La fin du livre
Date de publication :
10/10/2000
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
17 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le concept du livre dématérialisé
- Un nouvel eldorado ?
- Les enjeux juridiques
- Une atteinte limitée au livre papier
Résumé :
Entre le deuxième et le quatrième siècle de notre ère, une forme nouvelle du livre s'imposa aux dépens de celle qui était familière aux lecteurs grecs et romains. Le codex, c'est-à-dire un livre composé de feuilles pliées, assemblées et reliées, supplanta, progressivement mais sûrement, les rouleaux qui, jusque-là, avaient porté la culture écrite. La diffusion du codex a été facilitée, plus d'un millénaire plus tard par la typographie, fruit de l'imagination de Gutenberg.
Devons-nous penser que nous sommes à la veille d'une semblable mutation et que le livre électronique remplacera, ou est déjà en train de remplacer, le codex imprimé tel que nous le connaissons en ses diverses formes : livre, revue, journaux ?
La typographie, l'impression et le codex semblent donc être aujourd'hui remis en cause par de nouveaux procédés et de nouveaux supports. Toutefois, il convient de ne pas confondre ces deux notions : le procédé représente la façon dont l'écrit va être matérialisé (par exemple la typographie, l'impression ou aujourd'hui le fichier numérique) alors que le support ne représente que l'interface de lecture.
Le livre électronique est le procédé de numérisation de l'écrit conçu spécifiquement pour conserver et lire une oeuvre littéraire. Parce qu'on ne peut imaginer que chaque lecteur fasse un tirage papier des ouvrages qu'il lira, il convient de se représenter ce qu'implique la lecture d'un livre sur un écran, que ce soit celui d'un ordinateur, ou celui d'un objet imitant la forme du livre. Le livre numérique également appelé livre virtuel peut donc être lu sur plusieurs supports différents :
Les supports dits terminaux : il peut s'agir d'un simple ordinateur capable de lire des fichiers au format déterminé (pdf, word, html...). Mais la principale innovation de ces dernières années consiste à réduire les supports en de simples petits appareils portables de la taille d'un livre et équipés d'un modem, d'un écran à cristaux liquides et d'un processeur. Sony avait commercialisé dès 1992 un modèle capable de remplacer les livres traditionnels : le Bookman. Mais aujourd'hui de nombreuses sociétés ont crée, ou envisagent de le faire, des modèles plus réduits (Softbook, Cybook).
Le support dit de l'encre électronique (e-ink) , digne de remporter un prix au concours Lépine, est associé à un cahier de feuilles en plastique ou en verre contenant des microcapsules de fluide blanc et noir réagissant aux impulsions émises par le processeur. Le champ électrique ainsi crée par la polarité choisie permet de présenter alternativement à la surface les capsules noires ou blanches représentant des caractères. Le " papier électronique " ainsi obtenu est d'une épaisseur de 0,2 mm soit environ 2,5 fois l'épaisseur moyenne d'une feuille de papier traditionnelle. De plus, ce support sera flexible comme le papier et contrairement aux écrans à cristaux liquides, l'encre électronique est parfaitement lisible en plein soleil et sous n'importe quel angle de vue, de plus les créateurs travaillent déjà à une impression électronique en quadrichromie. Support constitué de plusieurs centaines de pages, capable de se régénérer en un clin d'oeil, l'e-ink n'en est plus au stade expérimental et devrait être commercialisé dans quelques années par plusieurs sociétés ayant des concepts relativement proches (Xerox, E-ink Corporation...). De même, IBM, s'inspirant du principe de l'e-ink tente de mettre au point un "journal électronique" de 16 pages, rechargeable via ondes radio ou l'Internet.
Les avantages induits par cette encre électronique, comparativement aux apports réalisées par les supports dits terminaux résident principalement dans l'ergonomie : les e-books d'aujourd'hui se présentent sous la forme de boîtiers. "Si l'humanité utilise le livre depuis trois mille ans, c'est qu'il y a une raison", affirme Russ Wilcox (directeur général d'E-link). Les atouts du papier électronique sont sa flexibilité, sa texture, sa lisibilité et sa maniabilité.
Une enquête menée en Grande-Bretagne en 1998 sur l'utilisation du papier montre ainsi que le support de lecture est primordial. L'étude a ainsi montré que lorsqu'on donne à lire un document papier à une personne sans lui permettre de le toucher physiquement, sans lui permettre de le manipuler, l'efficacité de lecture descend de 15 %. Des conclusions qui réjouiront les défenseurs du papier, comme les promoteurs du papier électronique.
Durant les trente dernières années l'accès au livre s'est très fortement développé :
- diversification des supports : livres de poches, rééditions...
- diversification des genres (bandes dessinées, ouvrages pratiques et professionnels, magazines).
- développement d'une offre adaptée aux enfants, ainsi qu'à chaque âge de la vie.
- diversification des modes d'achat (VPC, clubs etc.).
- développement en France des réseaux de lecture publique (bibliothèques départementales et municipales).
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