Le marketing des enfants
9.95€
étude de marché
publié le 24/10/2006
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niveau : avancé
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Résumé
Pourquoi se pencher sur la question ? Il savère que le fait davoir effectué un stage de 4 mois au sein dun magasin ToysRUs à Toulon ma fait prendre conscience du potentiel économique des enfants, et ce de par les efforts déployés pour les capter. Pourquoi les enfants sont devenus des clients à fort potentiel, comment sest caractérisée lévolution de leur statut ? Quels ont été les facteurs déclencheurs à cette situation ? En bref, pourquoi de plus en plus dentreprises cherchent à les attirer ou à utiliser limage de lenfant dans leurs campagnes de promotion ?
Je me doute que ce thème a dû être choisi par nombre détudiants tant le thème est large. Cependant dans ce mémoire, je mattache à étudier ce phénomène de la manière la plus complète possible. Cela implique le fait de faire appel à la psychologie, la sociologie, léconomie, au marketing
Un travail complet et particulièrement prenant. Les enseignements tirés de ces quatre années post-bac, et létude de ce sujet mont en un sens ouvert les yeux sur lenvironnement qui mentoure et qui fera (ou non) partie de la vie de mes enfants.
Il sagit dabord dexpliquer en quoi le statut de lenfant a changé et comment sa position dans la société actuelle peut être et est exploité par les professionnels.
Si lon en croit lhistorien Philippe Aries, auteur de lEnfant et la Vie familiale sous lancien régime (1960), le « sentiment de lenfance » nexistait pas au moyen âge par exemple. Selon sa thèse, aujourdhui très discutée, lenfant se trouvait mêlé dès sa naissance au monde des adultes, et les classes dâge nexistaient pas. Ce nest que progressivement entre le XVI° et le XVII° quil se voit reconnaître une spécificité en même temps que des questions comme la responsabilité familiale et léducation.
Les questions éducatives avaient déjà intéressé déminents esprits comme Platon, pour qui les enfants naissaient avec certains talents, que léducation doit permettre de développer.
Mais quelle que soit la réelle période de lhistoire qui a vu lapparition du « sentiment de lenfance », une chose est sûre, comme le rappelle le psychologue du développement Jean Adolphe Rondal : « létude psychologique de lenfant ne fait pas partie des préoccupations littéraires philosophiques jusquau XVIII° sièc le »
Les écrivains et philosophes dautrefois étaient surtout préoccupés par lhomme adulte, et beaucoup moins de lenfant, en qui ils ne voyaient quun homme miniature ou bien en devenir. La période de transition entre lenfance et létat adulte, ladolescence, les intéressait davantage.
Au tournant du XVIII°, sous leffet de cette nouvelle configuration sociale, du rapport à lenfant, la pédiatrie prend son essor, et les dimensions éducatives prennent rapidement de limportance.
Jean Jacques Rousseau annonce la psychologie de lenfant et de ladolescent, et ses liens étroits avec léducation dans son ouvrage Emile en 1762. Le philosophe défendait lidée que lart déduquer nécessite la mise en place dune véritable science de lenfant.
Aujourdhui cest la psychologie qui a pris le relais. On étudie et attache désormais beaucoup dimportance au développement de lenfant tant au niveau physique de psychologique et intellectuel. Le perfectionnement des techniques détude en outre, on fait faire de grands bonds en avant en faveur de la place des enfants dans la société. A tel point quaujourdhui les entreprises en sont arrivées à parler de cibles enfant de 0 à 12 ans ou 16 ans Dautres ont pour slogan « à peine né déjà gâté » comme cest le cas pour la filière ToysRUs, BabiesRUs. Que veut dire ce « 0 » tant sollicité par les professionnels ?
Dès la maternité, les mamans sont assaillies de trousses pleines déchantillons gratuits et de brochures « dinformation ». Une gentille attention de la part des marques, qui toutefois ne sont pas réellement désintéressées...
A la naissance de son bébé, Sophie a reçu des mains de la puéricultrice une trousse ornée de nounours bleus. Cette jeune maman y a trouvé quelques couches Pampers, des lingettes Nivea, des modèles de faire part édités par une entreprise locale, et une offre de la Société Générale vantant les avantages de louverture dun compte en banque pour bébé. Mais la cigogne a aussi pensé à glisser un sachet de céréales de régime fitness.
Pour faire le bilan, nous retrouvons après un an, notre jeune maman. Cette dernière réalise alors quelle utilise toujours les marques se trouvant dans la trousse reçue à la maternité. Pampers et Nivea se trouvent toujours sur sa table à langer, et les fitness sont toujours dans son placard, les faire-part avaient été envoyés par le biais de limprimeur local, mais Sophie na pu ouvrir à temps le compte en banque pour bébé, cest donc le seul article manquant. Pas de doute, les cigognes savent y faire, elles connaissent ce principe simple largement exploité par le fabriquant de couches Procter & Gamble : les jeunes parents (sont des créatures fébriles qui) ont besoin de repères. Si une marque de couches ou autre leur donne satisfaction, ils ne rechercheront pas à la remplacer par une offre concurrente, recherchant ce quil existe de meilleur pour leur tout-petit. Certains expliquent la situation par le fait que les jeunes mamans se trouvent être « livrées à elles-mêmes » lors de la naissance de leur premier enfant, car il y a de moins en moins de transmission de savoir entre mère et fille. Analyse faite par Jacques Lugbull, directeur général de Cadeaux Naissance, leader français du marché.
Ainsi, presque aucun des 2000 bébés nés chaque jour dans une des 675 maternités française néchappe à son colis, sa valisette, ou sa trousse, voire parfois les trois. Dailleurs les annonceurs nattendent que très rarement la venue au monde des « chérubins » pour lancer leurs campagnes de fidélisation quelques peu offensives. En effet, nombre de mamans sont déjà submergées de publicités au laboratoire danalyse où elles vont faire leurs prises de sang, et quasi aucune na pu échapper au colis remis au cinquième mois, lors de la première visite chez le gynécologue de la maternité ; la trousse « Bébé est annoncé » distribuée par le service Maternité et Famille (SMF). Le SMF est dailleurs un interlocuteur privilégié dans la mesure où cest lintermédiaire obligatoire et nécessaire à la distribution des objets promotionnels. De plus, en mailings traditionnels, le taux de remontée moyen est de 1% au maximum ; mais à la maternité, comme le remarque Bertrand Tiburce, fondateur de lagence de pub Baby Adgency, le retour en maternité avoisine les 40 voire 80%.
Cette clientèle est une cible en or pour nombre dentreprises. Les jeunes parents ne se contentent pas de consommer de la puériculture, ils déménagent, achètent une nouvelle voiture, de nouveaux meubles, de lélectroménager, changent de banque, contractent un crédit, une assurance Tout simplement parce quune femme qui vient daccoucher change symboliquement de statut, elle devient une mère, et même trentenaire, elle achètera ses premières crèmes anti-âge, ou encore des produits pour la teinture. Un père sachètera une montre « de papa », plus résistante, et plus chère.
Mais, les colis avant dêtre déballés par les mères, passent par les mains exigeantes et averties du personnel hospitalier, puéricultrices ou sages femmes. Il est donc vital déviter de le contrarier en passant outre les conseils quil prodigue aux jeunes mamans. Ainsi dans ce type de colis, on ne verra pas de bébé couché sur le ventre alors que « la mode » est de le mettre sur le dos. Par la même, la promotion du lait artificiel est restreinte, puisque le personnel médical promeut lallaitement maternel. Les publicités à destination de ces cibles ont dautres contraintes dimportance à honorer, à savoir le ton du message, qui doit sans cesse rassurer. Ainsi le SMF se voit refuser des offres qui ne respectent pas cette priorité. Mais pourquoi ce service spécialisé accepte-t-il de distribuer gratuitement ces publicités ? Tout simplement pour faire plaisir aux gens. Or ces colis ont un succès fou, de cette manière la situation est valorisante pour tout le monde. Sans oublier bien sûr le fait que les maternités puissent manquer de moyens financiers. Or, offrir de petits cadeaux, cest aussi une manière de fidéliser les mamans, et donc de les faire revenir. Lenfant serait-il alors le meilleur des vendeurs ?
Je me doute que ce thème a dû être choisi par nombre détudiants tant le thème est large. Cependant dans ce mémoire, je mattache à étudier ce phénomène de la manière la plus complète possible. Cela implique le fait de faire appel à la psychologie, la sociologie, léconomie, au marketing
Un travail complet et particulièrement prenant. Les enseignements tirés de ces quatre années post-bac, et létude de ce sujet mont en un sens ouvert les yeux sur lenvironnement qui mentoure et qui fera (ou non) partie de la vie de mes enfants.
Il sagit dabord dexpliquer en quoi le statut de lenfant a changé et comment sa position dans la société actuelle peut être et est exploité par les professionnels.
Si lon en croit lhistorien Philippe Aries, auteur de lEnfant et la Vie familiale sous lancien régime (1960), le « sentiment de lenfance » nexistait pas au moyen âge par exemple. Selon sa thèse, aujourdhui très discutée, lenfant se trouvait mêlé dès sa naissance au monde des adultes, et les classes dâge nexistaient pas. Ce nest que progressivement entre le XVI° et le XVII° quil se voit reconnaître une spécificité en même temps que des questions comme la responsabilité familiale et léducation.
Les questions éducatives avaient déjà intéressé déminents esprits comme Platon, pour qui les enfants naissaient avec certains talents, que léducation doit permettre de développer.
Mais quelle que soit la réelle période de lhistoire qui a vu lapparition du « sentiment de lenfance », une chose est sûre, comme le rappelle le psychologue du développement Jean Adolphe Rondal : « létude psychologique de lenfant ne fait pas partie des préoccupations littéraires philosophiques jusquau XVIII° sièc le »
Les écrivains et philosophes dautrefois étaient surtout préoccupés par lhomme adulte, et beaucoup moins de lenfant, en qui ils ne voyaient quun homme miniature ou bien en devenir. La période de transition entre lenfance et létat adulte, ladolescence, les intéressait davantage.
Au tournant du XVIII°, sous leffet de cette nouvelle configuration sociale, du rapport à lenfant, la pédiatrie prend son essor, et les dimensions éducatives prennent rapidement de limportance.
Jean Jacques Rousseau annonce la psychologie de lenfant et de ladolescent, et ses liens étroits avec léducation dans son ouvrage Emile en 1762. Le philosophe défendait lidée que lart déduquer nécessite la mise en place dune véritable science de lenfant.
Aujourdhui cest la psychologie qui a pris le relais. On étudie et attache désormais beaucoup dimportance au développement de lenfant tant au niveau physique de psychologique et intellectuel. Le perfectionnement des techniques détude en outre, on fait faire de grands bonds en avant en faveur de la place des enfants dans la société. A tel point quaujourdhui les entreprises en sont arrivées à parler de cibles enfant de 0 à 12 ans ou 16 ans Dautres ont pour slogan « à peine né déjà gâté » comme cest le cas pour la filière ToysRUs, BabiesRUs. Que veut dire ce « 0 » tant sollicité par les professionnels ?
Dès la maternité, les mamans sont assaillies de trousses pleines déchantillons gratuits et de brochures « dinformation ». Une gentille attention de la part des marques, qui toutefois ne sont pas réellement désintéressées...
A la naissance de son bébé, Sophie a reçu des mains de la puéricultrice une trousse ornée de nounours bleus. Cette jeune maman y a trouvé quelques couches Pampers, des lingettes Nivea, des modèles de faire part édités par une entreprise locale, et une offre de la Société Générale vantant les avantages de louverture dun compte en banque pour bébé. Mais la cigogne a aussi pensé à glisser un sachet de céréales de régime fitness.
Pour faire le bilan, nous retrouvons après un an, notre jeune maman. Cette dernière réalise alors quelle utilise toujours les marques se trouvant dans la trousse reçue à la maternité. Pampers et Nivea se trouvent toujours sur sa table à langer, et les fitness sont toujours dans son placard, les faire-part avaient été envoyés par le biais de limprimeur local, mais Sophie na pu ouvrir à temps le compte en banque pour bébé, cest donc le seul article manquant. Pas de doute, les cigognes savent y faire, elles connaissent ce principe simple largement exploité par le fabriquant de couches Procter & Gamble : les jeunes parents (sont des créatures fébriles qui) ont besoin de repères. Si une marque de couches ou autre leur donne satisfaction, ils ne rechercheront pas à la remplacer par une offre concurrente, recherchant ce quil existe de meilleur pour leur tout-petit. Certains expliquent la situation par le fait que les jeunes mamans se trouvent être « livrées à elles-mêmes » lors de la naissance de leur premier enfant, car il y a de moins en moins de transmission de savoir entre mère et fille. Analyse faite par Jacques Lugbull, directeur général de Cadeaux Naissance, leader français du marché.
Ainsi, presque aucun des 2000 bébés nés chaque jour dans une des 675 maternités française néchappe à son colis, sa valisette, ou sa trousse, voire parfois les trois. Dailleurs les annonceurs nattendent que très rarement la venue au monde des « chérubins » pour lancer leurs campagnes de fidélisation quelques peu offensives. En effet, nombre de mamans sont déjà submergées de publicités au laboratoire danalyse où elles vont faire leurs prises de sang, et quasi aucune na pu échapper au colis remis au cinquième mois, lors de la première visite chez le gynécologue de la maternité ; la trousse « Bébé est annoncé » distribuée par le service Maternité et Famille (SMF). Le SMF est dailleurs un interlocuteur privilégié dans la mesure où cest lintermédiaire obligatoire et nécessaire à la distribution des objets promotionnels. De plus, en mailings traditionnels, le taux de remontée moyen est de 1% au maximum ; mais à la maternité, comme le remarque Bertrand Tiburce, fondateur de lagence de pub Baby Adgency, le retour en maternité avoisine les 40 voire 80%.
Cette clientèle est une cible en or pour nombre dentreprises. Les jeunes parents ne se contentent pas de consommer de la puériculture, ils déménagent, achètent une nouvelle voiture, de nouveaux meubles, de lélectroménager, changent de banque, contractent un crédit, une assurance Tout simplement parce quune femme qui vient daccoucher change symboliquement de statut, elle devient une mère, et même trentenaire, elle achètera ses premières crèmes anti-âge, ou encore des produits pour la teinture. Un père sachètera une montre « de papa », plus résistante, et plus chère.
Mais, les colis avant dêtre déballés par les mères, passent par les mains exigeantes et averties du personnel hospitalier, puéricultrices ou sages femmes. Il est donc vital déviter de le contrarier en passant outre les conseils quil prodigue aux jeunes mamans. Ainsi dans ce type de colis, on ne verra pas de bébé couché sur le ventre alors que « la mode » est de le mettre sur le dos. Par la même, la promotion du lait artificiel est restreinte, puisque le personnel médical promeut lallaitement maternel. Les publicités à destination de ces cibles ont dautres contraintes dimportance à honorer, à savoir le ton du message, qui doit sans cesse rassurer. Ainsi le SMF se voit refuser des offres qui ne respectent pas cette priorité. Mais pourquoi ce service spécialisé accepte-t-il de distribuer gratuitement ces publicités ? Tout simplement pour faire plaisir aux gens. Or ces colis ont un succès fou, de cette manière la situation est valorisante pour tout le monde. Sans oublier bien sûr le fait que les maternités puissent manquer de moyens financiers. Or, offrir de petits cadeaux, cest aussi une manière de fidéliser les mamans, et donc de les faire revenir. Lenfant serait-il alors le meilleur des vendeurs ?
Sommaire
- Lépoque de lenfant « roi »
- Méthodes et moyens marketing à destination des enfants
- Premier axe de recherche : comment accroître la préférence de marque ?
- Deuxième axe de recherche : optimiser la mémorisation dun message publicitaire
- Troisième axe de recherche : maximiser limpact du message commercial
- Comment mesurer linfluence et les effets de la publicité sur les enfants
- Publicité télévisée : conditionner lenfant - consommateur
- Provoquer le désir dachat
- Les enfants préfèrent acheter les produits « vus à la télévision »
- Quelques pistes de réflexion
- Le marketing scolaire, un cheval de Troie ?
- Quel bilan peut-on dresser de la situation ?
- Peut-on parler de limites de la publicité ?
