Le lien de causalité (Arret du 4 decembre 2001)
Date de publication :
02/05/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le lien de causalité, une condition nécessaire à l'engagement de la responsabilité
- La défense de la théorie de la causalité adéquate
- Une consécration de la théorie de l'équivalence des conditions
- Une jurisprudence favorable à une indemnisation de la victime
- Une extension extrême de la chaîne causale
- La recherche d'un responsable solvable
Résumé :
Les faits relatés indiquent en premier lieu qu'un homme a été victime d'un accident de la circulation en 1985.
Suite à cela, il dût subir de nombreuses interventions chirurgicales ainsi que des transfusions sanguines.
En 1990, il s'est révélé que la victime a contracté le virus de l'hépatite C lors de ces transfusions, il assigne alors le Centre de Transfusion Sanguine de Montpellier (CRTS) en justice par le biais d'une action en responsabilité civile dans le but d'obtenir des dommages intérêts du fait du préjudice de contamination par ce virus.
Le requérant obtient gain de cause .Le CRTS décide alors d'appeler en garantie le responsable de l'accident, c'est à dire qui souhaite le voir reconnaître coresponsable du dommage car il estime ne par être le seul responsable de la contamination et dans un tel cas, la justice prévoit que les coauteurs d'un dommage seront solidairement responsable des indemnités dues à la victime.
Dans un arrêt rendu le 5 juillet 1999,la Cour d'appel le déboute de sa demande en garantie car elle considère que le responsable de l'accident n'est pas en revanche responsable de la contamination. En effet, elle estime que la seule cause du dommage est la faute du CRTS, c'est à dire l'administration de sang infecté. Autrement dit, elle considère que le lien de causalité entre l'accident et le dommage est inexistant.
Le CRTS forme alors un pourvoi en cassation.
La question qui se pose ici est de savoir si en cas de cause multiples à un dommage, on peut retenir l'auteur de la première faute comme responsable de tous les préjudices même éloignés qui peuvent découler de cette faute.
La cour de cassation a cassé l'arrêt d'appel.
Elle considère que sans l'accident ,la contamination n'aurait pu se faire et que par conséquent il y a bien un lien de causalité entre les deux , qui au regard de l'article 1382 du Code civil, rend l'auteur de l'accident responsable de l'infection par le virus de l'hépatite C.
Cet arrêt montre la vision extensive du lien de causalité qu'a la cour de cassation.
Il est vrai que lorsqu'un dommage résulte d'une pluralité de causes factuelles, la question de pose de savoir quelles pourront être les causes juridiques reconnues.
Cette question ne trouve pas de réponse dans les textes et la doctrine propose pour la résoudre deux grandes théories, lesquelles s'affrontent dans cette affaire. La théorie de l'équivalence des conditions et celle de la causalité adéquate, présentées et défendues par des philosophes et des juristes allemands .
Ce problème n'est pas sans conséquence car le lien de causalité est une condition nécessaire à l'engagement de la responsabilité qu'il est obligatoire de prouver.(I),problème que la cour de cassation résout le plus souvent par l'équité, et ceci dans sa mission de protection des victimes.(II)
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