Historiographie, Henri-Irénée Marrou. Décadence romaine ou antiquité tardive? Editions du Seuil. Point histoire. 1977
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publié le 15/05/2008
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Résumé
« Lantiquité tardive nest pas seulement lultime phase dun développement continu ; cest une autre antiquité, une autre civilisation, quil faut apprendre à reconnaître dans son originalité et à juger pour elle-même et non à travers les canons des âges antérieurs », ainsi sexprime henri-irénée marrou dans son ouvrage au titre éloquent décadence romaine ou antiquité tardive ? Sinspirant des historiens allemands, il définit lantiquité tardive en opposition avec la notion de décadence romaine, privilégiant lidée de continuité dans la rupture. Ainsi, lauteur fait apparaître lart comme lien essentiel entre lantiquité et le Moyen-Age. Par une succession dexemples, insistant notamment sur la religion, il démontre lamalgame réalisé entre les peuples germaniques et la société gréco-romaine aboutissant à la civilisation chrétienne du Moyen-Age. Parmi les multiples legs de lantiquité figure lévolution du costume qui développa la notion de pudeur se perpétuant du Moyen-Age jusquà nos jours. La pratique des jeux, typiquement romaine, sest poursuivie sous une forme différente au sein de lEmpire romain dOrient, passion des jeux et pouvoir politique étant désormais liés. Le christianisme saffirme comme le lien principal et intemporel entre deux époques. Lhomme du Moyen-Age, issu de lantiquité et du Bas-Empire, se pense avant tout comme un homme religieux. Par conséquent, lart païen évolue vers un art au service de la religion chrétienne avec pour mission dillustrer la Bible. En outre, les fondements mêmes de la société et de la culture simprègnent de la pensée religieuse établissant un peuple chrétien. Sous certaines formes résistent encore des îlots de paganisme ; la doctrine religieuse se fixe peu à peu par écrit développant ainsi de fait la notion de science sacrée. Les crises doctrinales jalonnant le christianisme et l'apparition de la théologie mettent en exergue la question primordiale du rapport entre l'homme et Dieu. Aux mythes intemporels les religions écrites opposent la vérité de leur histoire perçue par, et avec les interventions divines. D'où un réalisme des représentations dans l'iconographie chrétienne antique. La tradition de ne pas représenter Dieu se poursuivant au Moyen-Age, on assiste à la mise en place de nombreux symboles. Les hommes de lantiquité tardive perçoivent lexistence dun autre univers en quelque sorte surréel ce qui explique la popularité des sciences occultes, facilitée par la baisse du rationalisme et qui satisfont, en outre, les besoins des hommes de façon immédiate. Le judaïsme et le christianisme sefforcent de lutter contre ces sciences. Contrairement au culte des dieux de la cité antique, le christianisme se définit comme une religion à mystères, cest-à-dire que le culte est réservé à une communauté de croyants où seul importe lintérieur. L'auteur met en avant les difficultés premières du christianisme qui évolue ensuite en une religion de masse entraînant l'édification de nombreux édifices. La chrétienté reprit alors le modèle le mieux adapté dans l'architecture romaine aboutissant ainsi aux basiliques chrétiennes. Pour les hommes de lantiquité tardive, la notion davenir est liée à une idée de déclin inévitable. Le triomphe du christianisme entraînant vitalité et création, elle s'estompe par la conscience dune continuité sans rupture avec le passé. Le monde romain ne disparaît pas totalement, il laisse place au monde byzantin, mélange des cultures et traditions occidentales et orientales. Un art nouveau émerge où l'idée lemporte sur la forme, où est suggéré le mystère de la foi. L'orient survit, l'autorité en occident s'écroule.
Sommaire
- Rédaction d'une synthèse du livre
- Présentation de la problématique
- Les apports historiographiques du livre
