La France et la mondialisation : un pays au coeur du processus et à l'avant-garde de sa contestation
Date de publication :
11/05/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
29 pages
Sommaire :
Sommaire
- La France dans la mondialisation : ses atouts, ses faiblesses
- Les atouts : un pays toujours compétitif et attractif au niveau mondial
- Les faiblesses : des « modèles français »
- La France face à la mondialisation : entre crainte et incompréhension
- Une crainte « atavique » face à la mondialisation
- Le rejet de la mondialisation comme symptôme d'une crise d'identité
- Scénarios possibles
- « Illusions perdues » ou la France mise au ban de la mondialisation et du progrès
- « Splendeurs et misères des courtisanes » ou la France nostalgique, entre passé et déclin inexorable
- « La Peau de chagrin » ou la France immobile et la perpétuation du déclin « mou »
- « L'Élixir de longue vie » ou la France puissante et réformatrice
Résumé :
Au début de la décennie, un éditorial de La Presse s'interrogeait déjà sur l'ambivalence de la france à l'égard de la mondialisation :
« Qui incarne le mieux la france d'aujourd'hui ? Est-ce José Bové, le paysan moustachu en guerre contre McDo et la mondialisation à l'américaine ? Ou est-ce Jean-Marie Messier, président de la société française Vivendi, qui veut avaler Seagram et sa filière hollywoodienne Universal Studios, productrice de Jurassic Park et autres blockbusters internationaux ? » .
Face au processus de mondialisation, face à l'accélération et à l'intensification des flux transfrontaliers de biens, de services, de capitaux, d'investissements, d'hommes, d'idées, d'information, corrélativement à l'accroissement de l'interdépendance des sociétés, la position de la france et des Français apparaît plutôt paradoxale. D'un côté, le pays semble être à l'avant-garde de la mondialisation : outre des infrastructures solides et un capital humain de bonne qualité, elle figure parmi les pays les plus ouverts aux capitaux étrangers (44 % du capital des entreprises françaises du CAC 40 serait détenu par des non-résidents ), elle se classe cinquième exportateur mondial de biens, le troisième en termes de produits agricoles et agroalimentaires, le quatrième pour les services et la première destination touristique mondiale (le degré d'ouverture de son économie est passé de 11 % à 22 %, entre 1960 et 2005), ses grandes entreprises figurent nombreuses parmi les entreprises leaders de leur secteur et investissent massivement à l'étranger (parmi les vingt premières multinationales, en termes d'actifs à l'étranger, cinq étaient françaises en 2005)... Et pourtant, la france apparaît également comme un pays qui exprime de vives réticences face au phénomène, voire qui se situe à la « pointe » de sa contestation : c'est elle, au sein de l'Union européenne, qui défend avec le plus de vigueur la Politique agricole commune, le principe d'« exception culturelle » ou la notion de service public ; c'était elle qui, par son retrait des négociations en octobre 1998, avait conduit à la suspension définitive du projet d'AMI (Accord multilatéral sur l'investissement), ou qui prit l'initiative de proposer la mise en place d'une fiscalité globale à l'Assemblée générale des Nations unies et au G8, sous la forme d'un prélèvement de solidarité sur les billets d'avion affecté à la lutte contre le SIDA (UNITAID )... C'est également l'un des pays où le soutien à l'antimondialisme, puis à l'altermondialisme, est le plus affirmé, aussi bien au sein de la société civile (à l'instar de la création d'ATTAC en 1998 ou du démontage d'un McDonald's par des militants de la Confédération paysanne, en août 1999) que de la part de l'État (la france est certainement le seul pays à avoir officiellement dépêché des ministres lors de tous les Forums sociaux mondiaux, depuis 2001). Plus encore, cette singularité semble faire écho à des réticences marquées, émanant de la population (réticences cristallisés, en partie, par la victoire du « non » au référendum sur la Constitution européenne, le 29 mai 2005).
« Qui incarne le mieux la france d'aujourd'hui ? Est-ce José Bové, le paysan moustachu en guerre contre McDo et la mondialisation à l'américaine ? Ou est-ce Jean-Marie Messier, président de la société française Vivendi, qui veut avaler Seagram et sa filière hollywoodienne Universal Studios, productrice de Jurassic Park et autres blockbusters internationaux ? » .
Face au processus de mondialisation, face à l'accélération et à l'intensification des flux transfrontaliers de biens, de services, de capitaux, d'investissements, d'hommes, d'idées, d'information, corrélativement à l'accroissement de l'interdépendance des sociétés, la position de la france et des Français apparaît plutôt paradoxale. D'un côté, le pays semble être à l'avant-garde de la mondialisation : outre des infrastructures solides et un capital humain de bonne qualité, elle figure parmi les pays les plus ouverts aux capitaux étrangers (44 % du capital des entreprises françaises du CAC 40 serait détenu par des non-résidents ), elle se classe cinquième exportateur mondial de biens, le troisième en termes de produits agricoles et agroalimentaires, le quatrième pour les services et la première destination touristique mondiale (le degré d'ouverture de son économie est passé de 11 % à 22 %, entre 1960 et 2005), ses grandes entreprises figurent nombreuses parmi les entreprises leaders de leur secteur et investissent massivement à l'étranger (parmi les vingt premières multinationales, en termes d'actifs à l'étranger, cinq étaient françaises en 2005)... Et pourtant, la france apparaît également comme un pays qui exprime de vives réticences face au phénomène, voire qui se situe à la « pointe » de sa contestation : c'est elle, au sein de l'Union européenne, qui défend avec le plus de vigueur la Politique agricole commune, le principe d'« exception culturelle » ou la notion de service public ; c'était elle qui, par son retrait des négociations en octobre 1998, avait conduit à la suspension définitive du projet d'AMI (Accord multilatéral sur l'investissement), ou qui prit l'initiative de proposer la mise en place d'une fiscalité globale à l'Assemblée générale des Nations unies et au G8, sous la forme d'un prélèvement de solidarité sur les billets d'avion affecté à la lutte contre le SIDA (UNITAID )... C'est également l'un des pays où le soutien à l'antimondialisme, puis à l'altermondialisme, est le plus affirmé, aussi bien au sein de la société civile (à l'instar de la création d'ATTAC en 1998 ou du démontage d'un McDonald's par des militants de la Confédération paysanne, en août 1999) que de la part de l'État (la france est certainement le seul pays à avoir officiellement dépêché des ministres lors de tous les Forums sociaux mondiaux, depuis 2001). Plus encore, cette singularité semble faire écho à des réticences marquées, émanant de la population (réticences cristallisés, en partie, par la victoire du « non » au référendum sur la Constitution européenne, le 29 mai 2005).
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