Garrigou Alain, Histoire sociale du suffrage universel en France-1848-2000

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Sommaire

  1. 'Les élections ont-elles un autre intérêt que les résultats ? '
  2. Eléments clés de son analyse

Résumé de la fiche de lecture

Histoire sociale du suffrage universel en France d’Alain Garrigou paraît en février 2002, deux mois plus tard, le 21 avril 2002, la crise de la démocratie française apparaît au grand jour : avec 28,5 % d’abstention au premier tour et un vote éclaté, le candidat de l’extrême droite accède au second tour, éliminant le candidat socialiste Lionel Jospin. La démocratie française est en crise, et de façon visible, l’opinion publique en prend conscience, mais aux législatives des 9 et 16 juin suivants, l’abstention s’élève toujours à 35,59%. La réflexion d’Alain Garrigou sur l’histoire du suffrage universel résonne alors particulièrement avec l’actualité…

•Plusieurs auteurs, sociologues s’interrogent déjà avant la présidentielle de 2002 sur le phénomène de l’abstentionnisme, et au sortir de la crise électorale des élections présidentielles américaines de 2000, nombreux sont les chercheurs à interroger cette démocratie occidentale qui semble ébranlée. Les démocraties françaises ou américaines qui se targuent aux yeux du monde entier du terme de modèle semblent violemment affaiblies, comme vides de sens. Et c’est justement à ce sens de la démocratie, à son objet le plus central, son plus grand symbole, que s’intéresse Alain Garrigou : le suffrage universel.

•Professeur de science politique à l’université de Paris-X-Nanterre, il est l’auteur notamment et entre autres de Les élites contre la République- Sciences Po et l'ENA, un livre dans lequel, Alain Garrigou interroge la construction sociale d’institutions (Ena et Sciences Po) pour mieux comprendre leur réalité et leur évolution. Il adopte la même démarche dans Histoire sociale du suffrage universel, comme nous allons le voir dans une première partie où nous essayerons de comprendre la démarche de l’auteur, sa méthode et les moyens qu’il a mis à son service pour réaliser son étude. Dans un second temps, nous évoquerons trois points particulièrement intéressants de son livre.


[...] Au départ, il n’existe pas de déviance, du moins tant que les règles du jeu électoral ne sont pas clairement définies car pour qu’il y ait transgression des règles de l’élection, encore faut-il que ces dernières existent. Alain Garrigou va ainsi dans le même sens qu’Olivier Ihl et Yes Deloye qui menèrent des enquêtes sur les fraudes dans les élections en 1881, montrant que les traits du citoyen idéal se sont imposés dans les moments de déviance. Alain Garrigou explique que la corruption a d’abord été floue : où commençait-elle où s’arrêtait-elle ? Il est difficile a posteriori d’apprécier le teneur et la portée de ces transgressions : corruption libre, contractuelle ? [...]


[...] Dans ce chapitre, Alain Garrigou, évoque également rapidement le retard français et l’accession des femmes au suffrage, devenu vraiment universel en 1945 et précise qu’on a vu se reproduire les mêmes réactions, craintes, interrogations qu’on avait vu se mettre en place en 1848. Aujourd’hui encore, conclue Alain Garrigou, l’histoire du suffrage universel est en cours, évoluant en même temps qu’évoluent les rapports sociaux, la société plus généralement. Le phénomène actuel d’abstentionnisme doit être replacé dans l’histoire sociale du suffrage universel, et non pas comme sa déligitimation. Ce n’est pas dans la nature du suffrage universel qu’il faut chercher les causes de l’abstentionnisme, explique Alain Garriguou, mais dans les rapports des électeurs à la société, dans les rapports entre candidats et électeurs. [...]


[...] Alain Garrigou concluait également en faisant allusion à un cens caché. Il pourrait donc être intéressant de se demander en partant du livre de Daniel Gaxie[10] Le cens caché, si ce cens n’est pas inhérent au suffrage, universel. GARRIGOU Alain, Les élites contre la République- Sciences Po et l’ENA, Editions La Découverte, Paris GARRIGOU Alain, Histoire sociale du suffrage universel en France-1848- 2000, Editions du Seuil, Paris (1ère édition 1992) p.7 titres de journaux mentionnés p.65/66/67 de GARRIGOU Alain, Histoire sociale du suffrage universel [...]


[...] L’électeur a d’abord du apprendre à voter, il a fallu acquérir tout un savoir-faire électoral, et les nombreux passages dans la première partie de Histoire sociale du suffrage universel en France-1848- 2000, les nombreuses erreurs de compréhension de l’usage des élections (commentaires écrits sur les bulletins de vote, etc.) témoignent de ce long apprentissage. Une fois ce savoir-faire acquis, l’électeur a pu s’emparer des élections. Pas formées politiquement, ils faut bien comprendre que les masses participaient néanmoins au jeu électoral, et en acquérant une éducation au suffrage universel, elles vont progressivement pouvoir évoluer d’une politique profane à une compréhension d’une politique légitime. [...]

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A propos de l'auteur
Elodie C.
étudiant
Niveau
Avancé
Etude suivie
sciences...
Ecole, université
Sorbonne...
A propos du doc
Date de publication
02/01/2007
Langue
français
Format
.doc
Type
fiche de lecture
Nombre de pages
5 pages
Niveau
avancé
Consulté
38 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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