L'infantilisation de la société française : analyse paradigmatique de la mainmise du pouvoir dÉtat sur les individus
Date de publication :
22/11/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
34 pages
Sommaire :
Sommaire
- De la minimisation des risques: socialisation et éducation
- L'incessante dichotomie « dominants-dominés », et ses perversions au niveau familial
- Ètat et individus : le développement d'une prise en charge
- De l'infantilisme de la société
- La société du contrôle
- La société mise en veille
Résumé :
Le pouvoir d'État détient grâce à son organisation de multiples moyens d'asseoir sa mainmise sur les individus (la violence, la loi, la constitution, la police, la surveillance...). Le paradigme d'une société infantilisée par l'État n'en est que l'un d'entre eux, et se particularise par l'immixtion du pouvoir jusque dans la sphère privée, dans la famille.
C'est pourquoi il sera indispensable d'aborder l'analyse par des considérations d'ordre sociologique, en se plongeant plus précisément au sein même de la sociologie domestique de la famille ; cette mise en abyme mettra en évidence le déséquilibre du rapport d'autorité, faisant de l'enfant un tyran. L'État et l'administration devraient être enclins à lutter contre ces dérives par l'éducation nationale. Or, il semble que l'improbable efficience de celle-ci emmène trop souvent l'État à y faire face par le biais de ses services judiciaires ou sociaux. Quoi qu'il advienne, la puissance publique fait converger ses différentes politiques publiques vers le seul objet répressif, comme si l'individu était entaché a priori d'immaturité. Le pouvoir étatisé se substitue à la puissance paternelle, pour le seul bien-être et l'épanouissement de ses sujets.
L'infantilisation de la société n'est perceptible qu'au travers de considérations d'ordre démographique. Elle présuppose la malléabilité de l'individu irresponsable, en proie aux folies d'une société détériorée et vieillissante. L'allongement de la durée de vie repoussera bientôt les limites de celle-ci à l'orée du centenaire, prolongeant ainsi dans son élan une adolescence qui se « tanguynise ». La majorité, censée émanciper l'enfant devenu adulte, n'a plus qu'une valeur juridique. Socialement, elle est anéantie au point de confondre parents et enfants. Or, ce sont bel et bien les parents (ces « grands enfants ») qui ont la lourde responsabilité citoyenne d'élire les dirigeants politiques. Une telle confusion, associée à la tenace volonté de rester jeune, conduit inévitablement l'individu à déserter les urnes.
Et le pire ennemi de la démocratie, ce n'est plus le totalitarisme, mais l'absentéisme.
Voilà sur quoi repose le véritable danger d'une infantilisation outrageante de la société. Voilà pourquoi s'exacerbe la société des loisirs. Voilà comment l'État assure le contrôle des individus.
Dans un système où la mort paralyse et aliène la Raison (vieillir nuit fatalement à la santé), une société exposée et fragile s'est manifestée, désireuse d'être soumise à un pouvoir impérieux. La société normative était née. L'hédonisme s'impose comme une échappatoire aux maux d'une nature humaine par essence mortelle qui s'offre à un État paternaliste chargé d'anéantir les risques pour un meilleur vivre-ensemble.
Afin d'asseoir sa mainmise sur les individus, sur la société civile, le pouvoir étatisé peut donc les infantiliser. Une réflexion bipartite corroborera cette assertion dans le but de la démontrer.
Dès lors, l'infantilisation passe d'une part par un processus de socialisation protectrice au sein de laquelle le risque doit absolument être minimisé (Partie I), et d'autre part par un processus de contrôle enfermant la société dans un carcan infantilisant (Partie II).
C'est pourquoi il sera indispensable d'aborder l'analyse par des considérations d'ordre sociologique, en se plongeant plus précisément au sein même de la sociologie domestique de la famille ; cette mise en abyme mettra en évidence le déséquilibre du rapport d'autorité, faisant de l'enfant un tyran. L'État et l'administration devraient être enclins à lutter contre ces dérives par l'éducation nationale. Or, il semble que l'improbable efficience de celle-ci emmène trop souvent l'État à y faire face par le biais de ses services judiciaires ou sociaux. Quoi qu'il advienne, la puissance publique fait converger ses différentes politiques publiques vers le seul objet répressif, comme si l'individu était entaché a priori d'immaturité. Le pouvoir étatisé se substitue à la puissance paternelle, pour le seul bien-être et l'épanouissement de ses sujets.
L'infantilisation de la société n'est perceptible qu'au travers de considérations d'ordre démographique. Elle présuppose la malléabilité de l'individu irresponsable, en proie aux folies d'une société détériorée et vieillissante. L'allongement de la durée de vie repoussera bientôt les limites de celle-ci à l'orée du centenaire, prolongeant ainsi dans son élan une adolescence qui se « tanguynise ». La majorité, censée émanciper l'enfant devenu adulte, n'a plus qu'une valeur juridique. Socialement, elle est anéantie au point de confondre parents et enfants. Or, ce sont bel et bien les parents (ces « grands enfants ») qui ont la lourde responsabilité citoyenne d'élire les dirigeants politiques. Une telle confusion, associée à la tenace volonté de rester jeune, conduit inévitablement l'individu à déserter les urnes.
Et le pire ennemi de la démocratie, ce n'est plus le totalitarisme, mais l'absentéisme.
Voilà sur quoi repose le véritable danger d'une infantilisation outrageante de la société. Voilà pourquoi s'exacerbe la société des loisirs. Voilà comment l'État assure le contrôle des individus.
Dans un système où la mort paralyse et aliène la Raison (vieillir nuit fatalement à la santé), une société exposée et fragile s'est manifestée, désireuse d'être soumise à un pouvoir impérieux. La société normative était née. L'hédonisme s'impose comme une échappatoire aux maux d'une nature humaine par essence mortelle qui s'offre à un État paternaliste chargé d'anéantir les risques pour un meilleur vivre-ensemble.
Afin d'asseoir sa mainmise sur les individus, sur la société civile, le pouvoir étatisé peut donc les infantiliser. Une réflexion bipartite corroborera cette assertion dans le but de la démontrer.
Dès lors, l'infantilisation passe d'une part par un processus de socialisation protectrice au sein de laquelle le risque doit absolument être minimisé (Partie I), et d'autre part par un processus de contrôle enfermant la société dans un carcan infantilisant (Partie II).
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