La force du contrat
Date de publication :
21/05/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
10 pages
Sommaire :
Sommaire
- Force obligatoire et rapport d'obligations entre les parties
- Portée du principe de la force obligatoire du contrat
- Le juge et le contrat : limites au principe de la force obligatoire du contrat
- La force du contrat à l'égard des tiers
- Distinction entre l'effet relatif du contrat et son opposabilité aux tiers
- La création de droits et obligations à l'égard des tiers
Résumé :
Le contrat est-il pour autant enfermé de façon immuable dans un carcan d'obligations ? Les parties peuvent-elles revenir sur leurs engagements sans être sanctionnées ? La volonté présente d'une partie peut-elle l'emporter sur sa volonté passée ? Si la marge de manoeuvre des cocontractants est limitée par le rapport d'obligations dans lequel le contrat les insère, dans quelle mesure le juge peut-il interpréter, modifier, annuler ou révoquer le contrat ? Sur quels fondements le juge peut-il remettre en cause la volonté initiale des parties, c'est-à-dire faire primer la Loi sur « la loi des parties » ?
Si la force obligatoire du contrat s'applique aux parties qui en ont souhaité les effets, elle crée une situation de fait et de droit que les tiers sont tenus de prendre compte. Inspiré de l'adage latin selon lequel les actes conclus par les uns ne peuvent ni nuire, ni profiter aux autres, le principe de l'effet relatif des conventions, défini à l'article 1165 du Code civil, gouverne le rapport entre le contrat et les tiers. L'effet relatif limite les obligations aux parties et empêche de ce fait, tout tiers de devenir débiteur ou créancier d'une obligation sans avoir fourni son accord. Cependant, cela ne signifie pas que le contrat soit dépourvu d'effets à l'égard des tiers. Ainsi, les parties ont la capacité d'opposer leur contrat aux tiers, ce qui implique que ceux-ci ne peuvent pas, de façon délibérée, aller à l'encontre de la situation juridique créée. Le rôle des tiers ne se limite pas pour autant à une prise en compte passive de la relation contractuelle. Les tiers peuvent non seulement opposer le contrat aux parties mais ont également la capacité de se doter eux-mêmes ou de profiter de droits et obligations relatifs au contrat, sans pour autant en être partie. A cet égard, le principe de l'effet relatif des conventions souffre de son intangibilité.
Ainsi, malgré l' « effet de contrainte » créé par le contrat, sa force peut être remise en cause. Tout d'abord, par la capacité du juge à interpréter ou à modifier le contrat sans pour autant le dénaturer. Puis, par la possibilité de transmettre des droits et des obligations aux tiers ou de les faire intervenir avec un statut particulier dans la relation contractuelle. L'atténuation de la force du contrat est-elle un danger pour la sécurité juridique ? Ou au contraire, est-ce le constat que l'intangibilité du contrat met en danger la sécurité des parties qui a conduit à cette remise en cause de la force obligatoire du contrat ? Autrement dit, si en droit et en principe, le contrat revêt une forme rigide qu'il paraît difficile de contourner, la possibilité qu'offre la pratique de moduler les effets du contrat, n'est-elle pas garante de sécurité juridique dans la mesure où elle permet d'adapter le contrat aux circonstances ?
La portée du caractère obligatoire du contrat et ses effets à l'égard des parties attestent de la force du contrat, contrat qui demeure cependant sous le contrôle du juge (I). La force du contrat se manifeste également à l'égard des tiers puisque ceux-ci peuvent être intégrés bon gré mal gré à la relation contractuelle (II).
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