Faut-il encore craindre l’arbitraire du juge pénal ?

Date de publication :

08/11/2008

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

6 pages

Niveau :

grand public

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Sommaire :

 
 

Sommaire Faut-il encore craindre l’arbitraire du juge pénal ?
 Sommaire

 
  1. Le principe de l'interprétation stricte de la loi pénale : l'apparente prohibition de l'arbitraire
    1. L'intervention du législateur par loi interprétative en cas de textes obscurs comme restriction au recours de l'arbitraire du juge
    2. L'interdiction d'interprétation analogique par l'article 111-4 du Code pénal comme limitation de l'arbitraire du juge
  2. Le principe de l'interprétation stricte de la loi pénale : une certaine liberté laissée au juge
    1. L'admission de l'analogie « in favorem » par le principe de l'interprétation stricte de la loi pénale
    2. L'interprétation téléologique et la correctionnalisation non prohibées par le principe de l'interprétation stricte de la loi pénale

Résumé :

Une décision arbitraire est une décision « qui n'est pas le résultat d'une règle existante mais le produit d'une volonté libre » . Ainsi, les décisions arbitraires sont le fruit de la simple décision du juge, sans aucune référence à une loi ou à des principes établis selon la morale, ou même dans une certaine proportion des peines suivant l'infraction commise. Un tel système de jugement est donc dangereux, car il ne laisse place à aucune sécurité juridique. En effet, les citoyens sont dans l'incapacité de pouvoir prévoir ce qui constitue une infraction (ils ne savent donc pas quel comportement est fautif), ni à quel type de peine ils s'exposent. Ce type de fonctionnement est d'autant plus dangereux lorsqu'il est exercé en droit pénal, car ce droit peut porter atteinte aux libertés et à l'intégrité des individus. En effet, le droit pénal peut prescrire l'emprisonnement, voire la déchéance des droits civiques, aujourd'hui. Sous l'ancien droit, les juges arbitraires pouvaient même prescrire la mort, le feu, le poing ou la langue coupée... Et si aujourd'hui ce type de peine n'existe plus, les peines encourues sont tout de même privatives de libertés. C'est pourquoi il fut nécessaire de se protéger du possible penchant arbitraire des juges.

Ainsi, le principe de la légalité des délits et des peines a permis cette protection contre l'arbitraire du juge. C'est à la fin de l'ancien régime et pendant la révolution que va émerger le principe selon lequel les incriminations et les peines doivent être fixées par la loi. En 1791, le Code pénal institue un système des peines fixes, qui interdit aux juges toute adaptation de la répression. Ici, le juge n'a donc aucune liberté d'interprétation. Ces dispositions ont été mises en place afin de limiter voire supprimer toute dimension arbitraire du jugement.
Cependant, le juge conserve tout de même un certain pouvoir d'interprétation de la règle de droit. Le code de 1810 a d'ailleurs supprimé le système des peines fixes instauré en 1791, afin de laisser un plus libre exercice de leur fonction aux juges, pour que la justice soit rendue correctement. En effet, la règle de droit est par nature imprécise, c'est pourquoi le contenu exact de la règle de droit doit être déterminé par le juge . C'est donc tout le paradoxe sur la question de l'arbitraire du juge. Le passé montre que les juges ont été tentés d'en abuser (sous l'ancien régime, ou pendant les tribunaux révolutionnaires par exemple).. Il apparaît donc nécessaire de continuer à se protéger contre ce pouvoir arbitraire. Or, on constate aujourd'hui que les juges disposent toujours de prérogatives importantes en matière d'interprétation, telle que « l'intime conviction du juge », en même temps que le nouveau Code pénal dispose dans son article 111-4 que « la loi pénale est d'interprétation stricte ».

Ainsi, le principe de légalité protège-t-il toujours aujourd'hui les libertés individuelles face à l'arbitraire du juge pénal ?

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A propos de l'auteur :

pencil image Camille P. étudiante
Niveau :Grand public Etude suivie : Droit autres branches Ecole, université : faculté de droit et sciences politiques de Nantes

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