Les guerres du Zaïre et de la République Démocratique du Congo (RDC) sont-elles des illustrations des nouvelles guerres de prédation?
Date de publication :
07/10/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
34 pages
Sommaire :
Sommaire
- Des signes de prédation lors de la première guerre du Zaïre
- L'apparente prédation de la seconde guerre de la RDC
- La prédation comme seule explication ?
- Une seconde guerre de prédation ou une prédation de guerre ?
Résumé :
Basés sur des calculs statistiques des guerres écoulées, il s'avérerait que les « nouveaux conflits armés » portés par des mouvements de rébellion soient motivés par la prédation. Les Etats disposant de ressources naturelles génératrices de richesses seraient, quand le contexte est favorable au déclenchement d'une lutte armée, victimes de cette prédation.
Il est vrai que la première guerre, mais surtout la seconde, ont fait l'objet de pillages et surtout de convoitises des ressources minières de l'ancien zaïre. L'appât du gain facile a dicté des comportements belliqueux de certains officiers ougandais et de membres de mouvements rebelles. Pour comprendre l'enjeu, il faut dresser un rapide panorama des ressources naturelles du pays.
La rdc a sur son territoire la moitié des réserves mondiales de cobalt et pourrait être le premier producteur au monde de cuivre si l'Etat ne s'était pas effrité et si les deux guerres successives n'avaient pas perturbé son exploitation du minerai abondamment présent dans l'est du pays. Elle est également l'un des quatre principaux producteurs de diamants bruts et ce malgré la situation conflictuelle qui perdure à l'est du pays et qui empêche l'exploitation de certaines mines. L'est de la république démocratique du congo recèle des gisements d'or dont il est difficile d'évaluer les réserves tant que l'exploration n'en aura pas été faite. Cependant, les experts s'accordent pour dire qu'elles sont colossales et que la concession d'Okimo, l'une des quatre de Kilo-moto en Ituri, aurait des réserves allant de 100 à 150 tonnes. Le coltan, appelé parfois durant la seconde guerre de la rdc le « nerf de la guerre », est abondamment présent à l'est du pays et représenterait les deux tiers des réserves mondiales. Sans compter le million de kilomètres carrés de forêts peuplées de bois tropicaux et rares. Nous laisserons de côté les ressources hydrauliques potentiellement non exploitables par une rébellion armée, ainsi que les ressources pétrolières trop faibles pour le moment pour attirer la convoitise.
Durant la seconde guerre, une partie de ces ressources ont été pillées aussi bien par les pays « envahisseurs » et les mouvements rebelles qui leur étaient affiliés que par les puissances alliées venues aider le gouvernement de la rdc. Cette tendance était déjà marquée lors du premier conflit. Elle a d'ailleurs donné lieu à quatre rapports d'experts indépendants commandés par les Nations-Unies ainsi qu'à une enquête parlementaire commanditée par le Sénat belge. Comme nous le verrons plus loin, il ne fait aucun doute que l'Etat congolais a été victime de pillages qui ont enrichi les autres Etats parties prenantes au conflit. Cependant, conclure, comme l'ont fait certains analystes et même les experts indépendants mandatés par les Nations-Unies, que la guerre n'avait plus de but que la prédation semble précipité. L'Ouganda comme le Rwanda avaient également leurs agendas et les motivations qui les ont amenés à la guerre n'étaient pas liées avec l'appropriation des ressources naturelles de la rdc.
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