La médecine, outil de normativité sociale des identités sexuelles
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exposé
publié le 08/07/2008
avis client : non évalué
niveau : grand public
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Résumé
Le préambule à la Constitution de lOrganisation Mondiale de la Santé de 1946 en définissant la santé comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou dinfirmité » élargit le champ daction de la médecine. Le rôle social de la médecine ainsi reconnu est dautant plus fort depuis que la biologie se dote avec le gène dun concept nouveau et dun outil révolutionnaire. La découverte en 1953 de la structure de lADN par Watson et Crick suite aux travaux décisifs de Rosalind Franklin annonce un changement important et peu à peu la biologie passe dun statut de science descriptive à celui de science davantage explicative. À la suite des premières expériences de manipulation génétique dans les années 1960, un pan entier souvre et trouve progressivement des applications médicales. La génétique sintéresse aux gènes, ces fragments dADN dont la séquence codée par 4 nucléotides détermine la séquence dune ou plusieurs protéines. Dans "La race : donneurs universels dans une culture vampirique. Tout est dans la famille : les catégories biologiques de filiation dans les Etats-Unis du XXème siècle", Donna Haraway montre que la race a été un objet scientifique cohérent accepté de tous. Si les populations servent progressivement de catégorie danalyse de substitution à la race, la famille mononucléaire hétérosexuelle reste la référence. Les programmes de séquençage du génome humain mis en place à la fin du XXème siècle ouvrent alors des possibilités nouvelles. En effet, lhomme peut alors être réduit à une carte génétique, à lensemble de ses gènes. Le gène apparaît alors comme un vecteur idéologique important dans un ensemble social marqué par la technique et la domination.
Cest dailleurs, en utilisant la génétique que la médecine décèle au mieux les cas de différenciation sexuelle atypique puisque cest labsence ou la mutation du gène SRY qui est responsable dune différenciation gonadique et phénotypique femelle. Les ambiguïtés sexuelles sont de mieux en mieux appréhendées du fait de la réalisation de caryotypes. Le progrès de la génétique et des techniques médicales hormonales ou chirurgicales plus globalement a permis une prise en charge accrue des individus présentant un trouble de la différenciation sexuelle. Naturellement ni homme ni femme, disposant à la fois de caractères féminins et de caractères masculins, ces individus transcendent les catégories sexuelles biologiques.
Pourtant la médecine joue un rôle important en contribuant au rétablissement de la normalité alors que, comme toute science, elle na pas pour finalité la définition des valeurs humaines. Plus encore que les autres sciences, la médecine doit en effet être mise en relation avec les sciences humaines pour aborder la question du progrès. La bioéthique contribue à définir léquilibre entre le possible et le légitime en termes de pratiques médicales notamment. Pour reprendre les paroles de Thomas Huxley, « la nature nest ni morale ni immorale, elle est amorale ». Il revient par conséquent à la société de statuer sur la moralité ou limmoralité des anormalités biologiques.
Il apparaît alors essentiel de sinterroger sur le rôle joué par la médecine en tant quoutil de normativité sociale des identités sexuelles biologiques.
Par ses pratiques, la médecine rétablit en effet en partie létat inexistant perçu comme normal par lensemble médical et social, état que les mutations génétiques nont pas permis à lindividu dacquérir naturellement (1). Dans un mouvement contradictoire, la médecine est également à la source de catégories troubles. En effet, elle est amenée à répondre au désir des individus de voir dans la mesure du possible leur sexe biologique coïncider avec leur sexe psychique (2).
Cest dailleurs, en utilisant la génétique que la médecine décèle au mieux les cas de différenciation sexuelle atypique puisque cest labsence ou la mutation du gène SRY qui est responsable dune différenciation gonadique et phénotypique femelle. Les ambiguïtés sexuelles sont de mieux en mieux appréhendées du fait de la réalisation de caryotypes. Le progrès de la génétique et des techniques médicales hormonales ou chirurgicales plus globalement a permis une prise en charge accrue des individus présentant un trouble de la différenciation sexuelle. Naturellement ni homme ni femme, disposant à la fois de caractères féminins et de caractères masculins, ces individus transcendent les catégories sexuelles biologiques.
Pourtant la médecine joue un rôle important en contribuant au rétablissement de la normalité alors que, comme toute science, elle na pas pour finalité la définition des valeurs humaines. Plus encore que les autres sciences, la médecine doit en effet être mise en relation avec les sciences humaines pour aborder la question du progrès. La bioéthique contribue à définir léquilibre entre le possible et le légitime en termes de pratiques médicales notamment. Pour reprendre les paroles de Thomas Huxley, « la nature nest ni morale ni immorale, elle est amorale ». Il revient par conséquent à la société de statuer sur la moralité ou limmoralité des anormalités biologiques.
Il apparaît alors essentiel de sinterroger sur le rôle joué par la médecine en tant quoutil de normativité sociale des identités sexuelles biologiques.
Par ses pratiques, la médecine rétablit en effet en partie létat inexistant perçu comme normal par lensemble médical et social, état que les mutations génétiques nont pas permis à lindividu dacquérir naturellement (1). Dans un mouvement contradictoire, la médecine est également à la source de catégories troubles. En effet, elle est amenée à répondre au désir des individus de voir dans la mesure du possible leur sexe biologique coïncider avec leur sexe psychique (2).
Sommaire
- Les désordres de différenciation sexuelle : une réponse médicale à un désavantage social ?
- La réponse médicale
- Un désavantage social
- Le savoir-faire médical au service du bien-être social individuel ?
- Le passage d'une normativité à une autre
- Le passage d'une normativité à une autre reste encore imparfait
