Le génocide au Rwanda: une analyse des responsabilités
Date de publication :
15/12/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- Les paroles de l'assassin lui-même
- Où se situe l'enjeu du crime, quelle est la signification de cette dissection, de cette analyse?
- Quelle part les Occidentaux, Français et Belges en particulier, ont dans cette logique?
Résumé :
Le crime raciste traduit l'impuissance, la peur de l'autre, notamment lorsque l'autre, perçu comme étranger, se révèle soudain identique à soi-même; ou l'inverse, lorsque le proche, le frère, se révèle si différent de soi qu'il semble trahir la cause commune. Le passage de la peur d'autrui à son extermination systématique requiert néanmoins un intermédiaire entre l'affectif et le logique: l'idéologie, élaborée par des intellectuels comme, par exemple, en France, Alexis Carrel. L'idéologie raciste prétend que les caractères psychologiques des hommes, leurs facultés mentales, leur conscience sont déterminés par des facteurs génétiques; elle soutient également que ces mêmes facteurs génétiques sont liés à des caractères somatiques qui permettraient donc de reconnaître a priori les caractères psychologiques. A partir de quoi, l'idéologue raciste conclut: "Sauver les faibles et les tarés, leur donner la possibilité de se reproduire, c'est produire la dégénérescence de la race. La race ne peut être améliorée que par le plus grand développement des forts" et l'élimination des faibles par ceux qui s'estiment les forts.
Une telle idéologie ne semble pas s'être imposée au rwanda. L'absence de critères idéologiques obligea même les meurtriers à recourir à la carte d'identité décernée par les Belges pour discerner ou désigner les victimes. Sur quoi donc se fondait la détermination des assassins? Se fondait-elle sur des motivations affectives irrationnelles? Certaines réactions de peur comme l'exode de centaines de milliers de paysans devant l'offensive et les massacres du FPR (Février 1993) pourraient le laisser croire, mais ces réactions peuvent être soumises à une froide détermination logique: le rapport d'African Rights précise en effet que les femmes hutu tuèrent les nouveaux-nés classés tutsi parce qu' "ils étaient de futurs soldats FPR." Ces femmes postulaient qu'une fois adultes, ils ne pourraient agir que selon une logique identique à la leur: la liquidation de ceux qui ne seraient pas classés tutsi. Elles réagissaient à une détermination classificatoire rationnelle. Mais pourquoi cette référence à la vengeance traditionnelle se généralise-t-elle en génocide? Pourquoi la violence n'a-t-elle plus de limites, n'obéit-elle à aucune règle? La question de la responsabilité et de la culpabilité se pose à un autre niveau que celui de l'opposition traditionnelle: "ceux qui ne sont pas des alliés sont des ennemis ".
Une telle idéologie ne semble pas s'être imposée au rwanda. L'absence de critères idéologiques obligea même les meurtriers à recourir à la carte d'identité décernée par les Belges pour discerner ou désigner les victimes. Sur quoi donc se fondait la détermination des assassins? Se fondait-elle sur des motivations affectives irrationnelles? Certaines réactions de peur comme l'exode de centaines de milliers de paysans devant l'offensive et les massacres du FPR (Février 1993) pourraient le laisser croire, mais ces réactions peuvent être soumises à une froide détermination logique: le rapport d'African Rights précise en effet que les femmes hutu tuèrent les nouveaux-nés classés tutsi parce qu' "ils étaient de futurs soldats FPR." Ces femmes postulaient qu'une fois adultes, ils ne pourraient agir que selon une logique identique à la leur: la liquidation de ceux qui ne seraient pas classés tutsi. Elles réagissaient à une détermination classificatoire rationnelle. Mais pourquoi cette référence à la vengeance traditionnelle se généralise-t-elle en génocide? Pourquoi la violence n'a-t-elle plus de limites, n'obéit-elle à aucune règle? La question de la responsabilité et de la culpabilité se pose à un autre niveau que celui de l'opposition traditionnelle: "ceux qui ne sont pas des alliés sont des ennemis ".
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