Comment expliquer la longue crise libanaise?
Date de publication :
05/06/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
11 pages
Sommaire :
Sommaire
- De 1948 à 1990 : la fragilité d'un Etat basé sur un système politique confessionnaliste et en proie aux enjeux régionaux et internationaux
- Les fragilités inhérentes au système
- Une fragilité exacerbée par des puissances intéressées
- Depuis 90 : Une restauration d'un Etat fort impossible ?
- Un Etat qui demeure fragile
- Des faiblesses internes aggravées par les velléités régionales et internationales
Résumé :
« Le Liban est un pays ayant des prédispositions à la violence et au conflit menant aux crises répétées et ce depuis son accession à l'indépendance » : telle est l'image du Croissant fertile que véhiculent certains médias ; le Liban en effet, à l'instar d'autres pays du Moyen Orient, serait en proie à des « violences ancestrales entre communautés religieuses » , « des crises à répétition » : tout semble se passer, selon de nombreux médias, comme si ce pays serait en proie à des violences inexorables comme inhérentes à ses communautés , cette image ayant succédé à celle « d'une Suisse du Moyen-Orient ». Ces représentations pour le moins simplificatrices, ne viennent que masquer la réalité, brouiller la nature et la réalité des enjeux de la situation libanaise. Ainsi, au début du mois d'avril, Nicolas Sarkozy promet, s'il est élu président de la République française, de « préserver le miracle libanais » qui passe selon lui par une solution unique : le « désarmement des groupes armés ». N'est ce pas là une fois encore une fois concevoir une image simplificatrice de la réalité libanaise ? En effet, la crise libanaise ne peut être résumée à l'existence de groupes armés alors que d'autres enjeux sont aussi prégnants. Parler de miracle libanais, c'est sans nul doute oublier que depuis les années 90, le Liban a certes su se parer d'une apparente richesse, visible dans sa capitale, mais est devenu aussi le pays le plus endetté du monde, où 33% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et où le chômage est très fort. C'est aussi oublier les faiblesses de la vie politique ivoirienne, oublier que le Liban est un Etat divisé, exsangue, qui ne parvient à maintenir ses prérogatives étatiques. D'autre part, cette perception occulte l'influence des puissances régionales et internationales dans le maintien de la fragilité de l'Etat libanais, pris dans des enjeux géopolitiques souvent brûlants. Pour ne pas se laisser tromper par la désinformation, il nous appartient de revenir, dans un premier temps sur l'histoire du Liban et principalement sur la formation de celui-ci.
Tour à tour, de l'époque antique jusqu'aux alentours de la seconde guerre mondiale, le Liban fut la proie de nombreuses ambitions de domination, construisant ainsi l'histoire d'une nation hétérogène composée de communautés de confession religieuse différentes. Ainsi, le Liban fut d'abord sous domination des villes phéniciennes jusqu'à l'action d'Alexandre, puis passa sous domination greco-macédonienne, en créant le royaume Séleucide (réunit l'actuel Liban et la Syrie) jusqu'en 622. Ensuite, ce sera le début de l'Hégire et l'invasion des Bédouins, qui déporteront les partisans d'Ali (des chiites) dans les ports libanais. De 788 à 910, le Liban se trouvera tour à tour sous le contrôle de différents envahisseurs. Puis viendra le temps des croisades, qui laissera une empreinte historique importante avant la période des émirs. De fait, l'actuel territoire libanais hébergeait tout comme maintenant de nombreuses communautés, avec une majorité chrétienne au Mont Liban, et une majorité musulmane dans la plaine côtière. Lorsque l'Egypte revendiquera l'incorporation des forces vives de la nation libanaise, le Mont Liban se révoltera sous l'égide de Béchir Legrand, soutenu par la puissance anglaise, qui vit dans cette division l'opportunité d'assouvir ses ambitions coloniales. Afin de mettre un terme à cet embrasement, les Turcs diviseront le territoire libanais en deux parties, une chrétienne, une druze, auxquelles s'ajouteront les enclaves des minorités. Mais la guerre se perpétuera, les druzes exterminant les chrétiens, ce qui offrit ainsi l'opportunité à la France de s'implanter au Liban (aux mêmes fins que sa rivale, l'Angleterre) sous couvert de protéger la communauté chrétienne. Au terme du traité de Sèvre du 10 août 1920, la France devient le pays mandataire du Liban. Ainsi, elle décidera d'instaurer un seul Etat libanais, répondant par la même à un simple calcul colonial en occultant littéralement l'arabité du pays du Cèdre. Durant ce mandat se renforceront les communautarismes. En 1943, la signature du Pacte national entre les grandes élites politiques du Liban consacra l'indépendance du Liban à la fois de son ancien colon et de la Syrie. Ce pacte signé entre chrétiens et musulmans assure le maintien et la fixation du confessionnalisme dans la vie politique :en effet, il est entendu que le président de la République doit être un chrétien maronite, le premier ministre un musulman sunnite, le président de la chambre des députés un musulman chiite...
Pour comprendre la crise que connaît le Liban, il nous appartient de déterminer comment le confessionnalisme a affaibli cet Etat et de comprendre les causes qui ont empêché l'Etat libanais d'être en mesure d'exercer ses différentes prérogatives. D'autre part, de par sa situation géographique et géopolitiques particulières, il nous reviendra la tâche aussi de saisir dans quelle mesure des puissances régionales et internationales se sont appuyées sur la faiblesse d'un Etat pour servir leurs intérêts.
La réponse à de telles questions, si elle veut se parer contre toute vision simplificatrice, selon nous, passe par une étude chronologique, d'abord de l'indépendance à la fin de la guerre civile, puis, de 1990 à nos jours, de l'histoire de l'Etat libanais en prenant en compte aussi bien les éléments internes qu'externes pour saisir réellement les enjeux qu'a dû et que doit affronter le Liban.
Tour à tour, de l'époque antique jusqu'aux alentours de la seconde guerre mondiale, le Liban fut la proie de nombreuses ambitions de domination, construisant ainsi l'histoire d'une nation hétérogène composée de communautés de confession religieuse différentes. Ainsi, le Liban fut d'abord sous domination des villes phéniciennes jusqu'à l'action d'Alexandre, puis passa sous domination greco-macédonienne, en créant le royaume Séleucide (réunit l'actuel Liban et la Syrie) jusqu'en 622. Ensuite, ce sera le début de l'Hégire et l'invasion des Bédouins, qui déporteront les partisans d'Ali (des chiites) dans les ports libanais. De 788 à 910, le Liban se trouvera tour à tour sous le contrôle de différents envahisseurs. Puis viendra le temps des croisades, qui laissera une empreinte historique importante avant la période des émirs. De fait, l'actuel territoire libanais hébergeait tout comme maintenant de nombreuses communautés, avec une majorité chrétienne au Mont Liban, et une majorité musulmane dans la plaine côtière. Lorsque l'Egypte revendiquera l'incorporation des forces vives de la nation libanaise, le Mont Liban se révoltera sous l'égide de Béchir Legrand, soutenu par la puissance anglaise, qui vit dans cette division l'opportunité d'assouvir ses ambitions coloniales. Afin de mettre un terme à cet embrasement, les Turcs diviseront le territoire libanais en deux parties, une chrétienne, une druze, auxquelles s'ajouteront les enclaves des minorités. Mais la guerre se perpétuera, les druzes exterminant les chrétiens, ce qui offrit ainsi l'opportunité à la France de s'implanter au Liban (aux mêmes fins que sa rivale, l'Angleterre) sous couvert de protéger la communauté chrétienne. Au terme du traité de Sèvre du 10 août 1920, la France devient le pays mandataire du Liban. Ainsi, elle décidera d'instaurer un seul Etat libanais, répondant par la même à un simple calcul colonial en occultant littéralement l'arabité du pays du Cèdre. Durant ce mandat se renforceront les communautarismes. En 1943, la signature du Pacte national entre les grandes élites politiques du Liban consacra l'indépendance du Liban à la fois de son ancien colon et de la Syrie. Ce pacte signé entre chrétiens et musulmans assure le maintien et la fixation du confessionnalisme dans la vie politique :en effet, il est entendu que le président de la République doit être un chrétien maronite, le premier ministre un musulman sunnite, le président de la chambre des députés un musulman chiite...
Pour comprendre la crise que connaît le Liban, il nous appartient de déterminer comment le confessionnalisme a affaibli cet Etat et de comprendre les causes qui ont empêché l'Etat libanais d'être en mesure d'exercer ses différentes prérogatives. D'autre part, de par sa situation géographique et géopolitiques particulières, il nous reviendra la tâche aussi de saisir dans quelle mesure des puissances régionales et internationales se sont appuyées sur la faiblesse d'un Etat pour servir leurs intérêts.
La réponse à de telles questions, si elle veut se parer contre toute vision simplificatrice, selon nous, passe par une étude chronologique, d'abord de l'indépendance à la fin de la guerre civile, puis, de 1990 à nos jours, de l'histoire de l'Etat libanais en prenant en compte aussi bien les éléments internes qu'externes pour saisir réellement les enjeux qu'a dû et que doit affronter le Liban.
Les internautes ont également acheté :
Perspectives géopolitiques: Le Liban
Exposé | 12/03/2007 | fr | .doc | 15 pages
Le système politique libanais
Exposé | 06/02/2007 | fr | .doc | 4 pages
Le Hezbollah
Exposé | 07/05/2007 | fr | .doc | 9 pages
La démocratie consociative au Liban
Exposé | 19/02/2008 | fr | .doc | 7 pages
Dernières nouveautés dans la catégorie : Relations internationales
5
L'Etat est-il victime, partenaire ou promoteur de la mondialisation ?
Exposé | 30/10/2009 | fr | .doc | 3 pages
Les plus consultés sur 30 jours en : Relations internationales
1
Introduction, in "Le retournement du monde", de B.Badie et M.C. Smouts, 1992
Commentaire de texte | 11/11/2008 | fr | .doc | 4 pages
