Linfluence du droit communautaire sur les rapports entre lEtat et les entreprises publiques nationales
- Une modification des relations Entreprise publique-Etat « suggérée » par le droit communautaire de la concurrence
- La vision communautaire de l'entreprise publique et son identification à l'entreprise privée
- La finalité communautaire de l'entreprise publique
- Une nouvelle conception des rapports Etat-Entreprise publique.
- Une généralisation de la contractualisation : une nécessaire adaptation des entreprises publiques nationales à l'évolution des marchés
- Une modification du rôle de l'Etat : d'un Etat propriétaire et entrepreneur à un Etat actionnaire et régulateur
Le droit communautaire influence incontestablement les rapports entre l'Etat et ses propres entreprises publiques. Au travers de l’application du droit de la concurrence communautaire qui assimile entreprise privée et entreprise publique tout en occultant les finalités propres de cette dernière, l'Etat doit dorénavant se comporter vis-à-vis de ses entreprises comme tout actionnaire privé. Cette modification de la conception de propriété étatique résultant d'une libéralisation de l'économie prônée par l'idéologie néo-libérale du droit communautaire est englobée dans un phénomène général de remise en cause de l'interventionnisme étatique au niveau planétaire.
[...] Certes, la directive communautaire du 25 juin 1980[22] imposait une clarification des comptes des entreprises publiques permettant une transparence des relations financières avec l'Etat. Cette évolution était souhaitable tant aux fins de respect du droit communautaire de la concurrence que de permettre aux entreprises publiques nationales de participer à des appels d'offre internationaux pour la privatisation d'entreprises publiques étrangères et des projets d'infrastructures importants en produisant des états financiers de qualité.[23] Tout au contraire, le droit communautaire influe sur le régime applicable aux entreprises publiques agissant tant sur le secteur concurrentiel qu'exerçant une mission de service public. [...]
[...] Prônée dès 1967 au travers du rapport Nora[35], cette contractualisation de la tutelle de l'Etat a débouché respectivement sur les contrats de programme permettant de définir à l'avance les objectifs à atteindre pour une période pluriannuelle[36], ainsi que sur les contrats d'entreprise qui avaient pour ambition de contribuer à l'assainissement financier des entreprises publiques[37]. La loi du 29 juillet 1982[38] vient substituer à ces deux types de contrat, les contrats de plan. La relation pré-contractuelle de ce type de contrat consiste pour l'Etat à exprimer ses objectifs, pour l'entreprise de fournir son plan de stratégie pluriannuel[39]. Par opposition, apparaissent des contrats d'objectifs s'opposant aux contrats de plan par l'absence de volonté de l'Etat de se servir de ses entreprises comme instrument de la politique de planification économique de l'Etat. [...]
[...] dr. eur p BRACQ S., Droit communautaire matériel et qualification juridique : le financement des obligations de service public au cœur de la tourmente, RTD eur p CHEVALLIER J., La gouvernance, un nouveau paradigme étatique RF adm. publ 105/106, p. 203. [...]
[...] Auby, Dalloz p Rapport du groupe de travail L'Etat actionnaire et le gouvernement des entreprises publiques animé par René Barbier de la Serre, David J.-H, Joly A. et Rouvillois Ph février 2003, Ministère de l’économie, des finances et de l’industrie, Imprimerie nationale Paris, p L'Agence des participations de l'Etat créée en 2004 par le décret 2004-963 du 9 septembre 2004 (JORF 211 du 10 septembre 2004, p. 15929) est placée sous l'autorité du ministre chargé de l'économie et des finances et rattachée au directeur du trésor. [...]
[...] Or, cette conception omet de prendre en compte les finalités de l'entreprise publique. Leur dimension instrumentale, le fait qu’elles puissent être utilisées à des fins économiques ou sociales, industrielles ou régionales, sont entièrement occultés. La finalité communautaire de l'entreprise publique L'entreprise publique constitue indéniablement un outil permettant à l'Etat d'intervenir directement dans l'économie à des fins autres que purement lucratives. Le droit communautaire n'ignore pas pour autant la finalité de mise en œuvre d'une mission d'intérêt général octroyée à certaines entreprises publiques. [...]
L'entreprise publique à l'épreuve du droit communautaire
«L’entreprise publique, une entité non condamnée, mais remise en cause par le droit communautaire. Vers une volonté de transparence appliquée aux entreprises publiques. L’Union européenne, promotrice des règles du marché, sans pour autant imposer aux Etats membres la privatisation de...»
«Nous sommes depuis quelques dizaines d'années dans un monde où priment le principe de libre concurrence et la doctrine libérale. Ces notions sont mises en avant à l'intérieur même de l'Union européenne, avec le traité TCE, qui, par le biais de son article 86, soumet les entreprises publiques aux...»
L'impact du Droit communautaire sur les services publics
«Une réelle remise en cause du service public par le Droit communautaire. L’essence même du service public : une origine « à la française » issue de la puissance publique et des impératifs sociaux, face aux exigences de marché du modèle Européen. La déréglementation imposant la réorganisation...»
«Selon le professeur René Chapus « les traités européens ignorent la notion de service public et ne font qu'une place congrue aux idées voisines ». Pour étayer son raisonnement, il cite le rapport de 1994 du Conseil d'Etat : le droit français étant « désormais voué à s'élaborer, dans une très large...»
Les abus de positions dominantes en droit de la concurrence
«La domination. L’abus de position dominante.»
«L'article de référence est l'article 102 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne (TFUE) (ex article 82) selon lequel l'abus « est incompatible avec le marché commun et interdit dans la mesure où le commerce entre état membre est susceptible d'en être affecté, le fait pour une ou...»
Les aides d'état et la commission européenne
«Le rôle central de la commission quand au regime applicable aux aides d'Etat.. La commission et l'application du principe d'incompatibilité des aides d'Etat.. Le pouvoir discrétionnaire de la commission quant aux dérogations.. Le rôle central de la commission quant à la procédure de contrôle.. Les...»
«Selon les termes même de la Commission européenne, « un marché intérieur concurrentiel et ouvert offre la meilleure garantie de voir les entreprises européennes renforcer leur efficacité et leur potentiel d'innovation. (La libre concurrence) est un élément clé de la croissance, de la productivité...»
