Jacques Dupin: écriture de lécart
Date de publication :
25/07/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
48 pages
Sommaire :
Sommaire
- Écart et référence poétique
- Le présent radical de l'écriture
- Les brèches référentielles
- Référence poétique et désir
- Configurations du poème
- L'écart, ou la matière en travail
- Écart et métaphore
- L'événement figural
- L'énergie disloquante du poème
- Ériger la destruction en méthode
- Refonder la possibilité du dire
- Ouverture vers le « sans visage »
Résumé :
La poésie française trouve bien difficilement ses lecteurs aujourd'hui. On la dit souvent en « crise », une crise de l'illisibilité qui aurait pour cause une absence systématique de rapport au réel, un hermétisme qui lui serait d'ailleurs consubstantiel, comme tendent à vouloir le démontrer les théories formalistes et structuralistes. Étrangement pourtant le souci du réel - l'interrogation consciente et constante des liens que le poème peut et doit tisser avec lui - n'a jamais été si anxieusement central que dans les poétiques du dernier demi-siècle.
Depuis qu'ont reflué les « ultimes fleurs harassées du surréalisme » se sont élaborées des poétiques qui d'une manière où d'une autre se déployaient à partir d'un défaut: le défaut de la langue à dire le réel. Était-ce parce qu'on entrait dans un monde qui pour des raisons historiques surtout se désenchantait ? Était-ce parce que l'indicible Auschwitz faisait de toute prétention à une parole, quelle qu'elle fût, une impossibilité ? Il semble que la relation des poètes à la notion de réel ait été depuis la guerre caractérisée par une sorte de mauvaise conscience. Il y a ceux qui ont pris parti pour les choses, ceux qui ont refusé l'image et ses fastes - ses leurres et ses dangers - ceux qui ont cherché une parole plus authentique et plus taciturne peut-être (« juste de vie, juste de voix » ), ceux qui se sont mis en quête d'un « vrai lieu » pour la parole, ceux enfin qui n'ont plus voulu que d'une écriture littérale... de toute façon il fallait trouver une façon d'assumer le lien que le dire poétique devait ou ne devait pas, pouvait ou ne pouvait pas instaurer avec le réel.
Depuis qu'ont reflué les « ultimes fleurs harassées du surréalisme » se sont élaborées des poétiques qui d'une manière où d'une autre se déployaient à partir d'un défaut: le défaut de la langue à dire le réel. Était-ce parce qu'on entrait dans un monde qui pour des raisons historiques surtout se désenchantait ? Était-ce parce que l'indicible Auschwitz faisait de toute prétention à une parole, quelle qu'elle fût, une impossibilité ? Il semble que la relation des poètes à la notion de réel ait été depuis la guerre caractérisée par une sorte de mauvaise conscience. Il y a ceux qui ont pris parti pour les choses, ceux qui ont refusé l'image et ses fastes - ses leurres et ses dangers - ceux qui ont cherché une parole plus authentique et plus taciturne peut-être (« juste de vie, juste de voix » ), ceux qui se sont mis en quête d'un « vrai lieu » pour la parole, ceux enfin qui n'ont plus voulu que d'une écriture littérale... de toute façon il fallait trouver une façon d'assumer le lien que le dire poétique devait ou ne devait pas, pouvait ou ne pouvait pas instaurer avec le réel.
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