Michel Deguy : un poète, une uvre.
Date de publication :
11/04/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
10 pages
Sommaire :
Sommaire
- La profanation
- Le rapprochement
- Désir et catachrèse : la poésie comme l'amour
Résumé :
michel deguy est né en 1930 en région parisienne. Il a été professeur en khâgne, puis à l'université de Paris 8. Il est agrégé de philosophie et fut président du Collège international de philosophie. Il est rédacteur en chef de la revue po&sie.
Pour bien des contemporains, michel deguy paraît, sinon illisible, en tous cas d'une lecture extrêmement difficile, exigeante. Peut-être est-ce le fait de sa volonté de ne jamais séparer - et l'on verra que cette absence de séparation est en réalité une active jointure - de ne jamais séparer la poésie de la pensée, qu'elle soit pensée poétique, pensée philosophique, ou pensée éthique. En effet, c'est toujours le logos qui est en jeu, à savoir notre faculté d'être à la fois pensant et parlant, l'un par l'autre.
La poésie se voit donc chargée de rapatrier en elle ce qui avait été souvent jusque là relégué à ses marges : la pensée théorique. La poésie est un acte de pensée. La poésie se doit de ne jamais oublier sa vocation pensante.
L'inquiétude de michel deguy est donc la pensivité du poème. À savoir : comment pense le poème, c'est-à-dire par quels moyens, et en vue de quoi il pense, vers quoi la pensivité du poème s'oriente.
Finalement, il s'agit encore une fois de répondre à la question : à quoi sert la poésie. Mais cette fois sous le signe de sa pensivité.
Et nous verrons que deguy donne à la poésie un rôle extraordinairement important, enveloppant et général. La poésie est ce qui permet de mieux vivre. Plus que jamais, la poésie se voit donc investie d'une vocation gnomique.
On se croirait en face d'une banalité. Mais c'est que le poème met en branle, en plus d'une émotion esthétique, une réflexion sur la poétique qui le régit, et une méditation sur l'éthique qu'elle implique. Et ce qu'il faut garder à l'esprit, c'est que poésie, poétique et éthique se mêlent et s'entremêlent dans le poème, non à la façon d'un mélange ou d'une soupe, mais d'une active coopération. On peut même dire que chacune de ces trois entités - poésie, poétique, ou éthique - procède des deux autres.
À ce stade de la présentation, une lecture d'un texte emblématique s'impose.
« Sibyllaires » (de « je te cherche » à « morte eau du crâne ».)
Ce poème est le premier du livre Gisants, publié en 1985 chez Gallimard. Il est repris du recueil précédant : Donnant Donnant. Il donne à penser cette active coopération, implication, de l'éthique et de la poétique dans la poésie, que nous expliciterons par la suite.
La poésie de michel deguy se montre avant tout soucieuse de ce dans quoi elle a à s'insérer : une langue, une tradition poétique, un monde et les sociétés dans lesquelles vivent les hommes qui le peuplent et doivent l'habiter.
Ce souci d'insertion de la poésie dans le monde en son sens le plus large s'exprime avant tout à travers un des motifs forts qui régissent la poésie de michel deguy : La profanation.
Cette profanation peut être considérée comme l'étape préliminaire - même s'il n'y a aucun ordre à tout cela, même si tout se passe en même temps - de la principale tâche que se donne la poésie, à savoir le rapprochement.
Ce qui suscite le rapprochement, enfin, c'est le constat de l'écart, de l'altérité rencontrée en chaque chose. L'évidence de l'altérité suscite un désir de figuration. Le rapport à l'altérité pourra alors se définir comme étant celui de l'amour.
Pour bien des contemporains, michel deguy paraît, sinon illisible, en tous cas d'une lecture extrêmement difficile, exigeante. Peut-être est-ce le fait de sa volonté de ne jamais séparer - et l'on verra que cette absence de séparation est en réalité une active jointure - de ne jamais séparer la poésie de la pensée, qu'elle soit pensée poétique, pensée philosophique, ou pensée éthique. En effet, c'est toujours le logos qui est en jeu, à savoir notre faculté d'être à la fois pensant et parlant, l'un par l'autre.
La poésie se voit donc chargée de rapatrier en elle ce qui avait été souvent jusque là relégué à ses marges : la pensée théorique. La poésie est un acte de pensée. La poésie se doit de ne jamais oublier sa vocation pensante.
L'inquiétude de michel deguy est donc la pensivité du poème. À savoir : comment pense le poème, c'est-à-dire par quels moyens, et en vue de quoi il pense, vers quoi la pensivité du poème s'oriente.
Finalement, il s'agit encore une fois de répondre à la question : à quoi sert la poésie. Mais cette fois sous le signe de sa pensivité.
Et nous verrons que deguy donne à la poésie un rôle extraordinairement important, enveloppant et général. La poésie est ce qui permet de mieux vivre. Plus que jamais, la poésie se voit donc investie d'une vocation gnomique.
On se croirait en face d'une banalité. Mais c'est que le poème met en branle, en plus d'une émotion esthétique, une réflexion sur la poétique qui le régit, et une méditation sur l'éthique qu'elle implique. Et ce qu'il faut garder à l'esprit, c'est que poésie, poétique et éthique se mêlent et s'entremêlent dans le poème, non à la façon d'un mélange ou d'une soupe, mais d'une active coopération. On peut même dire que chacune de ces trois entités - poésie, poétique, ou éthique - procède des deux autres.
À ce stade de la présentation, une lecture d'un texte emblématique s'impose.
« Sibyllaires » (de « je te cherche » à « morte eau du crâne ».)
Ce poème est le premier du livre Gisants, publié en 1985 chez Gallimard. Il est repris du recueil précédant : Donnant Donnant. Il donne à penser cette active coopération, implication, de l'éthique et de la poétique dans la poésie, que nous expliciterons par la suite.
La poésie de michel deguy se montre avant tout soucieuse de ce dans quoi elle a à s'insérer : une langue, une tradition poétique, un monde et les sociétés dans lesquelles vivent les hommes qui le peuplent et doivent l'habiter.
Ce souci d'insertion de la poésie dans le monde en son sens le plus large s'exprime avant tout à travers un des motifs forts qui régissent la poésie de michel deguy : La profanation.
Cette profanation peut être considérée comme l'étape préliminaire - même s'il n'y a aucun ordre à tout cela, même si tout se passe en même temps - de la principale tâche que se donne la poésie, à savoir le rapprochement.
Ce qui suscite le rapprochement, enfin, c'est le constat de l'écart, de l'altérité rencontrée en chaque chose. L'évidence de l'altérité suscite un désir de figuration. Le rapport à l'altérité pourra alors se définir comme étant celui de l'amour.
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