de bonheur, de Pascal Bruckner

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Sommaire

  1. Biographie de l'auteur
  2. Résumé général de l'essai
  3. Méthode et références

Résumé de la fiche de lecture

L'idée soutenue par l'essayiste français, c'est qu'à force d'avoir fait du bonheur un idéal absolu, nous nous sommes condamné à être malheureux. L'«obligation d'être heureux» est paradoxalement devenue une source d'angoisse et de misère morale. Nous vivons en effet depuis le XVIIIe siècle dans le culte du bonheur à tout prix. Comme nous ne croyons plus à la vie après la mort, nous exigeons le paradis sur terre. Les utopies de gauche et l'utilitarisme bourgeois se rejoignent sur ce point. «Tout tout de suite» et «jouir sans entraves», disaient les slogans en Mai 68. «Concilier réussite professionnelle, amoureuse, familiale, sociale, santé, beauté, etc.», demande-t-on plus prosaïquement aujourd'hui. Or, poursuit Bruckner, obsédés par cet idéal de perfection, nous méprisons tout ce qui n'est pas à sa hauteur.
L'idée de ne pas vivre dans une euphorie perpétuelle nous fait paniquer. Et comme, constate-t-il, «les 80% de notre vie sont faits de moments neutres, ni heureux ni malheureux», nous sommes contraints de nous avouer, en privé, la triste vérité: notre quotidien est banal et ennuyeux. La crainte que les autres soient plus heureux est ainsi à la base des deux grandes passions démocratiques: l'envie et la jalousie. L'obsession du bonheur nous empêche donc de jouir vraiment.

[...] La vie repose sur un double postulat : d’un côté tirer le meilleur parti de sa vie ; de l’autre s’affliger si l’on n’y parvient pas. Le droit au bonheur est devenu un dogme un catéchisme collectif Première partie Le paradis est là où je suis. I. La vie comme songe et mensonge Il n’est de plénitude qu’en Dieu et les plaisirs humains sont donc insignifiants. Contrairement au célèbre aphorisme de Saint-Just, le bonheur n’a jamais été une idée neuve en Europe, mais le christianisme en a reconnu l’aspiration et l’a mis hors de portée de l’homme : c’est le Paradis. [...]


[...] Le crime de souffrir L’Antiquité vivait sur l’espoir d’une réfutation de la souffrance, le christianisme sur son exaltation, nous vivons sur sa dénégation et la fuyons comme un fléau. Or ce n’est pas la souffrance qui s’est évanouie mais son expression publique qui est interdite. Depuis Tolstoï, la souffrance est une saleté et la mort une contrariété nauséabonde, le XIXè siècle la récusait comme au nom de la décence, le XXè l’a refoulée au nom de la jouissance. Mais que ce soit au nom des bonnes manières ou de l’idéal hédoniste, elle reste inconvenante. [...]


[...] De même, tomber malade, c’est aussi avoir quelque chose à dire sur soi qui sorte de l’ordinaire. On retrouve l’asthme chez Proust, la syphilis chez Baudelaire, l’épilepsie chez Dostoïevski les bien-portants sont des exemples ternes. Il est donc deux manières d’insuffler du romanesque dans la vie quand il ne nous arrive rien : par l’écoute de son psychisme ou la narration de ses misères physiologiques. Cela témoigne de notre faculté d’aménager le malheur à défaut de s’en débarrasser, de convertir nos faiblesses en expérience créatrice. [...]


[...] Pascal avait bien qualifié de folle cette volonté de l’homme de rechercher lui-même le remède à ses propres misères. Privée de ses alibis religieux, la souffrance ne signifie plus rien. Voltaire écrit dans Candide que L’homme est partagé entre les convulsions de l’inquiétude et la léthargie de l’ennui Le bonheur se heurte donc à deux obstacles : il se dilue dans la vie ordinaire et croise partout la douleur. III. Les disciplines de la béatitude Dans Malaise de la civilisation, Freud déclare le bonheur impossible : il est la part toujours croissante de ses désirs que l’individu doit abandonner pour vivre en société, toute culture s’édifiant sur le renoncement aux instincts. [...]


[...] On reconnaît le bonheur comme constitutif de la condition humaine. Il faut ré apprivoiser la souffrance, comme disait Montaigne de la mort, pour retrouver vis-à-vis d’elle un certain détachement. Une autre tendance consiste à rattacher les hommes à partir de leurs tragédies communes. C’est le partage de la souffrance et la volonté de s’en affranchir qui créent le lien et provoquent un acte de donation de sens Le malade est devenu un sujet de droit, un acteur social qui peut saisir la justice et s’allier à d’autres malades. [...]

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A propos de l'auteur
Fanny S.
étudiante
Niveau
Expert
Etude suivie
droit...
Ecole, université
sciences po
A propos du doc
Date de publication
20/04/2007
Langue
français
Format
.doc
Type
fiche de lecture
Nombre de pages
7 pages
Niveau
expert
Consulté
7 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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