Histoire d’une Grecque moderne, de l’Abbé Prévost

Date de publication :

22/11/2006

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

9 pages

Niveau :

avancé

Consulté :

5 fois

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Sommaire :

 
 

Sommaire Histoire d’une Grecque moderne, de l’Abbé Prévost Sommaire

 
  1. Prévost et le genre romanesque
  2. Le roman superstitieux et la peur d'être possédé
  3. La passion nous pousse à l'aveuglement, à la dépossession de soi ou à la liberté

Résumé :

Pascal, dans ses Pensées nous a fait remarquer que la passion peut livrer un individu à l'aveuglement et à ses propres contradictions. En effet, son désir le projette hors de lui-même, il est dépossédé de son être : « Nous ne nous contentons pas de la vie que nous avons en nous et en notre propre être ». Les passions sont, pour Pascal, la « marque du néant de notre propre être », elles nous possèdent et nous dépossèdent de notre être. Or, la question de la passion, si elle a traversé les siècles, a eu un rôle tout à fait particulier au XVIIIème : Kant, par exemple, définit la passion comme « l'inclination qui interdit à la raison de la comparer, dans l'optique d'un certain choix, avec la somme de toutes les inclinations », les passions impliquent selon lui, un « principe de fidélité » qui empêche tout à fait la raison de s'opposer à elles. Se pose donc au XVIIIème siècle le problème de la contradiction entre raison et passion. C'est alors que L'abbé prévost, déjà connu pour Manon Lescaut, oeuvre qui retrace elle aussi l'histoire d'une folle passion, fait paraître en 1740, histoire d'une grecque moderne, roman qui doit à l'époque son succès au fait d'être inspiré des aventures de Ferriol, célèbre ambassadeur de France à Constantinople. Le narrateur s'emploie à faire le récit de sa passion pour une jeune grecque qu'il a libérée d'un sérail qui résiste à cet amour et il engage le lecteur à juger de la sincérité de cette femme. Or, pour Pierre Saint-Amant, « Le roman du XVIIIème siècle est superstitieux, disons-le encore. Il est l'inconscient, le palimpseste de toutes les philosophies athées de ce siècle plein de raison. La séduction y règne comme on le sait, mais comme un avatar de peurs archaïques. La relation de séduction, comme il serait préférable de le dire, n'a pas un aspect ludique. Sa discipline est la fascination. » Il semblerait donc que le roman de prévost soit concerné par ces affirmations puisqu'il met en scène un homme aveuglé par sa passion au point d'en perdre la raison. Cependant, pour traiter ce thème si sérieux auquel de nombreux philosophes se sont intéressés, prévost choisit le genre romanesque, ce qui peut paraître étonnant, si l'on sait combien le roman pouvait être critiqué pour son apparente légèreté à cette époque. Ce qui peut nous amener à nous interroger : Comment prévost réussit-il, en utilisant tous les aspects de l'idée de séduction à travers le choix d'un genre apparemment ludique, à nous montrer les peurs, les ambivalences propres à son époque entre superstition et athéisme et entre raison et passion ? Comment peut-il traiter un sujet tout à fait rationnel à travers un genre ludique et un point de vue tout à fait subjectif et passionné ?
Nous nous attacherons donc à étudier les différents aspects de la séduction traités par prévost dans une habile mise en abîme. Nous verrons comment le choix du genre romanesque, genre ludique selon l'opinion commune a pu être utilisé pour charmer le lecteur par son sujet et sa rationalité. Puis comment Théophée, incarnation même de la passion charnelle, peut aussi représenter l'opinion rationnelle que prévost se fait de la condition féminine. Enfin, nous verrons que prévost a pu, grâce au choix du genre romanesque, faire intervenir directement un narrateur totalement possédé par la passion, possession qui sera ressentie par le lecteur au fil de l'oeuvre et l'amènera à comparer l'évolution des deux personnages principaux.

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A propos de l'auteur :

pencil image Chloé C. étudiante
Niveau :Avancé Etude suivie : Littérature Ecole, université : Université

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