Jules Ferry (1832-1893)
Date de publication :
07/09/2007
Langue :
Français
Format :
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- Jules Ferry au gouvernement
- Jules Ferry et le Sénat
- Jules Ferry et la politique laïque
- Jules Ferry et la politique scolaire
- Jules Ferry et la politique coloniale
Résumé :
Impopulaire. Peu d'hommes politiques le furent comme lui. Paradoxe pour celui qui a laissé son nom à l'une des réformes essentielles de notre histoire contemporaine : l'école laïque, gratuite et obligatoire. Alors pourquoi ?
La gauche ne l'aimait pas. C'est qu'il fut antijacobin, anticommunard, colonialiste. Si l'on ajoute à cela son désir d'une république forte, dotée d'un président interventionniste, son hostilité à l'instabilité ministérielle en laquelle il voyait un danger grave pour la pérennité du régime, on comprend pourquoi bien des républicains, Clemenceau en tête, n'appréciaient pas ce bourgeois un peu hautain qui n'hésitait pas à dire ce qu'il pensait.
Quant à la droite conservatrice et cléricale, elle en fit sa bête noire, parce qu'il était le père de la laïcité de l'école, parce qu'il affichait son scepticisme religieux, s'était marié civilement, avait fait voter la loi sur le divorce, mais aussi parce qu'il s'était fait l'apôtre de la colonisation : les nationalistes, obsédés par la revanche contre Bismarck, voyaient avec angoisse nos soldats se détourner de la ligne bleue des Vosges.
Et pourtant, nul plus que lui n'était attentif à la frontière de l'Est.
Vosgien, né à Saint-Dié en 1832, élu de la région de 1871 à sa mort en 1893, il se marie à Eugénie Risler, petite-fille de l'industriel alsacien Charles Kestner, protestant, l'une des grandes figures du patronat paternalisme. Fils d'avocat, élevé dans le culte des Lumières, de la révolution de 1789, du positivisme et du protestantisme libéral, avocat lui-même, jules ferry refuse de servir le Second Empire.
Journaliste, pamphlétaire (on se souvient des 'Comptes fantastiques d'Haussmann' qu'il publie dans Le Temps en 1867 et 1868 pour dénoncer la curée du vieux Paris par le tout-puissant préfet de la Seine), héros romantique et romanesque, toujours en voyage aux quatre coins de l'Europe, habitué des salons mondains et des cénacles républicains, ce bourgeois, entretenu par un frère banquier, est tiraillé entre dandysme et politique.
Il choisit à la fin du Second Empire : ce sera la politique. A un moment où Napoléon III et son régime paraissent pourtant éternels, il se rapproche de Gambetta - dont il sera un ami fidèle -, gagne un siège pour les républicains à Paris en 1869, et se passionne pour le problème scolaire, d'où le serment du 10 avril 1870 sur l'«égalité d'éducation ». Maire à Paris de novembre 1870 à juin 1871, il s'enracine ensuite comme élu des Vosges, devient franc-maçon, combat sans relâche l'ordre moral, et accède à la présidence de la gauche républicaine. Le pouvoir n'est pas loin.
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