Faut-il un Irak Fédéral ?
Date de publication :
09/03/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
8 pages
Sommaire :
Sommaire
- Pour éviter une libanisation du pays, un Irak fédéral semble être la seule manière de faire cohabiter des peuples, que tout dans l'Histoire irakienne divise
- L'Irak : un État colonial créé de toute pièce
- Une relation entre les communautés, plus conflictuelle que fraternelle
- Le fédéralisme ethnique comme seule réponse à une libanisation du pays ?
- Mais créer une fédération basée sur l'ethnie est dangereux, et particulièrement dans le cas irakien
- La création de trois provinces séparées serait source de tensions et simplifierait une situation bien plus complexe
- Une fédération comme prémisse d'une partition ? Les dangers d'un fédéralisme ethnique dans une région très instable
- Dès lors, l'impératif est de trouver un système politique pour faire vivre les Irakiens ensemble? et un Irak fédéral non ethnicisé peut être une solution
- L'impératif sécuritaire : il faut garantir les droits des communautés dans tout l'Irak et non pas se limiter aux régions
- Le fédéralisme peut donc être une solution, si son objectif est d'atteindre l'efficacité politique et non la division communautaire
Résumé :
Le 26 septembre 2006, le Sénat Américain vota une résolution non contraignante proposant la partition de l'irak en trois entités, un projet qui, selon le premier ministre Irakien al-Maliki « serait catastrophique non seulement pour l'irak, mais pour toute la région ». La volonté de diviser l'irak repose sur sa structure ethnique et confessionnelle. Avec 23% de Kurdes, 21% d'Arabes Sunnites et 52% d'Arabes Chiites, l'irak est donc un État identitairement fragmenté.
En deçà de la partition, il y a le fédéralisme, c'est-à-dire la division de l'Etat unitaire en unités fédérées sous le contrôle d'un État fédéral. Au niveau de la science politique, une tel système se caractérise par un principe de fédération, les compétences sont partagées entre les entités fédérées et l'Etat fédéral, par un principe d'autonomie, chaque entité peut légiférer dans les domaines qui lui sont délégués, et un principe de participation, les entités fédérées participent aux décisions de l'Etat fédéral. Les États-Unis, comme la Suisse en sont de bons exemples. Ce système politique devrait-il alors être adopté par un irak déchiré par la guerre qui n'a jamais réussi à construire une identité nationale dépassant les allégeances communautaires et confessionnelles ?
Tel est théoriquement déjà le cas. Selon la Constitution Irakienne, adopté le 15 octobre 2005 par référendum, « le régime Irakien est un régime républicain, fédéral, démocratique et pluraliste ». Le fédéralisme est donc inscrit dans la Constitution. Ce fédéralisme affirme que chaque province peut s'allier avec d'autres pour former une entité de l'Etat fédéral, avec une large autonomie financière et administrative. Cependant, si la Constitution reconnaît que la région Kurde doit posséder un statut à part, elle ne donne pas moins les limites des autres provinces... Les modalités de ce fédéralisme et les frontières entre autonomies devaient être tracées fin 2007 ; mais de telles décisions sont si lourdes de conséquences et de tensions que chaque parti semble tout faire pour les retarder.
En effet, le fédéralisme ne fait pas cause commune. Si les Kurdes, mais aussi quelques courants chiites, sunnites et les populations assyro chaldéennes et Turkmènes sont favorables à son instauration, les sunnites / anciens baasistes et les chiites radicaux autour de Muqtada al-Sadr y sont farouchement opposés et veulent conserver un irak unitaire et centralisé...
Le but premier est la sécurisation et la pérennité de l'Etat Irakien. Le système politique mis en place doit être celui qui servira, sur le long terme, le mieux ces objectifs.
Dès lors, un État fédéral serait-il mieux approprié pour assurer la survie de l'Etat qu'un système unitaire ? Le fédéralisme permettrait-il de mettre fin à des conflits décennaires entre chiites, sunnites et Kurdes ? Un irak fédéral est-il une source de stabilité ou entraînerait-il d'autres tensions ? Finalement, l'allégeance nationale n'a-t-elle plus aucun espoir pour se contraindre à diviser le pays ? Peut on encore concilier les intérêts de peuples différents dans un projet, des symboles communs ?
Il faut tout d'abord noter que l'Histoire de l'Etat Irakien, de sa formation à son évolution, pousserait à légitimer le fédéralisme, comme seul moyen de séparer des peuples que tout divise. Nous verrons alors qu'un fédéralisme appuyé sur la division confessionnelle / communautaire entraînerait plus de tensions, au niveau du pays comme de la région, que de stabilité. Dès lors, si un État fédéral doit être adopté, c'est dans un soucis d'efficacité du pouvoir, et non de division.
En deçà de la partition, il y a le fédéralisme, c'est-à-dire la division de l'Etat unitaire en unités fédérées sous le contrôle d'un État fédéral. Au niveau de la science politique, une tel système se caractérise par un principe de fédération, les compétences sont partagées entre les entités fédérées et l'Etat fédéral, par un principe d'autonomie, chaque entité peut légiférer dans les domaines qui lui sont délégués, et un principe de participation, les entités fédérées participent aux décisions de l'Etat fédéral. Les États-Unis, comme la Suisse en sont de bons exemples. Ce système politique devrait-il alors être adopté par un irak déchiré par la guerre qui n'a jamais réussi à construire une identité nationale dépassant les allégeances communautaires et confessionnelles ?
Tel est théoriquement déjà le cas. Selon la Constitution Irakienne, adopté le 15 octobre 2005 par référendum, « le régime Irakien est un régime républicain, fédéral, démocratique et pluraliste ». Le fédéralisme est donc inscrit dans la Constitution. Ce fédéralisme affirme que chaque province peut s'allier avec d'autres pour former une entité de l'Etat fédéral, avec une large autonomie financière et administrative. Cependant, si la Constitution reconnaît que la région Kurde doit posséder un statut à part, elle ne donne pas moins les limites des autres provinces... Les modalités de ce fédéralisme et les frontières entre autonomies devaient être tracées fin 2007 ; mais de telles décisions sont si lourdes de conséquences et de tensions que chaque parti semble tout faire pour les retarder.
En effet, le fédéralisme ne fait pas cause commune. Si les Kurdes, mais aussi quelques courants chiites, sunnites et les populations assyro chaldéennes et Turkmènes sont favorables à son instauration, les sunnites / anciens baasistes et les chiites radicaux autour de Muqtada al-Sadr y sont farouchement opposés et veulent conserver un irak unitaire et centralisé...
Le but premier est la sécurisation et la pérennité de l'Etat Irakien. Le système politique mis en place doit être celui qui servira, sur le long terme, le mieux ces objectifs.
Dès lors, un État fédéral serait-il mieux approprié pour assurer la survie de l'Etat qu'un système unitaire ? Le fédéralisme permettrait-il de mettre fin à des conflits décennaires entre chiites, sunnites et Kurdes ? Un irak fédéral est-il une source de stabilité ou entraînerait-il d'autres tensions ? Finalement, l'allégeance nationale n'a-t-elle plus aucun espoir pour se contraindre à diviser le pays ? Peut on encore concilier les intérêts de peuples différents dans un projet, des symboles communs ?
Il faut tout d'abord noter que l'Histoire de l'Etat Irakien, de sa formation à son évolution, pousserait à légitimer le fédéralisme, comme seul moyen de séparer des peuples que tout divise. Nous verrons alors qu'un fédéralisme appuyé sur la division confessionnelle / communautaire entraînerait plus de tensions, au niveau du pays comme de la région, que de stabilité. Dès lors, si un État fédéral doit être adopté, c'est dans un soucis d'efficacité du pouvoir, et non de division.
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