"India Song", Marguerite Duras
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exposé
publié le 25/06/2007
avis client : non évalué
niveau : avancé
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Résumé
Le cinéma occupe une place de choix dans luvre de la romancière marguerite duras. Tout dabord, le cinéma est un thème récurrent de son uvre ; on peut, à cet égard citer Un Barrage contre le Pacifique, adapté pour le théâtre sous le titre Eden Cinéma mais aussi au cinéma par René Clément en 1957. Ces deux titres montrent la diversité artistique de lécrivain, qui ne se définissait justement que comme « un écrivain qui fait du cinéma » . Mais le cinéma nest pas uniquement un motif de luvre durassienne, lécrivain en subit également les adaptations décevantes. Cest véritablement le « dégoût des films quon faisait à partir de ses livres » qui semble amener marguerite duras a réaliser ses propres films, alors même quelle participe déjà dune étroite collaboration entres les deux arts en écrivant des scénarios pour des réalisateurs. On peut citer les scénarios de deux courts métrages : Nuit noire, Calcutta (Karmitz) et Les Rideaux blancs (Franju), mais aussi la création des dialogues de La Voleuse (Chapot), des scénarios d Une Aussi Longue Absence (Colpi) et dHiroshima mon amour (A. Resnais) qui est un succès. La collaboration avec Alain Resnais en 1959 peut apparaître comme un véritable catalyseur de luvre cinématographique de duras. En effet, elle reprendra certains de ses procédés comme le montage sans raccord, lutilisation de la voix off avec une diction artificielle, le tout dans une bande-son extrêmement soignée. En 1966, marguerite duras réalise son premier film La Musica, puis en 1966, un commentaire cinématographique de son uvre Détruire dit-elle (1969), avant de connaître un relatif succès avec Nathalie Granger (1972).
En 1973, marguerite duras réalise La Femme du Gange. Ce film sinscrit dans le cycle des Indes (avec Le Ravissement de Lol. V. Stein (1964), Le Vice-consul (1965), LAmour (1971). Pour la première fois, les voix off sont utilisées de manière systématique et permettent une narration évasive et une impression dabsence et dirréalité de la diégèse. Tourné en juillet 1974, india song sort en 1975, trois ans après La Femme du Gange. « Si La Femme du Gange navait pas été écrit, india song ne laurait pas été » écrit marguerite duras. Effectivement, india song sinspire autant du cycle romanesque des Indes (surtout du Vice-Consul) que des procédés cinématographiques découverts pour La Femme du Gange. Le résumé de luvre a été donné par marguerite duras elle-même : pendant la mousson en 1937, lors dune réception à lambassade française de Calcutta, la femme de lambassadeur, Anne Marie Stretter, danse avec Michael Richardson, son amant, ainsi quavec le vice-consul qui est amoureux delle. Le vice consul, tout comme la mendiante dont les cris rappellent lhorreur de lInde, est exclu du cercle des invités, car il est révoqué pour avoir tiré sur des lépreux. Après lavoir observée avec son amant « le vice-consul maudit criera son amour à Anne-Marie Stretter. ». Après la réception, celle ci ira aux îles et commettra ce quon peut imaginer être un suicide. De plus, des voix, qui ont-elles aussi une histoire, parlent entre elles de cette histoire damour et dAnne-Marie Stretter, morte aux Indes. « Lhistoire de cet amour, les VOIX lont sue, ou lue, il y a longtemps. Certaines sen souviennent mieux que dautres. Mais aucune ne sen souvient tout à fait et aucune, non plus, ne la tout à fait oubliée. » Le thème de la mémoire est ainsi engagé aux côtés de celui de lamour et de lhorreur.
india song est dabord écrit comme une pièce de théâtre, il devient une création radiophonique avant dêtre publié en 1973 avec la mention « Texte, théâtre, film » qui montre bien le caractère polymorphe de luvre. india song nest ni un texte, ni une pièce, ni un film : il participe de tous ces genres en les niant tous. Le film reçoit en 1975 le Prix de lAssociation française des cinémas dart et dessai, on le considère donc comme expérimental. On peut en effet se demander si duras, avec son dégoût affiché pour le cinéma, tente de déconstruire un certain cinéma pour reconstruire un imaginaire durassien, un univers plus personnel de la mémoire et de loubli, dont la destruction essentielle ne serait plus fixe mais possible à linfini. Nous étudierons donc dans un premier temps comment la réalisatrice met à distance le spectateur, avant de voir en quoi elle reconstruit un imaginaire personnel du spectateur qui participe activement.
En 1973, marguerite duras réalise La Femme du Gange. Ce film sinscrit dans le cycle des Indes (avec Le Ravissement de Lol. V. Stein (1964), Le Vice-consul (1965), LAmour (1971). Pour la première fois, les voix off sont utilisées de manière systématique et permettent une narration évasive et une impression dabsence et dirréalité de la diégèse. Tourné en juillet 1974, india song sort en 1975, trois ans après La Femme du Gange. « Si La Femme du Gange navait pas été écrit, india song ne laurait pas été » écrit marguerite duras. Effectivement, india song sinspire autant du cycle romanesque des Indes (surtout du Vice-Consul) que des procédés cinématographiques découverts pour La Femme du Gange. Le résumé de luvre a été donné par marguerite duras elle-même : pendant la mousson en 1937, lors dune réception à lambassade française de Calcutta, la femme de lambassadeur, Anne Marie Stretter, danse avec Michael Richardson, son amant, ainsi quavec le vice-consul qui est amoureux delle. Le vice consul, tout comme la mendiante dont les cris rappellent lhorreur de lInde, est exclu du cercle des invités, car il est révoqué pour avoir tiré sur des lépreux. Après lavoir observée avec son amant « le vice-consul maudit criera son amour à Anne-Marie Stretter. ». Après la réception, celle ci ira aux îles et commettra ce quon peut imaginer être un suicide. De plus, des voix, qui ont-elles aussi une histoire, parlent entre elles de cette histoire damour et dAnne-Marie Stretter, morte aux Indes. « Lhistoire de cet amour, les VOIX lont sue, ou lue, il y a longtemps. Certaines sen souviennent mieux que dautres. Mais aucune ne sen souvient tout à fait et aucune, non plus, ne la tout à fait oubliée. » Le thème de la mémoire est ainsi engagé aux côtés de celui de lamour et de lhorreur.
india song est dabord écrit comme une pièce de théâtre, il devient une création radiophonique avant dêtre publié en 1973 avec la mention « Texte, théâtre, film » qui montre bien le caractère polymorphe de luvre. india song nest ni un texte, ni une pièce, ni un film : il participe de tous ces genres en les niant tous. Le film reçoit en 1975 le Prix de lAssociation française des cinémas dart et dessai, on le considère donc comme expérimental. On peut en effet se demander si duras, avec son dégoût affiché pour le cinéma, tente de déconstruire un certain cinéma pour reconstruire un imaginaire durassien, un univers plus personnel de la mémoire et de loubli, dont la destruction essentielle ne serait plus fixe mais possible à linfini. Nous étudierons donc dans un premier temps comment la réalisatrice met à distance le spectateur, avant de voir en quoi elle reconstruit un imaginaire personnel du spectateur qui participe activement.
Sommaire
- Mise à distance du spectateur
- Voix et personnages
- Lieux et temporalité
- Mise en scène
- La mise en uvre de l'imaginaire
- Une utilisation novatrice de la bande-son
- Mémoire et oubli
- L'Histoire
