Les lois mémorielles et la question coloniale
Date de publication :
06/07/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
7 pages
Sommaire :
Sommaire
- Les lois mémorielles et le débat historique
- Un enjeu principalement identitaire
- La France et son histoire
Résumé :
La question coloniale peut être considérée comme le premier motif de création de loi mémorielle en France. La mémoire et sa reconnaissance publique semble être un enjeu principal dans le rapport à l'histoire de cette période. La gestion de la mémoire coloniale est donc devenu en France un enjeu majeur tant sur le plan historique qu'identitaire ou politique. Sur le plan historique, on peut noter les affrontements entre Olivier Pétré-Grenouilleau attaqué pour son travail au motif de la loi Taubira sur la reconnaissance de l'esclavage en France comme crime contre l'humanité. Sur le plan historique, rappelons les débats nés autour de la loi qui devait mettre en avant les apports positifs de la colonisation française. L'aspect identitaire englobe dans tous les cas ces différentes lois. Les guerres de décolonisation constituent « un des enjeux principaux des conflits de mémoire »
Il existe à l'heure actuelle quatre lois que l'on regroupe sous le vocable de « lois mémorielles » :
- La loi Gayssot du 13 juillet 1990, qui créé le délit de négationnisme du génocide juif.
- La loi sur le génocide arménien du 29 janvier 2001 « relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915
- La loi Taubira du 21 mai 2001 « tendant à la reconnaissance, par la France, de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité »
- La loi Mekachera du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des français rapatriés », dont deux articles sont à retenir :
L'article 1 qui met l'accent sur l'aide apportée et les souffrances endurée par les autochtones ayant servi la France dans les pays du Maghreb (un article rédigé en vue de reconnaitre l'apport des Harkis)
L'article 4 à la source d'une polémique sur l'histoire, dont l'alinéa 2 portant sur l'enseignement dans les écoles du rôle positif de la présence française outre-mer sera abrogé.
Sur ces quatre lois mémorielles, la moitié est consacrée au passé colonial de la France. Ces lois mémorielles sont à l'origine d'un débat historiographique dès l'origine (soit la loi Gayssot), qui atteindra son point culminant au moment des lois Taubira et surtout Mekachera. Ces lois mémorielles sont en effet au croisement de deux démarches : une démarche scientifique (l'histoire) et une démarche affective, émotive (la mémoire), présentées comme solidaire. Pour les historiens, le problème posé par ces lois mémorielles est un problème de confrontation entre une histoire officielle délimitée par un gouvernement et une histoire scientifique, en perpétuelle réinterprétation. Mais le débat concernant les lois mémorielles sur le passé colonial de la France a d'autres enjeux identitaires, qui se jouent dans la confrontation entre repentance et fierté nationale, défendus par des groupes de pression d'intérêts divergents. Les lois mémorielles sont l'occasion de montrer les différences d'assimilation d'une même histoire. Leur existence, comme les débats qu'elles engendrent indiquent que le débat, loin d'être clôt, est encore source de tensions d'autant plus difficiles à résoudre qu'elles ont une forte teneur identitaire. Le terme « loi identitaire » est apparu au moment des débats sur la loi de 2005, signe que la question coloniale est au fond à l'origine des débats tant de la part des associations militantes que des historiens.
L'affrontement des mémoires concurrentes qui fait de la question coloniale un sujet encore brûlant se retrouve arbitré par les législations grâce aux lois mémorielles au lieu d'être arbitré par le débat historique. Dès lors, quelle est la signification de ces lois mémorielles dans le débat sur la question coloniale ? L'arbitrage législatif est-il compatible avec une logique de recherche historique ? Ces lois sont-elles au contraire la preuve d'un débordement de ce besoin identitaire sur la loi ou révèlent-elles un désir d'encadrer la « guerre des mémoires »?
Il existe à l'heure actuelle quatre lois que l'on regroupe sous le vocable de « lois mémorielles » :
- La loi Gayssot du 13 juillet 1990, qui créé le délit de négationnisme du génocide juif.
- La loi sur le génocide arménien du 29 janvier 2001 « relative à la reconnaissance du génocide arménien de 1915
- La loi Taubira du 21 mai 2001 « tendant à la reconnaissance, par la France, de la traite et de l'esclavage en tant que crime contre l'humanité »
- La loi Mekachera du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des français rapatriés », dont deux articles sont à retenir :
L'article 1 qui met l'accent sur l'aide apportée et les souffrances endurée par les autochtones ayant servi la France dans les pays du Maghreb (un article rédigé en vue de reconnaitre l'apport des Harkis)
L'article 4 à la source d'une polémique sur l'histoire, dont l'alinéa 2 portant sur l'enseignement dans les écoles du rôle positif de la présence française outre-mer sera abrogé.
Sur ces quatre lois mémorielles, la moitié est consacrée au passé colonial de la France. Ces lois mémorielles sont à l'origine d'un débat historiographique dès l'origine (soit la loi Gayssot), qui atteindra son point culminant au moment des lois Taubira et surtout Mekachera. Ces lois mémorielles sont en effet au croisement de deux démarches : une démarche scientifique (l'histoire) et une démarche affective, émotive (la mémoire), présentées comme solidaire. Pour les historiens, le problème posé par ces lois mémorielles est un problème de confrontation entre une histoire officielle délimitée par un gouvernement et une histoire scientifique, en perpétuelle réinterprétation. Mais le débat concernant les lois mémorielles sur le passé colonial de la France a d'autres enjeux identitaires, qui se jouent dans la confrontation entre repentance et fierté nationale, défendus par des groupes de pression d'intérêts divergents. Les lois mémorielles sont l'occasion de montrer les différences d'assimilation d'une même histoire. Leur existence, comme les débats qu'elles engendrent indiquent que le débat, loin d'être clôt, est encore source de tensions d'autant plus difficiles à résoudre qu'elles ont une forte teneur identitaire. Le terme « loi identitaire » est apparu au moment des débats sur la loi de 2005, signe que la question coloniale est au fond à l'origine des débats tant de la part des associations militantes que des historiens.
L'affrontement des mémoires concurrentes qui fait de la question coloniale un sujet encore brûlant se retrouve arbitré par les législations grâce aux lois mémorielles au lieu d'être arbitré par le débat historique. Dès lors, quelle est la signification de ces lois mémorielles dans le débat sur la question coloniale ? L'arbitrage législatif est-il compatible avec une logique de recherche historique ? Ces lois sont-elles au contraire la preuve d'un débordement de ce besoin identitaire sur la loi ou révèlent-elles un désir d'encadrer la « guerre des mémoires »?
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