Quels sont les fondements et les raisons du hiatus entre le consensus de 1997 et la remise en cause du Pacte de Stabilité et de Croissance quelques années plus tard ?
Date de publication :
24/03/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- Un pacte, outil d'encadrement des politiques budgétaires perçu comme indispensable , qui n'a pas été respecté totalement ,qui ne semble pas avoir atteint ses objectifs et qui a été de plus en plus en plus critiqué
- Objectifs et fondements du pacte
- Un pacte en partie non respecté, qui n'a pas tenu ses objectifs et qui a été de plus en plus contesté
- Devant son inapplication partielle et la multiplication des critiques, des réformes sont apparues nécessaires, qui en modifiant les règles, mais pas la nature du pacte, n'ont pas éteint des critiques et débats sur la logique à l'oeuvre dans le pacte
- Des réformes apparues comme nécessaires
- mais qui n'ont pas modifiées la logique du pacte et n'a ainsi pas réduit les débats sur sa nature et ses fondements
Résumé :
La France a d'autres priorités que le pacte » (F.Mer, 2002), le pacte de stabilité et de croissance est « stupide» (R.Prodi 2002), le respect des règles du pacte sont dans une conjoncture économique défavorables « est difficile à justifier d'un point de vue économique » (P.Solbès 2003). Ces citations émanant d'un ministre de l'Economie des Finances d'un Etat ayant ratifié le pacte, du président de la Commission Européenne de 2003, et du commissaire en charge de l'application du pacte en 2003 ont marqué l'histoire économique et politique de l'Union Européenne, à propos d'un instrument qui avait été perçu lors de son élaboration comme indispensable.
Le pacte de stabilité et de croissance est un ensemble de règles (une décision du Conseil du 17 juin 1997 pour ses objectifs et deux règlements pour sa mie en oeuvre, un dit « préventif » et un « correctif») qui visait à coordonner les politiques budgétaires relevant de la compétence nationale. Sa signature prend lieu dans un contexte de mise en place de l'union monétaire européenne et d'autre part dans une période de remise en cause des politiques budgétaires de relance keynésienne.
D'une part, ce pacte a été conçu comme une étape supplémentaire et indispensable de l'intégration économique européenne, dans une union économique et monétaire européenne où la politique monétaire était décidée par la Banque Centrale Européenne, alors que les politiques budgétaires étaient nationales. Rappelons que le Traité de Maastricht, en 1992, prévoyait une unification économique et monétaire qui s'exprima dans la zone Euro par l'introduction de l'Euro en 99. Dans ce but, il prévoyait cinq critères de convergence pour faire converger les politiques économiques. Le pacte de stabilité est donc apparu comme un outil de coordination des différentes politiques budgétaires dans le sens d'une certaine discipline budgétaire pour garantir crédibilité et stabilité de la monnaie unique. Il reprenait deux objectifs issus du Traité de Maastricht : chaque Etat devait avoir un déficit public inférieur à 3% du PIB, et un endettement public inférieur à 60 % du PIB. Il se déclinait en deux volets :
- un volet préventif qui instaure un principe de budget à l'équilibre voir excédentaire à moyen terme. Dans ce cadre, une surveillance multilatérale est instaurée puisque chaque Etat doit présenter sa situation économique et ses objectifs budgétaires à moyen terme chaque année.
- un volet correctif qui concerne les Etats ayant dépassé la norme des 3%. Dans ce cas, la Commission engage une procédure pour déficit public excessif, procédure qui si elle est poursuivie par le Conseil aboutit à des sanctions contre l'Etat fautif.
D'autre part l'instauration de ce pacte prend part dans un contexte économique particulier, et en lien avec la situation économique des pays de la future zone Euro, au début des années 90. En effet, depuis la fin des trente glorieuses, la croissance a été relativement faible, et la plupart des Etats ont augmenté leurs dépenses publiques et leurs déficits publics, sans que ce creusement des déficits, n'ait pu remplir les objectifs des politiques keynésiennes de relance, ce qui a conduit à remettre en cause l'efficacité des politiques budgétaires conjoncturelles de relance.
S'il fut le fruit d'un compromis politique entre les différents Etat, le pacte de stabilité et de croissance est aussi le produit à l'époque, d'un consensus sur la nécessité d'encadrer les politiques budgétaires. Comment dès lors pouvons nous comprendre les citations évoquées ci-dessus ? Quels sont les fondements et les raisons du hiatus entre le consensus de 1997 et la remise en cause du pacte quelques années plus tard ? Ce premier constat soulève aussi fondamentalement d'autres questions. Quels étaient les objectifs du pacte ? Quels étaient la logique et les présupposés théoriques en son sein ? A-t il été appliqué ? A-t-il atteint ses objectifs ? Les critiques qui se sont adressées à son égard touchent t elles à ses modalités d'application ou à sa logique ? Quelles ont été les réformes envisagées ? Dans une étude alliant analyse théorique et des faits, il nous faudra, dans un premier temps, préciser que ce pacte vu comme un outil indispensable, n'a été que partiellement respecté et a été de plus en plus remis en cause au fil des années (I). Ces contestations croissantes ont débouché en 2005, sur un ensemble de réformes qui ont modifié les règles d'application du pacte, sans en modifier fondamentalement sa logique, ce qui explique le maintien d'un certain nombre de critiques et d'interrogations sur sa légitimité (II)
Le pacte de stabilité et de croissance est un ensemble de règles (une décision du Conseil du 17 juin 1997 pour ses objectifs et deux règlements pour sa mie en oeuvre, un dit « préventif » et un « correctif») qui visait à coordonner les politiques budgétaires relevant de la compétence nationale. Sa signature prend lieu dans un contexte de mise en place de l'union monétaire européenne et d'autre part dans une période de remise en cause des politiques budgétaires de relance keynésienne.
D'une part, ce pacte a été conçu comme une étape supplémentaire et indispensable de l'intégration économique européenne, dans une union économique et monétaire européenne où la politique monétaire était décidée par la Banque Centrale Européenne, alors que les politiques budgétaires étaient nationales. Rappelons que le Traité de Maastricht, en 1992, prévoyait une unification économique et monétaire qui s'exprima dans la zone Euro par l'introduction de l'Euro en 99. Dans ce but, il prévoyait cinq critères de convergence pour faire converger les politiques économiques. Le pacte de stabilité est donc apparu comme un outil de coordination des différentes politiques budgétaires dans le sens d'une certaine discipline budgétaire pour garantir crédibilité et stabilité de la monnaie unique. Il reprenait deux objectifs issus du Traité de Maastricht : chaque Etat devait avoir un déficit public inférieur à 3% du PIB, et un endettement public inférieur à 60 % du PIB. Il se déclinait en deux volets :
- un volet préventif qui instaure un principe de budget à l'équilibre voir excédentaire à moyen terme. Dans ce cadre, une surveillance multilatérale est instaurée puisque chaque Etat doit présenter sa situation économique et ses objectifs budgétaires à moyen terme chaque année.
- un volet correctif qui concerne les Etats ayant dépassé la norme des 3%. Dans ce cas, la Commission engage une procédure pour déficit public excessif, procédure qui si elle est poursuivie par le Conseil aboutit à des sanctions contre l'Etat fautif.
D'autre part l'instauration de ce pacte prend part dans un contexte économique particulier, et en lien avec la situation économique des pays de la future zone Euro, au début des années 90. En effet, depuis la fin des trente glorieuses, la croissance a été relativement faible, et la plupart des Etats ont augmenté leurs dépenses publiques et leurs déficits publics, sans que ce creusement des déficits, n'ait pu remplir les objectifs des politiques keynésiennes de relance, ce qui a conduit à remettre en cause l'efficacité des politiques budgétaires conjoncturelles de relance.
S'il fut le fruit d'un compromis politique entre les différents Etat, le pacte de stabilité et de croissance est aussi le produit à l'époque, d'un consensus sur la nécessité d'encadrer les politiques budgétaires. Comment dès lors pouvons nous comprendre les citations évoquées ci-dessus ? Quels sont les fondements et les raisons du hiatus entre le consensus de 1997 et la remise en cause du pacte quelques années plus tard ? Ce premier constat soulève aussi fondamentalement d'autres questions. Quels étaient les objectifs du pacte ? Quels étaient la logique et les présupposés théoriques en son sein ? A-t il été appliqué ? A-t-il atteint ses objectifs ? Les critiques qui se sont adressées à son égard touchent t elles à ses modalités d'application ou à sa logique ? Quelles ont été les réformes envisagées ? Dans une étude alliant analyse théorique et des faits, il nous faudra, dans un premier temps, préciser que ce pacte vu comme un outil indispensable, n'a été que partiellement respecté et a été de plus en plus remis en cause au fil des années (I). Ces contestations croissantes ont débouché en 2005, sur un ensemble de réformes qui ont modifié les règles d'application du pacte, sans en modifier fondamentalement sa logique, ce qui explique le maintien d'un certain nombre de critiques et d'interrogations sur sa légitimité (II)
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