Everett C. Hughes : le regard sociologique
Date de publication :
26/01/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
19 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'étude du travail et des métiers
- La division du travail et la notion de rôle social
- Le travail et le soi
- Notion de licences et de mandats
- Les institutions
- Institutions liées aux besoins humains
- Institutions ' bâtardes '
- L'étude d'une carrière
- La rencontre des groupes ethniques et des cultures
- Définition du groupe ethnique
- Notion de barrière raciale
- Apparition de peuples nouveaux
- Histoire et méthode des sciences sociales
- Observation et entretien
- Retour sur l'histoire de l'Ecole de Chicago
Résumé :
Le livre de everett C. hughes « Le regard sociologique » (paru en 1996) est un incontournable parmi les ouvrages de sociologie. Par l'intermédiaire de ce livre, hughes a réellement apporté quelque chose de nouveau, tout en conservant la marque de son appartenance à l'Ecole de Chicago. Il a d'ailleurs contribué à perpétuer ce « courant », et ainsi il a pu transmettre les apports de la première génération de l'Ecole de Chicago.
J'ai choisi d'étudier ce livre pour plusieurs raisons : tout d'abord, j'ai eu l'occasion à plusieurs reprises d'en lire certains passages, notamment sur la façon d'étudier et d'appréhender une profession. J'avais trouvé ça très intéressant, et particulièrement l'intérêt de l'auteur pour les métiers dits « moins nobles ».
La seconde raison est que je pense qu'il faut avoir lu ce livre lorsqu'on suit des études de sociologie, et spécialement en sociologie du travail, ce qui est mon cas. En effet, cet ouvrage représente un des incontournables livres en sociologie.
De plus, j'ai pensé que cette lecture allait m'aider dans l'élaboration de mon mémoire, qui portera sur le journalisme, et plus particulièrement sur la ou les manières qu'emploient les journalistes pour traiter un fait politique. Même si je n'étudie pas la profession en elle-même, je dois avant tout mieux connaître ce milieu, leur façon de travailler, leurs interactions... J'ai donc pensé que ce livre me serait utile dans la manière d'aborder le sujet.
everett Cherrington hughes (1897-1983) est l'un des principaux représentants de la pensée sociologique de l'école de Chicago.
hughes a contribué à la seconde période de l'École de Chicago, soit celle qui suit directement les recherches et enseignements de Park, Ernest Burgess, Thomas et Znaniecki ainsi que dans une autre mesure Albion Small et George Herbert Mead. Erving Goffman et Howard Becker ont été ses élèves. hughes était considéré comme un sociologue qui alliait autant études empiriques et réflexions théoriques.
Entre 1927 et 1938, hughes enseigne la sociologie à l'Université Mc Gill à Montréal. Il profitera de son séjour à Montréal pour étudier la société canadienne et française. Il publie en 1943 un ouvrage qui porte sur la ville de Drummondville dans l'est de la province de Québec. Cet ouvrage intitulé « French Canada in Transition » aborde la question de l'industrialisation des régions rurales.
hughes fut lui-même professeur de sociologie à l'université de Chicago de 1938 à 1961. Il a développé une perspective originale pour l'étude du travail, des métiers et des institutions, dont s'inspirèrent les sociologues de la génération suivante, comme Howard S. Becker, Erving Goffman, Eliot Friedson, etc.
Mais everett C. hughes est également connu pour ses recherches sur le travail. Le travail pour hughes est un objet de la plus haute importance puisqu'il permet d'étudier les relations entre les individus. En effet, étudier le travail, c'est étudier les arrangements sociaux et psycho-sociaux. Le travail et son environnement sont un terrain intéressant puisqu'il permet d'examiner les processus d'acceptation, de tolérance et de valorisation face aux autres. Pour hughes, les statuts ne sont pas définis à priori, ils naissent de l'interaction des acteurs qui ont des rôles sociaux différents.
Tout au long de sa carrière hughes s'est intéressé également à l'étude des contacts interethniques. Ses propres recherches sur le Canada ont débouché sur une perspective originale qui prolonge celle de Park sans en avoir les limites.
hughes a ainsi joué un rôle éminent dans le développement de l'un des domaines d'excellence de la sociologie américaine des soixante dernières années : les recherches reposant sur une approche ethnographique des sociétés contemporaines. Certains de ses essais, enfin, déploient une réflexion d'ensemble sur les sciences sociales, leur histoire et leurs démarches.
Cet ouvrage offre une vue d'ensemble de l'oeuvre d'everett C. hughes.
hughes était un interactionniste : héritier direct de l'Ecole de Chicago, ce courant de pensée s'est développé aux Etats-Unis au cours des années soixante. En opposition avec le fonctionnalisme qui dominait alors la sociologie américaine, les interactionnistes ont centré leurs études sur les interactions, c'est-à-dire sur les actions réciproques entre les individus. Ce courant de pensée, auquel se rattache l'ethnométhodologie de Goffman, a en commun avec l'individualisme méthodologique l'étude des motivations des acteurs, mais s'en distingue en faisant de l'interaction, et non pas de l'individu et de ses stratégies, l'élément de base de sa réflexion.
Contrairement aux fonctionnalistes, la rupture proposée par les interactionnistes porte également sur les méthodes de travail. Alors que les premiers privilégient une sociologie quantitative basée sur le recueil et l'analyse de données (sous la forme d'enquêtes ou de sondages par exemple), les seconds réhabilitent une sociologie qualitative issue de l'Ecole de Chicago. Pour eux, rien ne remplace l'observation directe et personnelle faite par le sociologue sur le terrain.
A partir de l'hypothèse selon laquelle les individus sont des sujets conscients, ils proposent d'expliquer le social par les actions individuelles. L'action a une signification pour les individus, et les interactionnistes ajoutent qu'il n'y a pas d'autres sens à chercher que celui donné par l'individu lui-même. Le travail du sociologue consiste donc, selon eux, à reproduire le discours des individus. L'action d'un individu et le sens qu'il lui donne dépendent de ses relations avec les autres. Ainsi, un médecin agit vis-à-vis de ses patients en fonction des attentes de ceux-ci. Nous reparlerons plus tard du champ de la médecine, sous divers aspects qu'ont étudiés hughes et Friedson.
Ce recueil comprend à la fois des essais très connus de hughes, un inédit, un texte publié tardivement, un chapitre de son livre sur les contacts entre races et cultures ; il donne donc une vision d'ensemble de la sociologie de hughes. Ces différents essais ont été sélectionnés par Jean-Michel Chapoulie.
Jean-Michel Chapoulie est professeur de sociologie à l'Université de Paris I, où il enseigne la sociologie de l'éducation, et en particulier les caractéristiques du champ pédagogique en France. A côté de ses études sur l'éducation, il est également un spécialiste de l'Ecole de Chicago. D'un point de vue méthodologique, il a notamment publié sur l'expérience de terrain. Il a écrit entre autres « La tradition sociologique de Chicago, 1892-1961 », Paris, Seuil, 2001.
Après avoir rappelé la place de hughes dans l'histoire de la tradition de Chicago, Chapoulie montre que la contribution de hughes, qui prend majoritairement la forme d'essais, se caractérise, à l'instar de celle de Park, par une observation minutieuse des détails et par une grande insistance sur les faits macro sociaux. hughes, opposé à l'invention de jargons ésotériques, utilise « l'examen critique de propriété des termes du langage ordinaire » comme stratégie d'investigation et, l'applique à tous ses sujets d'analyse. « hughes part de l'idée banale (...) que les catégories du langage ordinaire reflètent les points de vue de catégories particulières de personnes, et qu'à travers leur usage s'impose le point de vue pratique de celles-ci et leur perception des phénomènes sociaux ».
Les principaux thèmes évoqués, et que nous allons étudier, sont l'étude du travail et des professions, les institutions, la rencontre des groupes ethniques et des cultures et enfin l'histoire et la méthode des sciences sociales.
Pour mieux comprendre cet ouvrage, nous allons faire une lecture linéaire, en reprenant chaque thème important que nous venons de citer, et en les expliquant, grâce au livre lui-même, et aussi nous nous servirons d'autres études pour mieux expliquer le point de vue de hughes, et des interactionnistes. A certains moments, nous confronterons la théorie interactionniste de hughes à celle des fonctionnalistes, pour mieux comprendre les différentes façons d'aborder un sujet. Nous ne limiterons donc pas ce travail à la seule étude de l'ouvrage, même si elle en constituera la base.
J'ai choisi d'étudier ce livre pour plusieurs raisons : tout d'abord, j'ai eu l'occasion à plusieurs reprises d'en lire certains passages, notamment sur la façon d'étudier et d'appréhender une profession. J'avais trouvé ça très intéressant, et particulièrement l'intérêt de l'auteur pour les métiers dits « moins nobles ».
La seconde raison est que je pense qu'il faut avoir lu ce livre lorsqu'on suit des études de sociologie, et spécialement en sociologie du travail, ce qui est mon cas. En effet, cet ouvrage représente un des incontournables livres en sociologie.
De plus, j'ai pensé que cette lecture allait m'aider dans l'élaboration de mon mémoire, qui portera sur le journalisme, et plus particulièrement sur la ou les manières qu'emploient les journalistes pour traiter un fait politique. Même si je n'étudie pas la profession en elle-même, je dois avant tout mieux connaître ce milieu, leur façon de travailler, leurs interactions... J'ai donc pensé que ce livre me serait utile dans la manière d'aborder le sujet.
everett Cherrington hughes (1897-1983) est l'un des principaux représentants de la pensée sociologique de l'école de Chicago.
hughes a contribué à la seconde période de l'École de Chicago, soit celle qui suit directement les recherches et enseignements de Park, Ernest Burgess, Thomas et Znaniecki ainsi que dans une autre mesure Albion Small et George Herbert Mead. Erving Goffman et Howard Becker ont été ses élèves. hughes était considéré comme un sociologue qui alliait autant études empiriques et réflexions théoriques.
Entre 1927 et 1938, hughes enseigne la sociologie à l'Université Mc Gill à Montréal. Il profitera de son séjour à Montréal pour étudier la société canadienne et française. Il publie en 1943 un ouvrage qui porte sur la ville de Drummondville dans l'est de la province de Québec. Cet ouvrage intitulé « French Canada in Transition » aborde la question de l'industrialisation des régions rurales.
hughes fut lui-même professeur de sociologie à l'université de Chicago de 1938 à 1961. Il a développé une perspective originale pour l'étude du travail, des métiers et des institutions, dont s'inspirèrent les sociologues de la génération suivante, comme Howard S. Becker, Erving Goffman, Eliot Friedson, etc.
Mais everett C. hughes est également connu pour ses recherches sur le travail. Le travail pour hughes est un objet de la plus haute importance puisqu'il permet d'étudier les relations entre les individus. En effet, étudier le travail, c'est étudier les arrangements sociaux et psycho-sociaux. Le travail et son environnement sont un terrain intéressant puisqu'il permet d'examiner les processus d'acceptation, de tolérance et de valorisation face aux autres. Pour hughes, les statuts ne sont pas définis à priori, ils naissent de l'interaction des acteurs qui ont des rôles sociaux différents.
Tout au long de sa carrière hughes s'est intéressé également à l'étude des contacts interethniques. Ses propres recherches sur le Canada ont débouché sur une perspective originale qui prolonge celle de Park sans en avoir les limites.
hughes a ainsi joué un rôle éminent dans le développement de l'un des domaines d'excellence de la sociologie américaine des soixante dernières années : les recherches reposant sur une approche ethnographique des sociétés contemporaines. Certains de ses essais, enfin, déploient une réflexion d'ensemble sur les sciences sociales, leur histoire et leurs démarches.
Cet ouvrage offre une vue d'ensemble de l'oeuvre d'everett C. hughes.
hughes était un interactionniste : héritier direct de l'Ecole de Chicago, ce courant de pensée s'est développé aux Etats-Unis au cours des années soixante. En opposition avec le fonctionnalisme qui dominait alors la sociologie américaine, les interactionnistes ont centré leurs études sur les interactions, c'est-à-dire sur les actions réciproques entre les individus. Ce courant de pensée, auquel se rattache l'ethnométhodologie de Goffman, a en commun avec l'individualisme méthodologique l'étude des motivations des acteurs, mais s'en distingue en faisant de l'interaction, et non pas de l'individu et de ses stratégies, l'élément de base de sa réflexion.
Contrairement aux fonctionnalistes, la rupture proposée par les interactionnistes porte également sur les méthodes de travail. Alors que les premiers privilégient une sociologie quantitative basée sur le recueil et l'analyse de données (sous la forme d'enquêtes ou de sondages par exemple), les seconds réhabilitent une sociologie qualitative issue de l'Ecole de Chicago. Pour eux, rien ne remplace l'observation directe et personnelle faite par le sociologue sur le terrain.
A partir de l'hypothèse selon laquelle les individus sont des sujets conscients, ils proposent d'expliquer le social par les actions individuelles. L'action a une signification pour les individus, et les interactionnistes ajoutent qu'il n'y a pas d'autres sens à chercher que celui donné par l'individu lui-même. Le travail du sociologue consiste donc, selon eux, à reproduire le discours des individus. L'action d'un individu et le sens qu'il lui donne dépendent de ses relations avec les autres. Ainsi, un médecin agit vis-à-vis de ses patients en fonction des attentes de ceux-ci. Nous reparlerons plus tard du champ de la médecine, sous divers aspects qu'ont étudiés hughes et Friedson.
Ce recueil comprend à la fois des essais très connus de hughes, un inédit, un texte publié tardivement, un chapitre de son livre sur les contacts entre races et cultures ; il donne donc une vision d'ensemble de la sociologie de hughes. Ces différents essais ont été sélectionnés par Jean-Michel Chapoulie.
Jean-Michel Chapoulie est professeur de sociologie à l'Université de Paris I, où il enseigne la sociologie de l'éducation, et en particulier les caractéristiques du champ pédagogique en France. A côté de ses études sur l'éducation, il est également un spécialiste de l'Ecole de Chicago. D'un point de vue méthodologique, il a notamment publié sur l'expérience de terrain. Il a écrit entre autres « La tradition sociologique de Chicago, 1892-1961 », Paris, Seuil, 2001.
Après avoir rappelé la place de hughes dans l'histoire de la tradition de Chicago, Chapoulie montre que la contribution de hughes, qui prend majoritairement la forme d'essais, se caractérise, à l'instar de celle de Park, par une observation minutieuse des détails et par une grande insistance sur les faits macro sociaux. hughes, opposé à l'invention de jargons ésotériques, utilise « l'examen critique de propriété des termes du langage ordinaire » comme stratégie d'investigation et, l'applique à tous ses sujets d'analyse. « hughes part de l'idée banale (...) que les catégories du langage ordinaire reflètent les points de vue de catégories particulières de personnes, et qu'à travers leur usage s'impose le point de vue pratique de celles-ci et leur perception des phénomènes sociaux ».
Les principaux thèmes évoqués, et que nous allons étudier, sont l'étude du travail et des professions, les institutions, la rencontre des groupes ethniques et des cultures et enfin l'histoire et la méthode des sciences sociales.
Pour mieux comprendre cet ouvrage, nous allons faire une lecture linéaire, en reprenant chaque thème important que nous venons de citer, et en les expliquant, grâce au livre lui-même, et aussi nous nous servirons d'autres études pour mieux expliquer le point de vue de hughes, et des interactionnistes. A certains moments, nous confronterons la théorie interactionniste de hughes à celle des fonctionnalistes, pour mieux comprendre les différentes façons d'aborder un sujet. Nous ne limiterons donc pas ce travail à la seule étude de l'ouvrage, même si elle en constituera la base.
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