Justice et télévision

Date de publication :

05/12/2006

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

23 pages

Niveau :

expert

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5 fois

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Sommaire :

 
 

Sommaire Justice et télévision Sommaire

 
  1. La camera dans le pretoire ou le cadre juridique de l'enregistrement des audiences de justice.
    1. Historique de l'enregistrement des audiences.
    2. La loi du 11 juillet 1985 tendant à la Constitution d'archives audiovisuelles de la justice.
  2. La camera hors du pretoire ou la chronique judiciaire.
    1. Histoire de la chronique judiciaire.
    2. Le droit applicable à la chorinique judiciaire.

Résumé :

La justice a toujours passionné le public, par son cérémonial autant que par le sentiment primaire de curiosité que font naître les affaires traitées, notamment lorsqu'elles sont de nature pénale. Cet engouement du public est né bien avant l'expansion des grands médias audiovisuels, et le développement de la télévision dans les foyers. Avec la multiplication des récepteurs, le nombre d'émissions ayant pour cadre la retranscription de la réalité judiciaire n'a cessé de croître, porté par le désir du public de ne pas être tenu éloigné des prétoires.
Ce phénomène a pris une importance considérable, au point que certains documentaristes filment les audiences avec l'accord de leurs protagonistes, mais en violation manifeste de la loi. En effet, la loi du 11 juillet 1985 constituant le droit positif actuel, dite loi Badinter, encadre avec une extrême rigueur la fixation, et plus encore la diffusion, des images d'audiences de justice. Nombre d'enregistrements sont donc effectués aux limites des règles légales, d'autres le sont en parfaite violation de la loi.
Cette situation devrait provoquer de vives réactions de la part des acteurs du monde judiciaire et notamment du conseil national de la magistrature, mais il n'en est rien : le film de Raymond Depardon, 10ème chambre, instants d'audience, a ainsi pu être projeté en sélection officielle lors du festival de Cannes 2004, sans que jamais la question de l'illégalité de l'enregistrement des audiences ne soit soulevée.
Le paradoxe est par conséquent immense entre une justice globalement close aux médias, et la diffusion croissante d'émissions et de documentaires traitant d'affaires judiciaires, que l'on qualifiera par souci de simplification sémantique de chroniques judiciaires. Il grandit encore lorsque la télévision dépasse parfois son rôle d'informateur du public pour tenter de devenir un acteur actif du monde judiciaire, un informateur de la justice. Tel a été le cas d'émissions telles que Témoin n 1, dont l'apport à la progression de la justice fut très probablement bien moins spectaculaire que la part d'audience réalisée...
La question est donc ouverte de la publicisation de notre système judiciaire, des limites à définir entre l'information du public, la collaboration avec la justice, et les nécessaires protections dont doit disposer toute personne confrontée à l'appareil judiciaire.
Au-delà de cette problématique naît un second paradoxe, celui de l'irrépressible attraction de deux mondes, la justice et la télévision, qui divergent pourtant fondamentalement quant à leurs caractéristiques profondes.
En effet, justice et télévision diffèrent tout d'abord par leur cadre temporel. Alors que le temps de la justice est celui d'une longue réflexion, d'ailleurs souvent critiquée pour sa lenteur excessive, le temps de la télévision est marqué par l'immédiateté des informations, la recherche du scoop et de la satisfaction du téléspectateur.
Bien plus, justice et télévision diffèrent par leurs finalités. Ainsi, si la télévision a pour but premier le divertissement et l'information des foules, avec une nette préférence pour la première de ces deux missions, la justice a pour but unique de veiller à la bonne application du droit. Elle constitue donc un élément clef de la cohésion de notre société, par essence totalement étranger à la notion de spectacle dont les caméras sont avides.
Nonobstant cette double divergence, à compter de la fin des années 1960, et notamment de l'ébranlement social de 1968, ces deux sphères antagonistes que constituent la justice et la télévision vont se rejoindre, remettant en cause des principes fondamentaux de notre droit, tels que le secret de l'instruction, et publicisant les faits divers en une remarquable nourriture cathodique.
Telle est l'évolution dont il sera fait état, portée entre le paradoxe d'une caméra juridiquement tenue éloignée des prétoires (I), mais qui n'a de cesse, dans les faits, de traiter du cours de la justice au sein d'émissions de chronique judiciaire (II).

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A propos de l'auteur :

pencil image Marcel MORITZ Allocataire-Moniteur, chargé de TD - Juriste d'affaires en cabinet d'avocats
Niveau :Expert Etude suivie : Docteur en droit langue(s) : Allemand courant - Anglais courant

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