Le financement des sociétés anonymes de sport professionnel dans le secteur du football français
Date de publication :
23/01/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
38 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le financement interne
- Les actionnaires
- Recettes liées à l'activité sportive
- La formation
- Le financement externe
- Sponsoring
- Vente de contrats
- Droits Télévisuels
- Le nouveau moyen de financement
Résumé :
Le football a de quoi exciter les convoitises. Il s'agit du sport le plus populaire et le plus fédérateur au monde. Certes certaines personnes peuvent avancer un échec relatif (puisque le soccer est le sport numéro un féminin) de son lancement aux Etats-Unis, pourtant organisateurs de la Coupe du monde en 1994. Quel autre sport peut rassembler dans « une même passion » un ouvrier de Lens ou de Saint Etienne, un cadre high-tech de Lyon ou Tokyo, un gamin des favelas de Rio, un militaire d' Abidjan, un chef d'entreprise de Milan, un chômeur d'Alger ? sport par excellence, il est évident qu'il soit en première ligne des effets concrets de la mondialisation.
Du fait de son emprise et de son universalité, le football brasse d'énormes sommes d'argent (plus de 200 milliards d'euros en 1998) grâce à l'apport des télévisions, des sponsors et plus généralement des multinationales qui possèdent à la fois clubs et chaînes de télévision. Activité extrêmement lucrative, il offre des perspectives de développement et de profit aiguisant bien les appétits. Ainsi, Silvio Berlusconi avec son groupe multimédia Fininvest (concurrent de Vivendi) est aux commandes du prestigieux Milan AC. En France Robert Louis Dreyfus, ex-PDG d'Adidas, est aussi le directeur de l'Olympique de Marseille équipé par Adidas ! Quant au magnat australien de la communication Rupert Murdoch, il « lorgne » depuis plusieurs années sur le deuxième club le plus riche au monde, Manchester United (dont il est actionnaire minoritaire), et a investi massivement dans le contrôle des droits de télévision.
A quoi ressemble désormais l'économie du football ? De quel modèle se rapproche-t-elle ? De celui de n'importe quel secteur économique à la merci des marchés boursiers. Nulle provocation mais simple constat, souvent revendiqué par les dirigeants des clubs eux-mêmes qui se vantent de gérer leur club comme ils mènent leur entreprise. Par exemple le président de la Lazio Rome club actuellement côté en bourse, Sergio Cragnotti déclarait à son entrée en bourse : « Le football professionnel est l'affaire la plus globale du monde à l'époque de la mondialisation et du triomphe des loisirs. Quelle autre marchandise est achetée par plus de trois milliards de consommateurs ? Pas même Coca-Cola qui détient seulement un milliard et demi de consommateurs. L'économie du ballon est en pleine expansion, ainsi que son public qui, de trois milliards, peut passer à cinq milliards sur des nouveaux marchés comme l'Orient ou les Etats-Unis. Je suis le premier à avoir amené le football sur le marché boursier car mon métier est celui d'évaluer à leur juste valeur les choses » (L'équipe, 18 juillet 2000).
Tendance qui est cohérente quand les présidents de club viennent justement du monde du business. Les grands clubs, essentiellement européens mais aussi sud-américains, sont maintenant des entreprises, parfois côté en Bourse, dont les revenus proviennent d'activités diversifiées (droits télévisuels, merchandising, etc.), et dont l'objectif est de dégager une rentabilité optimale pour les groupes auxquels ils appartiennent.
Comme la plupart des autres activités économiques, le football est entré dans l'ère de la valorisation financière. Il y a 20 ans un club riche était un club dont les ressources provenaient d'abord de l'affluence des spectateurs achetant leurs billets, secondairement de la télévision, des sponsors, voire des récompenses reçues à l'occasion de la conquête de titres prestigieux. Aujourd'hui, la recette des entrées au stade est marginale. Un club développe son chiffre d'affaire grâce à de juteux droits de télévision, de généreux sponsors, de lucratives participations à de nouvelles compétitions et de profitables produits dérivés (vente des traditionnels maillots, casquettes, écharpes, mais aussi savons, eaux de toilette, téléphones portables à l'effigie du club etc...). Mais par-dessus tout sa valeur est fonction d'un capital joueur dont la plus-value potentielle est d'autant plus forte que ceux-ci ont été achetés à bas prix.
L'explosion de l'économie footballistique est apparue dans les années quatre-vingts et a explosé au cours des années quatre-vingt-dix avec un tournant décisif : l'Arrêt Bosman de décembre 1995 rendu par la Cour européenne de justice. Véritable détonateur de la révolution libérale, celui-ci a instauré la règle de la libre circulation des joueurs en Europe. Grâce à cet arrêt, n'importe quel club appartenant à l'Union européenne est devenu libre d'embaucher des joueurs indépendamment de leur nationalité. La liberté de circulation des joueurs a démultiplié la concurrence entre les chaînes de télévision privées pour l'obtention des droits de retransmission et d'exclusivité des matchs ; elle a transformé rapidement les principaux clubs européens en « bulles » financières pour leur présence dans les compétitions européennes. Suite aux investissements accomplis, la réalisation des objectifs est devenue indispensable et c'est pour cette raison que certains travers existent comme : la corruption de joueurs (démêlées de la Juventus de Turin), la compromission d'arbitre (instruction en cours sur l'affaire des parieurs et des arbitres Belges), réseaux de travailleurs composés de clandestins et de mineurs, marché de la drogue (dopage). La sagesse et la morale sont mises à mal quand on considère l'énormité des placements effectués et l'exigence de la rentabilité réclamé par les actionnaires des clubs de football professionnel.
Le football est entré dans une lutte économique et financier dont les armes les plus performantes sont une vingtaine de club européen. Le G14 (syndicat des clubs européens les plus riches) est présent pour contre attaquer les directives émanant des institutions footballistique comme la FIFA et L'UEFA. Les contrats des meilleurs joueurs se négocient au plus offrent. Le montant de leur transfert suscite autant l'admiration que leurs exploits sur le terrain (le contrat d'Essien partie a Chelsea pour 38 millions d'euros nets). Tous les acteurs du football s'y complaisent car ils communient vers un même but : « Toujours plus, toujours mieux et toujours plus fort ».
L'ensemble de ces évolutions a permis aux clubs de se développer et d'asseoir leur situation financière. Pourtant, le secteur reste fragile, en partie parce qu'il n'a pas été accompagné d'une recherche correcte de diversification des recettes suffisante, n'y de lissage des effets économiques de « l'aléa sportif ». Cette situation est particulièrement visible en France contrairement à nos voisins Italiens, Anglais ou Espagnols.
Cette précarité est due à un manque de compétitivité du football hexagonal en comparaison à nos voisins européens. Il faut considérer avec grande attention les données ci-dessous même si elles ont un peu vieilli. Egalement avoir conscience que d'autres éléments comme les déficits de certains grands clubs (Réal de Madrid, Manchester,...) n'apparaissent pas dans ce tableau pour établir une analyse objective des inégalités européens.
Du fait de son emprise et de son universalité, le football brasse d'énormes sommes d'argent (plus de 200 milliards d'euros en 1998) grâce à l'apport des télévisions, des sponsors et plus généralement des multinationales qui possèdent à la fois clubs et chaînes de télévision. Activité extrêmement lucrative, il offre des perspectives de développement et de profit aiguisant bien les appétits. Ainsi, Silvio Berlusconi avec son groupe multimédia Fininvest (concurrent de Vivendi) est aux commandes du prestigieux Milan AC. En France Robert Louis Dreyfus, ex-PDG d'Adidas, est aussi le directeur de l'Olympique de Marseille équipé par Adidas ! Quant au magnat australien de la communication Rupert Murdoch, il « lorgne » depuis plusieurs années sur le deuxième club le plus riche au monde, Manchester United (dont il est actionnaire minoritaire), et a investi massivement dans le contrôle des droits de télévision.
A quoi ressemble désormais l'économie du football ? De quel modèle se rapproche-t-elle ? De celui de n'importe quel secteur économique à la merci des marchés boursiers. Nulle provocation mais simple constat, souvent revendiqué par les dirigeants des clubs eux-mêmes qui se vantent de gérer leur club comme ils mènent leur entreprise. Par exemple le président de la Lazio Rome club actuellement côté en bourse, Sergio Cragnotti déclarait à son entrée en bourse : « Le football professionnel est l'affaire la plus globale du monde à l'époque de la mondialisation et du triomphe des loisirs. Quelle autre marchandise est achetée par plus de trois milliards de consommateurs ? Pas même Coca-Cola qui détient seulement un milliard et demi de consommateurs. L'économie du ballon est en pleine expansion, ainsi que son public qui, de trois milliards, peut passer à cinq milliards sur des nouveaux marchés comme l'Orient ou les Etats-Unis. Je suis le premier à avoir amené le football sur le marché boursier car mon métier est celui d'évaluer à leur juste valeur les choses » (L'équipe, 18 juillet 2000).
Tendance qui est cohérente quand les présidents de club viennent justement du monde du business. Les grands clubs, essentiellement européens mais aussi sud-américains, sont maintenant des entreprises, parfois côté en Bourse, dont les revenus proviennent d'activités diversifiées (droits télévisuels, merchandising, etc.), et dont l'objectif est de dégager une rentabilité optimale pour les groupes auxquels ils appartiennent.
Comme la plupart des autres activités économiques, le football est entré dans l'ère de la valorisation financière. Il y a 20 ans un club riche était un club dont les ressources provenaient d'abord de l'affluence des spectateurs achetant leurs billets, secondairement de la télévision, des sponsors, voire des récompenses reçues à l'occasion de la conquête de titres prestigieux. Aujourd'hui, la recette des entrées au stade est marginale. Un club développe son chiffre d'affaire grâce à de juteux droits de télévision, de généreux sponsors, de lucratives participations à de nouvelles compétitions et de profitables produits dérivés (vente des traditionnels maillots, casquettes, écharpes, mais aussi savons, eaux de toilette, téléphones portables à l'effigie du club etc...). Mais par-dessus tout sa valeur est fonction d'un capital joueur dont la plus-value potentielle est d'autant plus forte que ceux-ci ont été achetés à bas prix.
L'explosion de l'économie footballistique est apparue dans les années quatre-vingts et a explosé au cours des années quatre-vingt-dix avec un tournant décisif : l'Arrêt Bosman de décembre 1995 rendu par la Cour européenne de justice. Véritable détonateur de la révolution libérale, celui-ci a instauré la règle de la libre circulation des joueurs en Europe. Grâce à cet arrêt, n'importe quel club appartenant à l'Union européenne est devenu libre d'embaucher des joueurs indépendamment de leur nationalité. La liberté de circulation des joueurs a démultiplié la concurrence entre les chaînes de télévision privées pour l'obtention des droits de retransmission et d'exclusivité des matchs ; elle a transformé rapidement les principaux clubs européens en « bulles » financières pour leur présence dans les compétitions européennes. Suite aux investissements accomplis, la réalisation des objectifs est devenue indispensable et c'est pour cette raison que certains travers existent comme : la corruption de joueurs (démêlées de la Juventus de Turin), la compromission d'arbitre (instruction en cours sur l'affaire des parieurs et des arbitres Belges), réseaux de travailleurs composés de clandestins et de mineurs, marché de la drogue (dopage). La sagesse et la morale sont mises à mal quand on considère l'énormité des placements effectués et l'exigence de la rentabilité réclamé par les actionnaires des clubs de football professionnel.
Le football est entré dans une lutte économique et financier dont les armes les plus performantes sont une vingtaine de club européen. Le G14 (syndicat des clubs européens les plus riches) est présent pour contre attaquer les directives émanant des institutions footballistique comme la FIFA et L'UEFA. Les contrats des meilleurs joueurs se négocient au plus offrent. Le montant de leur transfert suscite autant l'admiration que leurs exploits sur le terrain (le contrat d'Essien partie a Chelsea pour 38 millions d'euros nets). Tous les acteurs du football s'y complaisent car ils communient vers un même but : « Toujours plus, toujours mieux et toujours plus fort ».
L'ensemble de ces évolutions a permis aux clubs de se développer et d'asseoir leur situation financière. Pourtant, le secteur reste fragile, en partie parce qu'il n'a pas été accompagné d'une recherche correcte de diversification des recettes suffisante, n'y de lissage des effets économiques de « l'aléa sportif ». Cette situation est particulièrement visible en France contrairement à nos voisins Italiens, Anglais ou Espagnols.
Cette précarité est due à un manque de compétitivité du football hexagonal en comparaison à nos voisins européens. Il faut considérer avec grande attention les données ci-dessous même si elles ont un peu vieilli. Egalement avoir conscience que d'autres éléments comme les déficits de certains grands clubs (Réal de Madrid, Manchester,...) n'apparaissent pas dans ce tableau pour établir une analyse objective des inégalités européens.
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