Lindicible sécrit-il ? Fiche Technique Théorie : Le Livre Interdit, Jean Christophe Abramovici
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fiche de lecture
publié le 23/06/2006
avis client : 
niveau : grand public
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Résumé
Le livre proposé à létude dans cette fiche est le livre interdit de jean-christophe abramovici, paru en 1996 (époque de la banalisation de la monstration en tous genres : sexe, violence
). Lauteur est Professeur à luniversité François-Rabelais de Tour. Il se penche ici sur la question lobscénité depuis Théophile de Viau jusquà Sade, thème de lobscénité dans la littérature que lauteur connaît bien comme en témoigne ses ouvrages sur la question (Obscénité et Classicisme aux PUF, ainsi que des préfaces de livres érotiques). Dans cet ouvrage, lauteur se propose de présenter une anthologie de textes ayant rapport avec les livres « infâmes » ou obscènes. Ces textes sont des explications, des éclaircissements, et des dénonciations sur le thème de lobscénité afin de faire comprendre les raisons dun combat contre lobscénité dans la littérature, les abus de ces combats et aussi linefficacité relative de ce combat.
De manière plus précise, il convient de dire que J-C abramovici sintéresse à la place de la littérature clandestine (c'est-à-dire obscène et qui peut porter atteinte aux murs par la corruption) dans lHistoire (ici de 1600 à 1800 environ). Cette thématique qui peut paraître obsolète (en effet, il est bien rare que lon soffusque de livres obscènes aujourd'hui) a néanmoins un grande valeur dactualité dans nos sociétés, je mexplique : aujourd'hui encore, on constate un malaise, une gêne face à lobscénité, quelle quelle soit. Lobscénité relève et a relevé dans lhistoire du domaine de lindicible, de linnommable. En effet lobscénité est considérée comme un danger imminent, lennemi numéro un de lintégrité des murs. Néanmoins malgré lévolution des sociétés, il étonnant de voir que la littérature infâme était toujours jugée en 1957 avec des principes des XVII et XVIII siècles, à savoir la censure. Cette censure qui semble aujourd'hui appartenir au passé (mais elle est toujours en application dans les régimes dictatoriaux : Versets Sataniques de Salman Rushdie) est cependant présente dans un domaine intellectuel. On peut ainsi dire que les juridictions ont changé mais pas vraiment les modes de pensées. Lauteur prend pour exemple le manque de clarté dans le nouveau code pénal entre violence, pornographie et « atteinte à la dignité humaine », cest aujourd'hui encore le temps des amalgames et cest précisément ce que dénonce J-C abramovici. Une des preuves les évidentes de lamalgame est sans doute labsence de nuance concernant le mot « obscénité » même.
Quest ce que lobscénité ? Une question difficilement résoluble quon a tenté par le passé de compenser par des systèmes de classement (qui se sont révélés inefficaces et fallacieux) mais aussi par un certain « laxisme sémantique ». Pour exemple, le mot obscénité, selon Jacques Braudillard, est plurivoque : il peut désigner les tabous liés à la sexualité mais aussi la culture moderne de la monstration et donc relever plus du caractère de lindécence (cest lexemple de la Shoah). Il y a toujours eu une volonté de trouver une borne de lacceptable pour lobscénité (on peut penser au tableau de Courbet, lOrigine du Monde), allant de la plus pure intolérance (censure et autodafé) à une tolérance mal assumée (les livres érotiques ne sont jamais mis en valeur dans les vitrines) en passant par lacceptation de lobscénité mais une cachée et étouffée (Les Enfers de la Bibliothèque Nationale).
Lauteur montre aussi par son travail pourquoi lobscénité gêne et est considérée comme corruptrice. Ce thème est une problématique essentielle du livre qui est fournie non par les explications de lauteur mais par le plaidoyer des opposants à linfâme. On parle du pouvoir de linfâme, sa potentielle influence sur la société, doù lui vient cette puissance qui choque les âmes puritaines ? Cest ce que J-C abramovici veut aussi montrer en exposant les thèses des opposants. Ainsi « Le livre infâme tient moins à lobjet dont il tente de rendre compte quaux effets et raisonnements quils convoquent ». Tel est la puissance de lobscénité tant redoutée par les puristes. Cest la subjectivité du lecteur qui est la cible de obscénité et qui est susceptible dêtre pervertie. Lobscénité est le malaise dun spectateur devant la faillite dun sens et la perte de ses propres repères. Hier ce fut la sexualité qui fut mise en cause, aujourd'hui les abominations de notre Histoire (exemple du procès de Heinrich traité par Arendt).
Quelle est la place et comment a survécu le livre interdit par delà plusieurs décennies en assumant son caractère obscène et immoral ? Comment la littérature a-t-elle permis lindicible ?
De manière plus précise, il convient de dire que J-C abramovici sintéresse à la place de la littérature clandestine (c'est-à-dire obscène et qui peut porter atteinte aux murs par la corruption) dans lHistoire (ici de 1600 à 1800 environ). Cette thématique qui peut paraître obsolète (en effet, il est bien rare que lon soffusque de livres obscènes aujourd'hui) a néanmoins un grande valeur dactualité dans nos sociétés, je mexplique : aujourd'hui encore, on constate un malaise, une gêne face à lobscénité, quelle quelle soit. Lobscénité relève et a relevé dans lhistoire du domaine de lindicible, de linnommable. En effet lobscénité est considérée comme un danger imminent, lennemi numéro un de lintégrité des murs. Néanmoins malgré lévolution des sociétés, il étonnant de voir que la littérature infâme était toujours jugée en 1957 avec des principes des XVII et XVIII siècles, à savoir la censure. Cette censure qui semble aujourd'hui appartenir au passé (mais elle est toujours en application dans les régimes dictatoriaux : Versets Sataniques de Salman Rushdie) est cependant présente dans un domaine intellectuel. On peut ainsi dire que les juridictions ont changé mais pas vraiment les modes de pensées. Lauteur prend pour exemple le manque de clarté dans le nouveau code pénal entre violence, pornographie et « atteinte à la dignité humaine », cest aujourd'hui encore le temps des amalgames et cest précisément ce que dénonce J-C abramovici. Une des preuves les évidentes de lamalgame est sans doute labsence de nuance concernant le mot « obscénité » même.
Quest ce que lobscénité ? Une question difficilement résoluble quon a tenté par le passé de compenser par des systèmes de classement (qui se sont révélés inefficaces et fallacieux) mais aussi par un certain « laxisme sémantique ». Pour exemple, le mot obscénité, selon Jacques Braudillard, est plurivoque : il peut désigner les tabous liés à la sexualité mais aussi la culture moderne de la monstration et donc relever plus du caractère de lindécence (cest lexemple de la Shoah). Il y a toujours eu une volonté de trouver une borne de lacceptable pour lobscénité (on peut penser au tableau de Courbet, lOrigine du Monde), allant de la plus pure intolérance (censure et autodafé) à une tolérance mal assumée (les livres érotiques ne sont jamais mis en valeur dans les vitrines) en passant par lacceptation de lobscénité mais une cachée et étouffée (Les Enfers de la Bibliothèque Nationale).
Lauteur montre aussi par son travail pourquoi lobscénité gêne et est considérée comme corruptrice. Ce thème est une problématique essentielle du livre qui est fournie non par les explications de lauteur mais par le plaidoyer des opposants à linfâme. On parle du pouvoir de linfâme, sa potentielle influence sur la société, doù lui vient cette puissance qui choque les âmes puritaines ? Cest ce que J-C abramovici veut aussi montrer en exposant les thèses des opposants. Ainsi « Le livre infâme tient moins à lobjet dont il tente de rendre compte quaux effets et raisonnements quils convoquent ». Tel est la puissance de lobscénité tant redoutée par les puristes. Cest la subjectivité du lecteur qui est la cible de obscénité et qui est susceptible dêtre pervertie. Lobscénité est le malaise dun spectateur devant la faillite dun sens et la perte de ses propres repères. Hier ce fut la sexualité qui fut mise en cause, aujourd'hui les abominations de notre Histoire (exemple du procès de Heinrich traité par Arendt).
Quelle est la place et comment a survécu le livre interdit par delà plusieurs décennies en assumant son caractère obscène et immoral ? Comment la littérature a-t-elle permis lindicible ?
Sommaire
- Le temps des procès
- Le temps des analyses
- Le temps des classements
- Le temps des amalgames
