Fiche de lecture comparée: La privatisation des Etats (B. Hibou) / l'Eta en Afrique (JF Bayart)
Date de publication :
21/03/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
8 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'importance de la sociogenèse des États africains
- Les théories développementalistes, dépendantistes et culturaliste
- L'historicité des États en Afrique comme facteur explicatif de la différence
- Une gouvernementalité originale dans les États africains : l'African Way of Politics
- L'investissement étatique par les acteurs autochtones suite à la décolonisation
- La privatisation comme gouvernementalité à part entière
Résumé :
« Comprendre que les sociétés africaines sont « comme les autres », penser leur banalité et, singulièrement, leur banalité politique : voilà ce qu'un d'africanisme n'a guère facilité en dépit de la masse considérable de connaissances qu'il a engrangées ».
Tel commence ainsi l'introduction de l'ouvrage de Jean-François bayart, L'etat en afrique - La politique du ventre. Cette première considération laisse à penser qu'étudier les institutions des etats africains, leur fonctionnement, ne va pas d'elle-même et rompt avec une certaine façon de penser Occidentale.
Directeur du CERI (Centre d'Etudes et de Recherche internationale) de 1994 à 2000 et directeur de Critique Internationale de 1998 à 2003, actuellement chercheur au CNRS, Jean-François bayart s'est imposé comme un spécialiste en politique comparée et particulièrement sur les questions africaines. Son ouvrage L'etat en afrique, la politique du ventre permet de comprendre l'existence d'etats africains, loin de nos concepts étatique occident dit wébérien ; il permet de comprendre comment les etats africains se sont appropriés un pouvoir politique que l'on a parfois bien du mal à entrevoir. Complémentaires de part leurs objets études, Jean-François bayart collabore couramment avec Béatrice hibou, politologue au CERI. Ils ont notamment co-écrit un ouvrage intitulé La criminalisation de l'etat en afrique, éd. Complexe/CERI, Paris, 1997. L'ouvrage de Béatrice hibou sur lequel nous nous attarderons ici est La privatisation des etats, Karthala, Paris, 1999.
Si c'est deux ouvrages méritent une attention particulière dans le cadre de la théorie politique c'est, d'une part, en raison de leur objet qui est une recherche de l'existence de réels etats en afrique (nous verrons de quelle façon ils procèdent lors du développement), et d'autre part, leur positionnement allant à l'encontre les théories développementalistes et dépendantistes et par extension contre les présupposés culturalistes - qui se refusent à voir en l'afrique l'existence de formes étatiques viables - , mais aussi avec les idées reçues sur la globalisation et l'uniformisation. En effet, les auteurs partisans d'une vision « négative » de l'etat en afrique (Piotr Dutkiewiez, Gavin Williams, Richard Sandbrook, etc) ne manquent pas d'arguments pour qualifier cette absence d'etat : faiblesse de l'appareil politico-administratif, les politiques erronées, l'économie extravertie et la chute des revenus, les désastres écologiques, la dégénérescence des moeurs par la corruption et le despotisme, etc. Tout laisse à croire que l'etat en afrique n'est qu'une vaste coquille vide dans la vie de tous les jours de ses citoyens. Et ce, bien que répondant largement aux critères juridiques définissant tout etat (un territoire, une population, un gouvernement souverain et reconnu par la communauté internationale) - c'est donc bien que la problématique se situe à un autre niveau.
Si l'etat Occidental constitue une référence pour bon nombre d'individus (professionnels de la politique ou autres), peut-on envisager d'autres formes étatiques à l'instar des etats africains ? Comment concevoir et définir un etat lorsque ses institutions apparaissent, au premier abord, comme vidées de leurs substances, délaissées (en tout ou partie) à des entreprises privées ou emprises dans des systèmes de corruption ? L'importance de l'historicité des etats africains (I) permet de comprendre comment les hommes de pouvoir se sont appropriés les institutions post-coloniales et en faire une gouvernementalité à part entière, une « African Way of Politics », pour reprendre les termes de J-F bayart (II).
Tel commence ainsi l'introduction de l'ouvrage de Jean-François bayart, L'etat en afrique - La politique du ventre. Cette première considération laisse à penser qu'étudier les institutions des etats africains, leur fonctionnement, ne va pas d'elle-même et rompt avec une certaine façon de penser Occidentale.
Directeur du CERI (Centre d'Etudes et de Recherche internationale) de 1994 à 2000 et directeur de Critique Internationale de 1998 à 2003, actuellement chercheur au CNRS, Jean-François bayart s'est imposé comme un spécialiste en politique comparée et particulièrement sur les questions africaines. Son ouvrage L'etat en afrique, la politique du ventre permet de comprendre l'existence d'etats africains, loin de nos concepts étatique occident dit wébérien ; il permet de comprendre comment les etats africains se sont appropriés un pouvoir politique que l'on a parfois bien du mal à entrevoir. Complémentaires de part leurs objets études, Jean-François bayart collabore couramment avec Béatrice hibou, politologue au CERI. Ils ont notamment co-écrit un ouvrage intitulé La criminalisation de l'etat en afrique, éd. Complexe/CERI, Paris, 1997. L'ouvrage de Béatrice hibou sur lequel nous nous attarderons ici est La privatisation des etats, Karthala, Paris, 1999.
Si c'est deux ouvrages méritent une attention particulière dans le cadre de la théorie politique c'est, d'une part, en raison de leur objet qui est une recherche de l'existence de réels etats en afrique (nous verrons de quelle façon ils procèdent lors du développement), et d'autre part, leur positionnement allant à l'encontre les théories développementalistes et dépendantistes et par extension contre les présupposés culturalistes - qui se refusent à voir en l'afrique l'existence de formes étatiques viables - , mais aussi avec les idées reçues sur la globalisation et l'uniformisation. En effet, les auteurs partisans d'une vision « négative » de l'etat en afrique (Piotr Dutkiewiez, Gavin Williams, Richard Sandbrook, etc) ne manquent pas d'arguments pour qualifier cette absence d'etat : faiblesse de l'appareil politico-administratif, les politiques erronées, l'économie extravertie et la chute des revenus, les désastres écologiques, la dégénérescence des moeurs par la corruption et le despotisme, etc. Tout laisse à croire que l'etat en afrique n'est qu'une vaste coquille vide dans la vie de tous les jours de ses citoyens. Et ce, bien que répondant largement aux critères juridiques définissant tout etat (un territoire, une population, un gouvernement souverain et reconnu par la communauté internationale) - c'est donc bien que la problématique se situe à un autre niveau.
Si l'etat Occidental constitue une référence pour bon nombre d'individus (professionnels de la politique ou autres), peut-on envisager d'autres formes étatiques à l'instar des etats africains ? Comment concevoir et définir un etat lorsque ses institutions apparaissent, au premier abord, comme vidées de leurs substances, délaissées (en tout ou partie) à des entreprises privées ou emprises dans des systèmes de corruption ? L'importance de l'historicité des etats africains (I) permet de comprendre comment les hommes de pouvoir se sont appropriés les institutions post-coloniales et en faire une gouvernementalité à part entière, une « African Way of Politics », pour reprendre les termes de J-F bayart (II).
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