Michel Deguy: Gisants, le visible et le lisible

Date de publication :

25/07/2007

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

51 pages

Niveau :

expert

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Sommaire :

 
 

Sommaire Michel Deguy: Gisants, le visible et le lisible
 Sommaire

 
  1. Gisants : expériences de la perte
    1. La perte de visibilité ou le jusant du monde
    2. La poésie à sens perdu
  2. Figurer par gisants : rapprochement et dialogisme
    1. Le même et l'autre
    2. La poésie à livre ouvert
  3. Toujours plus de lisible
    1. La poésie comme le désir
    2. Où le poème s'enamoure
    3. Gagner ce « point d'esprit »

Résumé :

« Le temps n'est pas loin où l'on comprendra que toute littérature qui se refuse à marcher fraternellement entre la science et la philosophie est une littérature homicide et suicide », écrivait Baudelaire à la fin de L'école païenne. C'est probablement parce qu'elle médite sans cesse cet avertissement que la poésie de michel deguy paraît à beaucoup de lecteurs, sinon illisible, du moins d'un abord difficile, exigeant. Cette écriture fait preuve d'un constant souci d'active jointure entre poésie et pensée, dans le cadre d'une esthétique qui refuse de se couper de la réflexion sur la poétique et de la réflexion sur l'éthique. C'est qu'au fond, pour toute écriture, c'est le logos qui est en jeu, à savoir notre faculté d'être en même temps parlants et pensants, dimensions qui procèdent l'une de l'autre. La poésie, art qui travaille la langue, la fouille dans ses possibilités les plus recelées, ne doit jamais cesser de se pencher sur cette nature double du logos: parole et pensée.
La poésie se voit donc chargée de rapatrier en elle ce qui avait été souvent relégué en ses marges: la pensée théorique. Bien des poètes ont accompagné leur poésie d'une réflexion active sur sa nature, ses fins, ses procédés. Mais cette réflexion restait la plupart du temps en marge du poème. Il suffit de penser à Baudelaire, ou à Reverdy. Ces poètes ne négligeaient pas la réflexion théorique, bien au contraire, mais elle demeurait en dehors du poème et du recueil. La poésie étant un acte du logos, donc de pensée, il lui faut être pensive. La poème se demande alors: comment pense le poème, par quels moyens et en vue de quoi il pense - vers quoi la pensivité du poème s'oriente.
Finalement, il s'agit une fois encore de se demander à quoi sert la poésie, mais cette fois sous le signe de sa pensivité. Et nous verrons que cette façon d'aborder l'acte poétique lui confère nécessairement une visée éthique. Il ne s'agit pas de dire que la poésie, comme on a pu le penser, est institutrice de l'humanité; son champ d'action se situe au-delà de cette dimension: sa réflexivité, s'attachant sans cesse à creuser les possibilités du dire, débouche sur une prise de mesure de ce qu'est l'humain. Plus que jamais, la poésie prend une tournure humaniste et se voit investie d'une vocation gnomique. On se croirait en face d'une banalité. Mais considérer que le poème met en branle, en plus d'une émotion esthétique, une réflexion sur la poétique qui le régit, ainsi qu'une méditation sur l'éthique qu'elle implique, revient à reconnaître une coopération intérieure au poème de ces instances, qui doit être pensée comme constitutive de tout dire soucieux de sa nature. Le dire de michel deguy se développe donc d'un même élan dans ses trois dimensions: poésie, poétique, éthique. Il faut moins voir alors dans l'acte de poésie une espèce de prétention à une universalité de savoirs qu'une volonté d'exercer, de mettre en branle toutes les possibilités que recèle une langue - et par conséquent toutes les richesses que l'homme peut tirer de cette faculté qu'il appelle logos.

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A propos de l'auteur :

pencil image Alexis V. Etudiant
Niveau :Expert Etude suivie : Sciences politiques Ecole, université : Sciences-po Paris

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