Les frontières en Afrique: une plaie ouverte ?
Date de publication :
06/03/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
11 pages
Sommaire :
Sommaire
- Etats anciens, nouveaux Etats
- Les formes traditionnelles du pouvoir
- L'Etat contemporain
- Les frontières de l'Afrique : constitution, problèmes liés et espoir
- Le rôle des frontières dans le retard de développement de l'Afrique
- Le problème de la légitimité des frontières de l'Afrique
- L'Etat et le territoire
- Un paradoxe pour une Afrique aux frontières si artificielles : La stabilité des territoires d'Etat
- Etats, Ethnies, Pouvoir dans leur contexte
Résumé :
Près d'un quart des frontières européennes sont antérieures au 19ème siècle et sont depuis longtemps considérées comme stables. Seul un quart des frontières européennes ont moins de 50 ans. La genèse des frontières en Europe est donc le résultat d'un processus de maturation long et souvent douloureux. Selon bien des critères, les frontières actuellement observables sur notre continent peuvent nous paraître « naturelles » : elles délimitent des Etats nation, des peuples une même histoire, une même culture, une même langue et bien souvent une même religion dominante. Dans un tel contexte, il n'est d'ailleurs pas étonnant que la notion de frontière naturelle ait été en grande partie théorisée par des Européens. Mais il ne faut pas oublier que la naissance de ces frontières, depuis le traité de Westphalie en 1648 qui consacre la notion même de frontière eu Europe, a été pour une grande partie le fruit de conflits et de guerres parfois sanglantes. Aujourd'hui, les frontières européennes sont acceptées, intériorisées par les populations.
En afrique au contraire, la frontière reste une source de discussion, de guerre, comme c'est le cas au Sahara Occidental. La notion même de frontière est importée, est imposée par les Européens lors de la colonisation. Le drame sanglant qui se déroule actuellement au Darfour peut par exemple s'expliquer par la cohabitation au sein d'un même pays de populations d'histoire et de religion différentes. Et paradoxalement, ces mêmes frontières semblent être acceptées dans bien des Etats africains. Des populations séparées par des frontières jouent de cette séparation, arrivent à en tirer des avantages ; dans bien des pays nous voyons même l'émergence d'un certain nationalisme.
Comment donc adapter à l'afrique la notion de frontière naturelle ? La frontière doit-elle être en quelque sorte naturelle « dès le départ », en respectant les tribus, la géographie d'une région ? Ou cette naturalité ne dépend-elle en réalité que de la capacité qu'ont eue les populations à s'adapter à une frontière en réalité imposée ?
Ceci ne signifie pas pour autant qu'avant l'arrivée des Européens il n'y avait pas d'Etat organisé, comme nous le verrons dans une première partie. Néanmoins, les Etats avant l'arrivée de l'homme blanc étaient plus séparés par des zones de marge que par des frontières à proprement parler. L'arrivée de moyens de transports modernes qui ont amené la disparition de ces marges en amenant des tribus, qui jusqu'alors vivaient de façon autarciques, à se côtoyer, combinée à la volonté de l'homme blanc de clarifier la situation politique, ont amené en afrique une naissance extrêmement rapide de frontières géographiquement sans ambiguïté. Nous tenterons d'analyser les éléments clés de cette genèse dans une deuxième partie. Enfin, nous montrerons que la naturalité d'une frontière, ou tout du moins le sentiment de naturalité que des populations peuvent ressentir ou non à l'égard d'une frontière, dépend grandement de la capacité qu'a eue l'Etat à s'approprier son territoire, à l'aménager et à le gouverner.
En afrique au contraire, la frontière reste une source de discussion, de guerre, comme c'est le cas au Sahara Occidental. La notion même de frontière est importée, est imposée par les Européens lors de la colonisation. Le drame sanglant qui se déroule actuellement au Darfour peut par exemple s'expliquer par la cohabitation au sein d'un même pays de populations d'histoire et de religion différentes. Et paradoxalement, ces mêmes frontières semblent être acceptées dans bien des Etats africains. Des populations séparées par des frontières jouent de cette séparation, arrivent à en tirer des avantages ; dans bien des pays nous voyons même l'émergence d'un certain nationalisme.
Comment donc adapter à l'afrique la notion de frontière naturelle ? La frontière doit-elle être en quelque sorte naturelle « dès le départ », en respectant les tribus, la géographie d'une région ? Ou cette naturalité ne dépend-elle en réalité que de la capacité qu'ont eue les populations à s'adapter à une frontière en réalité imposée ?
Ceci ne signifie pas pour autant qu'avant l'arrivée des Européens il n'y avait pas d'Etat organisé, comme nous le verrons dans une première partie. Néanmoins, les Etats avant l'arrivée de l'homme blanc étaient plus séparés par des zones de marge que par des frontières à proprement parler. L'arrivée de moyens de transports modernes qui ont amené la disparition de ces marges en amenant des tribus, qui jusqu'alors vivaient de façon autarciques, à se côtoyer, combinée à la volonté de l'homme blanc de clarifier la situation politique, ont amené en afrique une naissance extrêmement rapide de frontières géographiquement sans ambiguïté. Nous tenterons d'analyser les éléments clés de cette genèse dans une deuxième partie. Enfin, nous montrerons que la naturalité d'une frontière, ou tout du moins le sentiment de naturalité que des populations peuvent ressentir ou non à l'égard d'une frontière, dépend grandement de la capacité qu'a eue l'Etat à s'approprier son territoire, à l'aménager et à le gouverner.
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