Le fait religieux et la Première Guerre Mondiale
Date de publication :
19/07/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
19 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le sentiment patriotique s'enracine dans une tradition religieuse réactivée à l'épreuve de la Grande Guerre
- La défense de la Patrie et la chrétienté
- Le constat d'un regain religieux dans un contexte de patriotisme exacerbé
- Les religions réinterprétées par les Hommes
- La religion subordonnée au service de la Patrie ?
- Des Eglises patriotes, instruments et acteurs de la justification de la guerre
- Opposition au Pape et affrontements entre Eglises protestantes
- Quelle authenticité pour les sentiments religieux ?
- Les conséquences de la symbiose entre religion et Patrie dans l'après guerre
- Un retour en grâce et une implication politique plus forte des religions
- Le besoin de mémoire
- La confirmation du mouvement de sécularisation en Europe
Résumé :
Dans sa lettre pastorale intitulée « Patriotisme et Endurance » et adressée aux soldats belges à l'occasion de Noël 1914, le cardinal Mercet, à qui l'on avait demandé si un soldat tombé au service d'une juste cause était un martyr, répond « Qui ne ressent pas que le patriotisme est béni et qu'une agression contre la dignité nationale est une sorte de profanation sacrilège ». Cet appel au patriotisme semble faire écho aux appels à la croisade du Moyen-Âge. Il semblerait que pendant la première guerre mondiale, ferveur religieuse et ardeur patriotique aient donc été fortement liés. L'emploi du terme d'« Union Sacrée », décrivant l'association de tous les partis politiques en temps de guerre, est à cet égard particulièrement évocateur. Etienne Fouilloux, professeur d'histoire contemporaine confirme également cette intuition lorsqu'il écrit dans la préface de « La guerre et la Foi : de la mort à la mémoire, 1914-1930 » d'Annette Becker qu'il y a, durant le conflit l'émergence d'une véritable « religion de guerre qui serait la symbiose étroite, chez nombre de combattants entre la foi des catéchismes judéo-chrétiens et la lutte de la patrie. » Il ajoute que cette religion serait aussi le « champ de combat inexpiable entre les forces de la mort-la mort elle-même ou ses succédanés quotidiens, la peur et la souffrance- et des forces de vivre malgré tout, qui vont du médiocre paratonnerre des amulettes à la vive croyance en une forme de résurrection après l'ultime sacrifice » suggérant ainsi que ce sentiment religieux spécifique ait concerné chaque individu. S'il est effectivement possible de constater un retour du religieux dès la fin du XIX siècle, on ne peut pour autant considérer cette religion de guerre comme le prolongement naturel de ce regain de spiritualité. Sur le plan idéologique, la religion chrétienne étant avant tout un message d'amour et de paix, il est difficile de mettre en évidence le rôle qu'elle a pu jouer pour alimenter un patriotisme nationaliste ainsi qu'une opposition au chef de l'Eglise. Sur le plan politique, en ce début de XX siècle, il faut également prendre en compte un fort courant anticlérical en France mais aussi dans une moindre mesure en Italie.
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