Le mariage homosexuel : commentaire de larrêt CA Bordeaux 6è ch. Civ. 19 avril 2005
Date de publication :
01/02/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
7 pages
Sommaire :
Sommaire
- Un rappel catégorique de la condition de l'existence d'une différenciation de sexe, une condition sine qua non du droit au mariage
- Un rappel basé sur des textes nationaux
- Un rappel basé sur des textes et jurisprudence Européenne
- Un rappel de l'existence d'autres institutions propices aux couples homosexuels tout en y faisant un appel à l'évolution de leur statut
- Un rappel de l'existence de structures diverses adaptées à l'union des personnes de même sexe
- Un appel au législateur
Résumé :
En France, le premier mariage civil entre deux hommes a été célébré le 5 juin 2004 entre Stéphane C et Bertrand C par le maire de Bègles, monsieur Noël Mamère. Le 11 juin 2004, le procureur de la République a demandé au président du tribunal de grande instance de bordeaux l'autorisation de faire assigner les deux hommes devant sa juridiction aux fins d'annulation de l'acte du 5 juin 2004. L'affaire a été plaidée le 29 juin 2004 et par jugement rendu le 26 juillet 2004, l'acte du 5 juin 2004 a été déclaré nul. Selon le TGI de bordeaux en date du 26 juillet 2004, « la différence de sexe entre les époux est une condition de fond du mariage, tant en droit interne qu'en droit européen. Il en résulte qu'une union entre deux hommes doit être annulée ». Les deux hommes ont fait appel de cette décision.
Stéphane et Bertrand C s'étant domiciliés à Saint Aubin de Médoc et non pas à Bègles, ont fait appel contre le ministère public pris en la personne du procureur général près la cour d'appel de bordeaux, du jugement rendu à leur encontre le 26 juillet 2004 par le tribunal de grande instance de cette ville.
Les époux soutiennent que le ministère public n'est pas recevable dans son action, faute de texte précis interdisant le mariage entre personnes de même sexe. Selon eux, l'action du ministère public ne sollicite pas l'annulation sur le fondement d'une incompétence territoriale de l'officier d'état civil ou d'une fraude à la loi, les cas de nullité à mariage auxquels se réfère le ministère public ne contiennent pas de condition de différence de sexe. En conséquence ils souhaitent tous deux que soit déclarée l'irrecevabilité de la demande pour défaut de droit d'agir.
Enfin, ils estiment que l'opposition au mariage et la demande en annulation fondée sur le non respect de la condition de différence des sexes constituent une privation de jouissance du droit au mariage contraire aux dispositions des articles 8,12 et 14 combinés de la Convention.
Le ministère public, quant à lui, sollicite la confirmation de l'annulation sur la seule question de l'absence de différence de sexe. Il renonce expressément à tout moyen tiré de l'absence de publication régulière, de l'inexactitude du domicile déclaré et de la célébration du mariage au mépris de son opposition.
Le présent litige a été présenté comme fait de société et les appelants ont développé sur le sujet une argumentation juridique vaste et de grande qualité. Le ministère public a donc souhaité y répondre en effectuant un rappel quasi-exhaustif des thèses en cause.
Toutefois, la cour n'a pas statué sur l'irrégularité de la procédure, (le fait que le maire de Bègles a outrepassé son mandat de représentant de l'État en refusant de se soumettre à une injonction fondée sur le droit existant, ce qui n'était pas établi dans cette décision), et a axé son arrêt sur le problème de la différenciation de sexe entre deux époux. Le problème soulevé ici n'est donc pas celui de l'absence de publication régulière ou d'inexactitude de domicile.
Le problème soulevé dans cet arrêt n'est pas des moindres, il s'agit de savoir si quelle est la validité d'un mariage entre deux personnes de même sexe ?
La cour d'appel de bordeaux, dans son arrêt de la sixième chambre civile en date du 19 avril 2005, a répondu par la négative et a confirmé le jugement de première instance, en considérant que la différence de sexe est une condition de l'existence même du mariage. La célébration organisée entre deux hommes ne peut être considérée comme un mariage, en conclusion pour la cour, l'acte qui en a été dressé doit être annulé.
Dans cet arrêt, la cour d'appel établi un rappel catégorique de la nullité d'un mariage entre homosexuels en se basant sur la différenciation de sexe obligatoire entre les époux (I), elle rappel cependant que d'autres structures sont ouvertes aux homosexuels en faisant toutefois un appel au législateur pour voir leur situations s'améliorer (II).
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