Les médias, quatrième pouvoir ?
Date de publication :
28/11/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
7 pages
Sommaire :
Sommaire
- Les médias comme organe indispensable à la représentation : le 'quatrième pouvoir' dans les relations de domination.
- A la source du 'quatrième pouvoir ': un lien privilégié entre les politiques et les citoyens.
- L'idéologie de la transparence : les médias et le contrôle du politique.
- 'L'écueil de l'impouvoir' (Gauchet) : le 'quatrième pouvoir' décrédibilisé .
- Un couple médias/politique qui s'entretient mutuellement.
- La décridibilisation du pouvoir médiatique : la fin du 'quatrième pouvoir' ?.
Résumé :
C'est Burke qui en 1787, invente le terme « 4ème pouvoir » pour qualifier l'action des médias dans la société. Les médias sont un organe non institutionnel avec pour but premier la retransmission objective de faits. Cette définition suggère une incidence dans l'opinion, plus qu'un réel poids politique pouvant empêcher un autre pouvoir. Ainsi Gauchet définit le pouvoir comme « ce qui, dans l'exercice de ces fonctions, contribue à empêcher ou à obliger les pouvoirs constitués par rapport à la pente spontanée et ce qui contribue à démultiplier l'efficacité des contrepoids et freins à l'oeuvre entre ces mêmes pouvoirs ». Ainsi, le quatrième pouvoir n'a de pouvoir que ce qu'il soustrait aux autres.
La plupart des régimes démocratiques tiennent à la forme de gouvernement et à l'exigence posée par Locke puis par Montesquieu de l'équilibre des pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire). Tous les régimes démocratiques reposent sur cette délimitation claire des trois pouvoirs et sur le respect d'un jeu d'équilibre : contre la tentation d'abuser du pouvoir, le principe de « checks and balances » offre les meilleures garanties de liberté politique. C'est ainsi, sous l'influence de la pensée libérale et de la réflexion sur la séparation des pouvoirs qu'est née, pour qualifier le rôle des médias dans l'équilibre du jeu démocratique, l'expression de « quatrième pouvoir ».
Ce pouvoir supposé des médias pose cependant plusieurs problèmes et soulève un double paradoxe. D'une part ce pouvoir est sans consistance institutionnelle car il ne dispose d'aucune contrainte à sa disposition. Il est qualifié le plus souvent de « contre-pouvoir » aux pouvoirs constitués. Gauchet le qualifie ainsi de « double irréductible des pouvoirs officiellement établis » : il répond à l'action de ces pouvoirs, en dépend, et base son action sur les faits politiques des pouvoirs établis. D'autre part il a la particularité notable d'être aux mains d'acteurs privés dont la réussite commerciale est le principal objectif.
Au travers de ces paradoxes il est intéressant de se demander si les médias constituent le « quatrième pouvoir ». En effet, peut-on penser un pouvoir sans pouvoirs institutionnalisés, un pouvoir aux mains d'agents privés mais agissant dans le champ public ?
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