Lotte H. Eisner écrivait (à propos du cycle indien) que Lang s’attachait à prouver que « ce n’était pas la substance d’une histoire qui comptait, mais la manière dont elle était racontée. » Cette formule vous semble-t-elle convenir à la p

Date de publication :

15/05/2008

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

13 pages

Niveau :

grand public

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Sommaire Lotte H. Eisner écrivait (à propos du cycle indien) que Lang s’attachait à prouver que « ce n’était pas la substance d’une histoire qui comptait, mais la manière dont elle était racontée. » Cette formule vous semble-t-elle convenir à la p Sommaire

 
  1. Dans quelle mesure les USA ont modifié la manière dont Lang aborde le scénario de ses films ?
  2. Quelle est la marge de liberté artistique qu'il a réussi à se ménager au sein d'un système contraignant et normatif, à travers des intrigues souvent conventionnelles et typées ?

Résumé :

« Un bon film, disait Jean Gabin, c'est avant toute chose une bonne histoire. » cette opinion, couramment admise chez une partie du public, s'oppose à une autre qui veut que tout l'intérêt d'un film réside dans sa mise en scène. lotte H. eisner semble s'inscrire dans cette deuxième conception du cinéma quand elle écrit, à propos du cycle indien, que Fritz lang « s'attachait à prouver que ce n'était pas la substance d'une histoire qui comptait, mais la manière dont elle était racontée. » Il faut, par substance, entendre l'essentiel du contenu de l'histoire, et la « manière dont elle est racontée » semble s'appliquer au travail de mise en scène du réalisateur. La réflexion de eisner semble relever du lieu commun et convoque un problème de fond autour du choix du sujet : il s'agit de savoir s'il en va au cinéma comme en littérature où « Yvetot vaut Constantinople », selon la phrase célèbre de Flaubert pour qui « l'artiste doit tout élever ». En réalité, lotte eisner ne s'inscrit pas dans une réflexion aussi large : elle se garde bien de prétendre que n'importe quel sujet, entre les mains du cinéaste allemand, se transformerait en or ; au contraire, elle le sait plus apte à traiter certaines intrigues plutôt que d'autres. cette réflexion tire sa source d'un fait : lang, et c'est encore plus vrai dans le cas de sa carrière américaine, ne puise pas ses sujets dans la « culture savante » mais dans la culture populaire, et réalise des films grand public. Or, ce choix ne doit pas conduire les personnes qui tiennent en piètre estime ces « histoires de quatre sous » (pour reprendre l'expression d'un critique allemand) à se méprendre sur le talent de lang. Ce que eisner dit, en filigranes, c'est : « ne vous fiez pas aux intrigues romanesques, feuilletonesques, de ses films, l'intelligence de lang réside dans la manière dont ils traitent ces sujets. »
Appliquée à la période américaine, la réflexion de lotte eisner prend une couleur toute particulière : arrivé aux USA, lang ne travaille plus comme en Allemagne, il n'écrit plus ses films en collaboration avec Thea von Harbou ; à Hollywood, un scénario est souvent le produit du travail de nombreux scénaristes, travaillant ensemble ou successivement. On pourrait en conclure, dès lors, que le travail de lang, en ce qui concerne l'histoire de ses films américains, est moins intéressant puisqu'il s'agit de l'oeuvre d'un autre (ou de plusieurs autres individus). Ce serait oublier que lang choisissait lui-même, très soigneusement, les scénarios qu'il voulait mettre en scène, et les retravaillait longuement avant de les juger aptes à être tourner. Ce que semble mettre en évidence cette réflexion de eisner, c'est une concurrence entre le scénario d'un film (son histoire) et la mise en image de ce scénario (la manière dont elle est racontée), particulièrement probante à Hollywood où la division des tâches compartimente chacun dans son domaine spécifique (scénariste/réalisateur).
La question que pose cette réflexion concerne la relation que la mise en scène de lang entretient avec le scénario : est-elle là pour le seconder, pour lui donner toute sa pleine force d'expression (on dira alors qu'elle lui est subordonnée) ? Ou au contraire, fonctionne-t-elle indépendamment de lui, développant un discours parallèle qui excèderait l'histoire ?

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A propos de l'auteur :

pencil image Arthur M. étudiant
Niveau :Grand public Etude suivie : Littérature Ecole, université : Khâgne (lycée de Sèvres)

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