L’institution de la citoyenneté en Amérique latine et le statut des populations indiennes au Guatemala

Date de publication :

15/11/2006

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

8 pages

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expert

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Sommaire :

 
 

Sommaire L’institution de la citoyenneté en Amérique latine et le statut des populations indiennes au Guatemala Sommaire

 
  1. L'indien, exclu du projet de construction national
  2. Les mouvements indigènes luttent pour la reconnaissance de droits spécifiques
  3. Les enjeux d'une citoyenneté multiculturelle

Résumé :

Au guatemala, la guerre civile (1962-1996) a été la plus longue et la plus meurtrière des guerres centraméricaines et pour la population civile, l'une des plus désastreuses de toutes celles que l'amérique latine a connu au cours des dernières décennies. Le conflit a pris au début des années 1980 un virage dramatique : destruction de plus de 400 villages, massacres de populations civiles perpétrés par l'armée et les groupes paramilitaires, déplacement de personnes, principalement vers le Mexique. Le processus de paix, long et chaotique, a toutefois abouti à la conclusion d'un accord définitif le 29 décembre 1996.
Le guatemala est le pays le plus indien d'amérique et le seul pays d'amérique centrale dont la population soit majoritairement indienne (60,3%). Les Indiens (appelés indigenas ou naturales) exercent généralement des professions peu valorisées bien qu'une minorité d'entre eux ait pu accéder à des emplois dans l'administration, l'enseignement sans renoncer à leur indianité. Mais quel que soit le secteur d'activité, ils demeurent exclus des sphères dirigeantes. On recense au guatemala une vingtaine de langues mayas. Ces groupes ethno-linguistiques sont disséminés à travers le pays.
Notre travail questionne - plus qu'il ne répond - l'institution de la citoyenneté en amérique latine et le statut des populations indiennes au guatemala. Nous prendrons comme point de départ, le modèle élaboré par Marshall. Dans sa conférence (1949) intitulée «Citizenship and social class», la citoyenneté est conçue comme un «statut octroyé à tous ceux qui sont membres à part entière de la communauté. Tous ceux qui possèdent ce statut sont égaux du point de vue des droits et des devoirs que le statut accorde» . Marshall met en lumière la complexité de la notion de citoyenneté, qui loin d'être unitaire, comporte trois dimensions juridico-institutionnelles (civile, politique et sociale), dimensions, «dictées par l'histoire davantage que par la logique». La citoyenneté est née et s'est développée durant des siècles, avec l'établissement des droits civils fondamentaux au XVIIIe siècle, l'expansion des droits politiques au XIXe siècle et finalement le développement des droits sociaux et économiques dans le contexte de l'Etat providence du XXe siècle. Cependant, par une relecture critique qui s'appuie sur les spécificités propres aux sociétés latino-américaines, nous observons une différence dans l'agencement chronologique du processus de construction de la citoyenneté par rapport à ce qui s'est produit en Europe. Contrairement à ce qui s'est passé en Occident, les droits sociaux ont vu le jour avant les droits politiques. Le développement de la citoyenneté en amérique latine ne suit ce modèle, d'autant plus que la reconnaissance de la dimension politique de la citoyenneté par les instances étatiques est elle-même questionnée par l'apparition dans l'espace publique de mouvements indiens. De tels mouvements contestent les approches libérales et républicaines classiques, où les droits sont basés sur l'individu. Ainsi, il est possible de se demander si la reconnaissance politique de droits collectifs pour les populations indiennes peut induire de nouvelles formes de citoyenneté. Dans un premier temps nous nous pencherons sur l'héritage historique afin de mieux appréhender, dans un second temps, les stratégies des mouvements indiens. Enfin, il semble nécessaire de s'interroger sur les enjeux de la reconnaissance de la pluralité culturelle.

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A propos de l'auteur :

pencil image Jean-François M. Etudiant
Niveau :Expert Etude suivie : Sciences politiques Ecole, université : EHESS

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