Le microcrédit (innovation du prix Nobel de la paix 2006)
Date de publication :
22/01/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
5 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le microcrédit : un outil majeur dans la lutte contre la pauvreté
- Le microcrédit : une institution au succès relatif et à l'apport insuffisant pour lutter contre la pauvreté
Résumé :
« Le cap des 100 millions [de pauvres] ayant accès aux services de la microfinance pourrait être franchi d'ici un an ». Cet extrait d'article date de 2005, aujourd'hui cet objectif a été atteint et le nombre de personnes bénéficiant de la microfinance ne cesse de croître. À ce titre le créateur du microcrédit, Muhammad Yunus, a été récompensé, le 10 Décembre dernier à Oslo, du prix nobel de la paix.
Muhammad Yunus, né en 1940, est issu d'une famille aisée du sud du Bangladesh. Il a donc pu accéder à une faculté facilement, son diplôme d'économie en poche il s'envole pour les États-Unis où il passe un diplôme de troisième cycle d'économie et y apprend l'économie du développement entre 1965 et 1969, enfin il devient professeur d'économie dans une université du Tennessee en 1970.
En revenant des Etats-Unis en 1972, après que le Pakistan oriental ait fait sécession et devienne le Bangladesh, Muhammad Yunus découvre la misère ambiante due à la famine qui décime près de 1,5 million de personnes ; en 1976, M. Yunus décide d'aider ces populations dangereusement démunies.
Pour cela, lui vient l'idée de fournir des crédits à ces personnes, principalement aux femmes, car dans son idée si l'argent est prêté aux femmes il a plus de chances de profiter à la famille et aux enfants que si il est prêté aux hommes. Ainsi, il crée sa propre banque en 1983 : la Grameen Bank. Le principe de cette banque c'est d'offrir des prêts et des services bancaires (assurances, épargne,...) à des personnes pauvres et qui ne sont donc pas en mesure d'offrir les garanties exigées par les établissements bancaires traditionnels. A l'aide de ces prêts (qui sont en moyenne de 300 $ par personne) et services bancaires les utilisateurs vont pouvoir démarrer une petite activité génératrice de revenus et les prêts sont ensuite remboursés par les revenus dégagés de l'activité entreprise.
L'organisation des prêts est simple : un groupe désigne cinq femmes qui vont être responsables conjointement de la dette de tous les membres du groupe ; un autre emprunt n'est à terme possible que si tous les membres du groupe remboursent leurs dettes, les remboursements sont hebdomadaires et les montants prêtés progressent selon les remboursements des emprunteurs. Cette gestion collective permet de meilleurs résultats qu'une gestion individuelle, en effet les personnes d'un même village se connaissant bien et les prêts étant gérés en assemblées cela renforce l'entraide pour rembourser ainsi que la pression vis-à-vis des autres membres du groupe de rembourser.
Les chiffres semblent montrer que cette innovation est une solution décisive à la pauvreté, ainsi selon la Banque Mondiale 3264 institutions de microcrédits engendreraient plus de
100 millions de crédits aux pauvres du monde. Néanmoins, d'autres observateurs estiment non seulement que ces organismes ne sont pas des acteurs primordiaux de la lutte contre la pauvreté mais en plus que leurs activités n'aident pas les plus pauvres et parfois même les plongent dans de situations critiques. On peut donc se demander :
Le microcrédit est-il réellement utile pour lutter contre la pauvreté ?
Nous verrons dans un premier temps que cette utilité est effective (1), puis dans un second temps que malgré des améliorations manifestes l'apport du microcrédit est à relativiser (2).
Muhammad Yunus, né en 1940, est issu d'une famille aisée du sud du Bangladesh. Il a donc pu accéder à une faculté facilement, son diplôme d'économie en poche il s'envole pour les États-Unis où il passe un diplôme de troisième cycle d'économie et y apprend l'économie du développement entre 1965 et 1969, enfin il devient professeur d'économie dans une université du Tennessee en 1970.
En revenant des Etats-Unis en 1972, après que le Pakistan oriental ait fait sécession et devienne le Bangladesh, Muhammad Yunus découvre la misère ambiante due à la famine qui décime près de 1,5 million de personnes ; en 1976, M. Yunus décide d'aider ces populations dangereusement démunies.
Pour cela, lui vient l'idée de fournir des crédits à ces personnes, principalement aux femmes, car dans son idée si l'argent est prêté aux femmes il a plus de chances de profiter à la famille et aux enfants que si il est prêté aux hommes. Ainsi, il crée sa propre banque en 1983 : la Grameen Bank. Le principe de cette banque c'est d'offrir des prêts et des services bancaires (assurances, épargne,...) à des personnes pauvres et qui ne sont donc pas en mesure d'offrir les garanties exigées par les établissements bancaires traditionnels. A l'aide de ces prêts (qui sont en moyenne de 300 $ par personne) et services bancaires les utilisateurs vont pouvoir démarrer une petite activité génératrice de revenus et les prêts sont ensuite remboursés par les revenus dégagés de l'activité entreprise.
L'organisation des prêts est simple : un groupe désigne cinq femmes qui vont être responsables conjointement de la dette de tous les membres du groupe ; un autre emprunt n'est à terme possible que si tous les membres du groupe remboursent leurs dettes, les remboursements sont hebdomadaires et les montants prêtés progressent selon les remboursements des emprunteurs. Cette gestion collective permet de meilleurs résultats qu'une gestion individuelle, en effet les personnes d'un même village se connaissant bien et les prêts étant gérés en assemblées cela renforce l'entraide pour rembourser ainsi que la pression vis-à-vis des autres membres du groupe de rembourser.
Les chiffres semblent montrer que cette innovation est une solution décisive à la pauvreté, ainsi selon la Banque Mondiale 3264 institutions de microcrédits engendreraient plus de
100 millions de crédits aux pauvres du monde. Néanmoins, d'autres observateurs estiment non seulement que ces organismes ne sont pas des acteurs primordiaux de la lutte contre la pauvreté mais en plus que leurs activités n'aident pas les plus pauvres et parfois même les plongent dans de situations critiques. On peut donc se demander :
Le microcrédit est-il réellement utile pour lutter contre la pauvreté ?
Nous verrons dans un premier temps que cette utilité est effective (1), puis dans un second temps que malgré des améliorations manifestes l'apport du microcrédit est à relativiser (2).
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