L'indépendance du juge judiciaire
Date de publication :
23/04/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
133 pages
Sommaire :
Sommaire
- L'indépendance du juge judiciaire, un principe constitutionnellement affirmé, intrinsèquement limité
- Un principe affirmé puis renforcé
- Une indépendance inachevée
- Une indépendance face à de nouvelles épreuves
- Le trio « infernal » : politique, justice, média
- Les conditions d'exercice du métier
Résumé :
Pourtant, le 22 juillet 1980, le Conseil Constitutionnel affirmait dans sa décision « Validation d'actes administratifs » « qu'il n'appartient ni au législateur ni au gouvernement de censurer les décisions des juridictions, d'adresser à celles -ci des injonctions ou de se substituer à elles dans le jugement des litiges relevant de leur compétence ». L'indépendance du juge judiciaire bien qu'elle soit en apparence consacrée, n'est toujours pas une évidence. Si elle fait l'unanimité, sa mise en place et ses dispositions activent néanmoins les polémiques.
Que ce soit dans les journaux télévisés, dans la presse quotidienne ou spécialisée, le juge judiciaire est au centre de tout, personne ne peut passer outre. Tous les conflits lui reviennent « de droit », qu'ils soient institutionnels, sociaux, éthiques, moraux... Tout autant qu'il puisse être important, le juge judiciaire est également craint. Il effraie par son autorité, sa puissance. Qui sont les effrayés ? Pourquoi le sont-ils ? Le justiciable ordinaire n'est pas le plus peureux. Ne connaissant pas le droit, il s'autolimite dans ses actes. En effet, les plus suspicieux à l'égard d'un éventuel pouvoir du juge sont ceux qui font ce qu'ils savent interdit, et qu'en plus on osera aujourd'hui leur reprocher. A l'heure actuelle, les magistrats ne sont plus réfractaires à inculper un homme politique, où un chef d'entreprise. Il en va ici d'une double logique. Le « gouvernement des juges » tant redouté est limité de toute part par une législation de plus en plus précise, de plus en plus vaste. D'autre part, la crise démocratique et la considération négative des citoyens envers leurs représentants élus place les magistrats au coeur même du pouvoir.
Les suspicions à leur égard sont telles qu'elles nous invitent aujourd'hui à réfléchir sur les conséquences de l'affirmation d'un véritable pouvoir judiciaire. Des questions s'imposent : Existe-t-il aujourd'hui un réel pouvoir judiciaire, ou simplement une autorité supérieure qui ne pourra jamais vraiment se délivrer de l'emprise des autres pouvoirs ? Les équilibres de l'Etat se recomposeraient-ils ? L'indépendance du juge judiciaire est-il un mythe ou une réalité ?
Voici autant d'interrogations sur lesquelles il faut se pencher. Nous l'avons dit, l'indépendance du juge judiciaire est un principe affirmé. La consécration et le renforcement du principe de séparation des pouvoirs ainsi que la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature en sont les clefs. Cependant, l'échec de la réforme Guigou de 1996, ainsi que certains blocages tels que la formation des magistrats ou encore les difficultés liées à l'éthique du corps montrent bien son inachèvement. Tel sera l'objet de notre première partie.
On ne peut pas parler d'indépendance du juge de manière absolue. L'évolution de la société faisant, il faut confronter ce principe et cette garantie d'Etat de droit aux changements auxquels il fait face malgré lui. Les conditions même d'exercice du métier, les protestations à l'égard de sa responsabilité ainsi que les indices d'une collaboration médiatique et politique s'apparentent à de nouvelles épreuves que le juge judiciaire se doit de surmonter. Nous nous y intéresserons donc dans notre seconde partie
Que ce soit dans les journaux télévisés, dans la presse quotidienne ou spécialisée, le juge judiciaire est au centre de tout, personne ne peut passer outre. Tous les conflits lui reviennent « de droit », qu'ils soient institutionnels, sociaux, éthiques, moraux... Tout autant qu'il puisse être important, le juge judiciaire est également craint. Il effraie par son autorité, sa puissance. Qui sont les effrayés ? Pourquoi le sont-ils ? Le justiciable ordinaire n'est pas le plus peureux. Ne connaissant pas le droit, il s'autolimite dans ses actes. En effet, les plus suspicieux à l'égard d'un éventuel pouvoir du juge sont ceux qui font ce qu'ils savent interdit, et qu'en plus on osera aujourd'hui leur reprocher. A l'heure actuelle, les magistrats ne sont plus réfractaires à inculper un homme politique, où un chef d'entreprise. Il en va ici d'une double logique. Le « gouvernement des juges » tant redouté est limité de toute part par une législation de plus en plus précise, de plus en plus vaste. D'autre part, la crise démocratique et la considération négative des citoyens envers leurs représentants élus place les magistrats au coeur même du pouvoir.
Les suspicions à leur égard sont telles qu'elles nous invitent aujourd'hui à réfléchir sur les conséquences de l'affirmation d'un véritable pouvoir judiciaire. Des questions s'imposent : Existe-t-il aujourd'hui un réel pouvoir judiciaire, ou simplement une autorité supérieure qui ne pourra jamais vraiment se délivrer de l'emprise des autres pouvoirs ? Les équilibres de l'Etat se recomposeraient-ils ? L'indépendance du juge judiciaire est-il un mythe ou une réalité ?
Voici autant d'interrogations sur lesquelles il faut se pencher. Nous l'avons dit, l'indépendance du juge judiciaire est un principe affirmé. La consécration et le renforcement du principe de séparation des pouvoirs ainsi que la réforme du Conseil Supérieur de la Magistrature en sont les clefs. Cependant, l'échec de la réforme Guigou de 1996, ainsi que certains blocages tels que la formation des magistrats ou encore les difficultés liées à l'éthique du corps montrent bien son inachèvement. Tel sera l'objet de notre première partie.
On ne peut pas parler d'indépendance du juge de manière absolue. L'évolution de la société faisant, il faut confronter ce principe et cette garantie d'Etat de droit aux changements auxquels il fait face malgré lui. Les conditions même d'exercice du métier, les protestations à l'égard de sa responsabilité ainsi que les indices d'une collaboration médiatique et politique s'apparentent à de nouvelles épreuves que le juge judiciaire se doit de surmonter. Nous nous y intéresserons donc dans notre seconde partie
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