Sommaire
- Le mythe du futur
- Le rejet total du passé : mouvement et violence
- La mystification du futur, qui devient un absolu et rend le futurisme captif du présent
- Le futurisme, témoin des mutations de la société moderne
- La déshumanisation de l'homme et le machinisme
- « Le futurisme est(-il) un capitalisme » ?
- L'action révolutionnaire futuriste
- Le « militarisme » des « anarchistes »
- Manifestes, tracts, propagande : expression artistique et expression politique
Résumé de la fiche de lecture
L’idée d’une culture militante de l’intellectuel engagé était déjà apparue dans les revues florentines un peu plus tôt: Il Regno (1903 – 1906), Il Leonardo (1903 – 1907) et Hermes (1904 – 1906); d’autres mouvements annonciateurs de la fin du XIXème siècle, tels le Scapigliatura milanais (ou romantisme décadent). Reste donc à créer un art nouveau, un art-action entièrement tourné vers le futur. Car le futurisme, c’est étymologiquement la théorisation de ce qui est à venir, un art annonciateur et détaché du temps présent: de 1909 à 1920 environ, ce mouvement va traverser l’espace artistique européen où il bénéficie d’un grand prestige, en particulier auprès des élites qui fonderont les futurs mouvements d’avant-garde, aujourd’hui plus connus et influents (surréalisme, dadaïsme…).
Le futurisme, premier mouvement d’avant-garde donc: son succès, aussi fulgurant que le fut son extinction, témoigne avant tout de la conscience qu’ont les Européens d’entrer dans un nouveau siècle, que l’innovation technologique permanente rend plein de promesses et de craintes. Il ne s’agit pas ici d’étudier en détail toutes les subtilités littéraires et artistiques du futurisme, mais plutôt de voir en quoi ce mouvement, et en particulier le Manifeste du Futurisme de 1909, est révélateur des ambiguïtés de ce XIXème siècle finissant et de ce XXème siècle naissant : nationalisme et internationalisme, capitalisme et syndicalisme, orthodoxie et pragmatisme, ordre et anarchie. Or le futurisme est porteur de ces valeurs : avec lui, l’art devient geste, action, coup : de là à ce que l’art devienne engagé, il n’y a dès lors plus qu’un pas… Le rejet violent du passé, l’idéalisation d’un futur absolu sont les fondements même du futurisme (c’est ce qui ressortira notre première approche du Manifeste), confirmant ainsi les mutations économiques et sociétales que subit la société moderne (deuxième partie): enfin, nous verrons que malgré la faiblesse de l’analyse politique futuriste, ses modes d’action jettent de fait des passerelles entre art et politique.
[...] A travers la glorification de la machine, ce manifeste apparaît comme encourageant le développement du monde industriel en Italie : le culte de la vitalité, de l’audace, la lutte contre le conservatisme et le passé sont autant d’éléments que le futurisme et au capitalisme partagent. L’idéologie technologique développée par Marinetti est ici comparable à l’éthique néo- capitaliste et industrielle des grands entrepreneurs et banquiers du Nord de l’Italie. En 1911 se constitue ainsi le grand trust sidérurgique italien, composé des trois plus grandes compagnies et béni par la Banca d’Italia, et capable de rivaliser avec les géants allemands ou américains. [...]
[...] Car en faisant du Futur un espace inaccessible, et en pratiquant la politique culturelle de la terre brûlée, Marinetti s’emprisonne dans le présent. C’est ainsi que se met en place une esthétique de l’immatériel, de l’idéel, de l’éphémère ; à défaut de pouvoir fixer un but à la démarche artistique, ce qui constituerait une négation de la dynamique vitaliste, on fait de l’art une fin en soi, un acte précaire et qui n’a qu’une valeur instantanée. Seule la création est digne d’intérêt, l’œuvre une fois finie cesse d’avoir un quelconque intérêt. [...]
[...] Le Manifeste revendique donc un grand élan vers l’inconnu, rendu possible par l’ amour du danger Cette réflexion, dans ce texte en particulier, est si extrême que l’on peut dire que Marinetti n’a que faire du Devenir, car le Devenir implique déjà un présent, une actualité dans le changement : Marinetti fait en réalité l’apologie de l’Avenir, seul capable de préserver la virginité, la pureté du Futur. En cela, le Manifeste nous apprend beaucoup sur la situation des artistes du début du XXème siècle : face à eux, le XXème siècle, qui n’est pas encore vraiment entamé ; mais le XIXème (celui du romantisme est déjà loin derrière eux. [...]
[...] Il ne s’agit pas ici d’étudier en détail toutes les subtilités littéraires et artistiques du futurisme, mais plutôt de voir en quoi ce mouvement, et en particulier le Manifeste du Futurisme de 1909, est révélateur des ambiguïtés de ce XIXème siècle finissant et de ce XXème siècle naissant : nationalisme et internationalisme, capitalisme et syndicalisme, orthodoxie et pragmatisme, ordre et anarchie. Or le futurisme est porteur de ces valeurs : avec lui, l’art devient geste, action, coup : de là à ce que l’art devienne engagé, il n’y a dès lors plus qu’un pas Le rejet violent du passé, l’idéalisation d’un futur absolu sont les fondements même du futurisme (c’est ce qui ressortira notre première approche du Manifeste), confirmant ainsi les mutations économiques et sociétales que subit la société moderne (deuxième partie) : enfin, nous verrons que malgré la faiblesse de l’analyse politique futuriste, ses modes d’action jettent de fait des passerelles entre art et politique. [...]
- Niveau
- Grand public
- Etude suivie
- sciences...
- Ecole, université
- IEP Paris
- Date de publication
- 06/08/2007
- Langue
- français
- Format
- .doc
- Type
- fiche de lecture
- Nombre de pages
- 5 pages
- Niveau
- grand public
- Consulté
- 18 fois
- Validé par
- le comité Oboulo.com
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