L'homosexualité dans le cinéma français
Date de publication :
04/04/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
21 pages
Sommaire :
Sommaire
- Note d'intention introductive
- Les différentes représentations des homosexuels dans le cinéma français depuis les années 1980, entre rupture et continuité
- Evolution des différentes facettes de l'imagerie collective et/ou des stéréotypes concernant l'homosexualité et les personnages homosexuels au cinéma
- Bibliographie et filmographie
Résumé :
C'est un lieu commun que d'affirmer que le cinéma constitue un miroir de nos sociétés, mais on occulte souvent le fait qu'il contribue également à la construction de l'identité et des rapports sociaux de sexe. Les films fonctionnent comme un processus d'influence subliminale qui forge les perceptions collectives inconscientes notamment vis-à-vis des homosexuels. Cela concerne aussi bien l'image qu'ont les hétérosexuels des homosexuels que celle que possèdent ces derniers d'eux-mêmes.
Selon le documentaire The Celluloid closet (Epstein et Friedman, 2003) : « De rares images fuyantes [i.e. de l'homosexualité], mais inoubliables et qui ont laissé une marque indélébile. C'est Hollywood, ce grand créateur de mythes, qui a enseigné aux hétérosexuels ce qu'ils devaient penser de l'homosexualité et aux gais et lesbiennes ce qu'ils devaient penser d'eux-mêmes », notamment par un phénomène de transfert mimétique et la satisfaction d'un besoin de reconnaissance et d'appartenance. On pourrait donc considérer les films comme l'expression virtuelle de ce que certains ethnologues appellent « la maison des hommes », c'est-à-dire les lieux où les plus âgés initient les jeunes au « savoir être homme » et au code de conduite adéquat. C'est le moment où le garçon quitte la sphère des femmes et entre dans celle de l'homosociabilité . Celle-ci se traduit par des rites de passage, telles que des activités collectives (regarder des films pornographiques, d'horreur...) où il s'agit d'être au moins à la hauteur de ses homologues et prouver son courage en endurant la souffrance physique ou psychique impliquée par ce contexte de compétition permanente. Les plus jeunes intègrent par ce biais mimétique l'ensemble des attitudes et manières de pensée constituant leur « capital masculin », or la violence du processus de transmission que s'infligent les garçons eux-même se tourne dans un second temps vers ce dont ils veulent se distinguer : les femmes. Un basculement s'opère selon un principe suivant : « conjurer la peur en agressant l'autre, et jouir alors des bénéfices du pouvoir sur l'autre. » Les attributs supposés de la féminité (vulnérabilité, peur etc.) agissent comme un repoussoir pour les garçons et toute attitude de leur part assimilable à celle-ci est fortement stigmatisée par le groupe. Ce rejet correspond parfaitement à une partie de la définition que donne Daniel Welzer-Lang de l'homophobie, qui est selon lui « la discrimination envers les personnes qui montrent, ou à qui l'on prête, certaines qualités (ou défauts) attribuées à l'autre genre ».
Au-delà des attributs extérieurs auxquels s'attache l'homophobie, celle-ci constitue une «peur de l'homme chez l'homme », c'est-à-dire de l'altérité qui est en lui (« sa part de féminité » selon l'expression consacrée) aussi bien que de la similitude qu'il trouve chez une personne du sexe opposé (rejet des lesbiennes « butch ») ou encore des attributs qu'il n'apprécie que s'ils émanent du sexe auquel ils sont conventionnellement rattachés (qualités féminines uniquement chez les femmes). Ce dernier aspect tend à montrer que l'homophobie est intrinsèquement liée au sexisme et que paradoxalement être homosexuel n'empêche pas le sexisme comme nous le verrons dans l'avant-dernière partie. L'homosexualité bouleverse les rapports sociaux inter-genres (entre hommes, entre femmes) et extra-genres (entre hommes et femmes) en ajoutant au découpage biologique du genre celui de la préférence sexuelle (d'homme hétérosexuel à homme homosexuel, femme hétérosexuelle et femme homosexuelle, à plusieurs etc.)
Selon le documentaire The Celluloid closet (Epstein et Friedman, 2003) : « De rares images fuyantes [i.e. de l'homosexualité], mais inoubliables et qui ont laissé une marque indélébile. C'est Hollywood, ce grand créateur de mythes, qui a enseigné aux hétérosexuels ce qu'ils devaient penser de l'homosexualité et aux gais et lesbiennes ce qu'ils devaient penser d'eux-mêmes », notamment par un phénomène de transfert mimétique et la satisfaction d'un besoin de reconnaissance et d'appartenance. On pourrait donc considérer les films comme l'expression virtuelle de ce que certains ethnologues appellent « la maison des hommes », c'est-à-dire les lieux où les plus âgés initient les jeunes au « savoir être homme » et au code de conduite adéquat. C'est le moment où le garçon quitte la sphère des femmes et entre dans celle de l'homosociabilité . Celle-ci se traduit par des rites de passage, telles que des activités collectives (regarder des films pornographiques, d'horreur...) où il s'agit d'être au moins à la hauteur de ses homologues et prouver son courage en endurant la souffrance physique ou psychique impliquée par ce contexte de compétition permanente. Les plus jeunes intègrent par ce biais mimétique l'ensemble des attitudes et manières de pensée constituant leur « capital masculin », or la violence du processus de transmission que s'infligent les garçons eux-même se tourne dans un second temps vers ce dont ils veulent se distinguer : les femmes. Un basculement s'opère selon un principe suivant : « conjurer la peur en agressant l'autre, et jouir alors des bénéfices du pouvoir sur l'autre. » Les attributs supposés de la féminité (vulnérabilité, peur etc.) agissent comme un repoussoir pour les garçons et toute attitude de leur part assimilable à celle-ci est fortement stigmatisée par le groupe. Ce rejet correspond parfaitement à une partie de la définition que donne Daniel Welzer-Lang de l'homophobie, qui est selon lui « la discrimination envers les personnes qui montrent, ou à qui l'on prête, certaines qualités (ou défauts) attribuées à l'autre genre ».
Au-delà des attributs extérieurs auxquels s'attache l'homophobie, celle-ci constitue une «peur de l'homme chez l'homme », c'est-à-dire de l'altérité qui est en lui (« sa part de féminité » selon l'expression consacrée) aussi bien que de la similitude qu'il trouve chez une personne du sexe opposé (rejet des lesbiennes « butch ») ou encore des attributs qu'il n'apprécie que s'ils émanent du sexe auquel ils sont conventionnellement rattachés (qualités féminines uniquement chez les femmes). Ce dernier aspect tend à montrer que l'homophobie est intrinsèquement liée au sexisme et que paradoxalement être homosexuel n'empêche pas le sexisme comme nous le verrons dans l'avant-dernière partie. L'homosexualité bouleverse les rapports sociaux inter-genres (entre hommes, entre femmes) et extra-genres (entre hommes et femmes) en ajoutant au découpage biologique du genre celui de la préférence sexuelle (d'homme hétérosexuel à homme homosexuel, femme hétérosexuelle et femme homosexuelle, à plusieurs etc.)
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