Faut-il savoir transgresser lautorité de la loi ?
Date de publication :
25/11/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
14 pages
Sommaire :
Sommaire
- La transgression semble être un acte citoyen inhérent à la bonne gouvernance et à la construction de l'homme et de la société
- Le respect de la loi et la condamnation de la transgression permettent à la fois de préserver la société, mais aussi l'individu, de la destruction
- La transgression est justifiable lorsqu'elle est mue par des idéaux partagés par l'ensemble de ce que l'on pourrait apparenter à une communauté de destin
Résumé :
Les concepts de transgression et de loi, irréversiblement inextricables, forment un couple déterminant dans l'évolution des sociétés vers la modernité. Le passage de la pré-modernité à la modernité présuppose ainsi une rupture, une remise en cause de l'autorité de la loi conditionnant la société initiale ; en un mot, elle nécessite une transgression. L'enjeu est alors de se demander s'il est nécessaire pour l'individu-sujet d'entretenir une capacité certaine à remettre en cause la loi, mais surtout l'autorité sur laquelle elle est fondée et sur laquelle se construit la société.
Le sens commun voudrait que la loi, condition d'existence d'un Etat stable au sein duquel peut se développer une société démocratique, ne puisse pas être remise en cause, notamment de par l'autorité qui émane d'elle. « Dura lex, sed lex » ; l'autorité de la loi, c'est-à-dire sa qualité de supra-pouvoir ne se remet pas en cause : l'homme doit lui être assujetti et obéir à son commandement, se soumettre à ses exigences. transgresser la loi revient à en nier l'autorité ; or c'est cette même autorité qui fonde la société puisque sans autorité, le sens commun, « l'opinion publique » ne concevrait pas qu'on impose une limite abstraite à ses actes. L'autorité est ce qui fait de la loi le garant de la société. Elle est donc nécessaire pour le maintien d'un ordre certain, en accord avec les valeurs prônées par la société, qui fonde la loi, ou tout au moins contribue à sa mise en place. Il apparaît ainsi inconcevable de plébisciter un droit à transgresser propre à chaque individu alors même que la loi se présente comme « l'expression de la volonté populaire » selon Rousseau.
Cependant, le fondement de la société moderne veut que le sujet se construise aussi comme individu, que dans une démarche cartésienne il observe le système qui l'inclut par delà le prisme de la raison et de valeurs universelles, et ce depuis la Révolution française et les Lumières. Cette remise en question et la contestation qui en découle potentiellement peuvent alors amener l'individu à affronter la loi, à sortir de sa condition de sujet soumis pour se placer « hors la loi », en la transgressant, pour défendre des valeurs universelles outrepassées par la loi, ou pour se construire lui-même : la transgression apparait dès lors nécessaire. L'autoriser pleinement revient toutefois à cautionner tout acte délictueux. Il apparaît donc de manière évidente que certaines limites doivent encadrer la « faculté transgressive » de l'homme rationnel, de manière à pouvoir à la fois apporter une réponse aux défaillances légales pointées par l'entreprise de doute, et ce tout en conservant une dimension éthique primordiale à la survie d'une « humanité » de l'individu. Ainsi n'est-il pas indispensable d'encourager l'entretien de cette faculté pour préserver la société de toute dérive, certes légalisée, mais éloignant la société de ses valeurs universelles et donc des principes fondateurs de l'humanité? Ou au contraire, au nom du maintien de cette humanité, ne devrait-on pas sévèrement punir toute forme de transgression et donc bannir toute velléité afin d'assurer le bon fonctionnement de la société en tant que collectif uni ?
En somme, dans quelle mesure peut-on légitimer la remise en question de la loi et de son enveloppe sacrale, condition fondamentale du fonctionnement de l'Etat, dont le déni présume par ailleurs une prise de pouvoir de l'individu sur le collectif ?
Le sens commun voudrait que la loi, condition d'existence d'un Etat stable au sein duquel peut se développer une société démocratique, ne puisse pas être remise en cause, notamment de par l'autorité qui émane d'elle. « Dura lex, sed lex » ; l'autorité de la loi, c'est-à-dire sa qualité de supra-pouvoir ne se remet pas en cause : l'homme doit lui être assujetti et obéir à son commandement, se soumettre à ses exigences. transgresser la loi revient à en nier l'autorité ; or c'est cette même autorité qui fonde la société puisque sans autorité, le sens commun, « l'opinion publique » ne concevrait pas qu'on impose une limite abstraite à ses actes. L'autorité est ce qui fait de la loi le garant de la société. Elle est donc nécessaire pour le maintien d'un ordre certain, en accord avec les valeurs prônées par la société, qui fonde la loi, ou tout au moins contribue à sa mise en place. Il apparaît ainsi inconcevable de plébisciter un droit à transgresser propre à chaque individu alors même que la loi se présente comme « l'expression de la volonté populaire » selon Rousseau.
Cependant, le fondement de la société moderne veut que le sujet se construise aussi comme individu, que dans une démarche cartésienne il observe le système qui l'inclut par delà le prisme de la raison et de valeurs universelles, et ce depuis la Révolution française et les Lumières. Cette remise en question et la contestation qui en découle potentiellement peuvent alors amener l'individu à affronter la loi, à sortir de sa condition de sujet soumis pour se placer « hors la loi », en la transgressant, pour défendre des valeurs universelles outrepassées par la loi, ou pour se construire lui-même : la transgression apparait dès lors nécessaire. L'autoriser pleinement revient toutefois à cautionner tout acte délictueux. Il apparaît donc de manière évidente que certaines limites doivent encadrer la « faculté transgressive » de l'homme rationnel, de manière à pouvoir à la fois apporter une réponse aux défaillances légales pointées par l'entreprise de doute, et ce tout en conservant une dimension éthique primordiale à la survie d'une « humanité » de l'individu. Ainsi n'est-il pas indispensable d'encourager l'entretien de cette faculté pour préserver la société de toute dérive, certes légalisée, mais éloignant la société de ses valeurs universelles et donc des principes fondateurs de l'humanité? Ou au contraire, au nom du maintien de cette humanité, ne devrait-on pas sévèrement punir toute forme de transgression et donc bannir toute velléité afin d'assurer le bon fonctionnement de la société en tant que collectif uni ?
En somme, dans quelle mesure peut-on légitimer la remise en question de la loi et de son enveloppe sacrale, condition fondamentale du fonctionnement de l'Etat, dont le déni présume par ailleurs une prise de pouvoir de l'individu sur le collectif ?
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