Le miroir de la philosophie
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mémoire
publié le 30/11/2006
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Résumé
Ce nest pas un hasard si cest au premier siècle, dès lémergence de lère chrétienne, que le miroir prit, grâce au verre et au métal, une voie qui le mène jusquà nos jours. Dailleurs, « les auteurs du moyen-âge se montrent fort curieux des miroirs, objets créés par le génie humain, et de leurs étonnantes propriétés. A cette curiosité toute scientifique se mêle évidemment le goût du merveilleux et de la magie. Beaucoup moins répandus que de nos jours, les miroirs sollicitaient dautant plus les imaginations ».
Le miroir appartient au vocabulaire religieux du moyen-âge, qui en développe les sens symboliques à partir des écrits scripturaires, des textes néoplatoniciens et de la tradition patristique. « Dans liconographie médiévale lemploi utilitaire que peut avoir cet objet (le miroir) na pratiquement pas de place. Dès quil y a miroir, il y a intentionnalité bonne ou mauvaise, vision idéalisée ou projection péjorative ». Se regarder dans un miroir « traduit la complaisance que lon prend dans la contemplation de sa propre personne et signifie alors orgueil et vanité ; [...] le miroir renvoie quelquefois à lindividu limage dune vérité profonde quil risquerait doublier », comme cest par exemple le cas de la mort représentée sous la forme dun squelette : il vient refléter en lhomme limage cachée de sa propre finitude.
Lusage utilitaire et auto-réflexif de lobjet est à peu près ignoré par liconographie comme par les textes, qui nenvisagent de lui qu « une vision idéalisée ou une projection péjorative ». Le miroir de la spiritualité médiévale témoigne, de manière conflictuelle, de la présence dune réalité immatérielle dans le visible, en même temps quil désigne les moyens et les degrés de la connaissance, de la spéculation à la vision parfaite : connaître, cest refléter, passer dune vision sensible à la contemplation de linvisible. La contemplation nest pas un artifice humain puisque la nature contient, à la surface de leau, ses propres moyens de contemplations. Il faut alors nous associer au monde, « daussi près que nous le pouvons, avec ces eaux que nous avons déléguées à la contemplation de ce qui existe ». Et si cette association est possible, cest parce que nous participons de sa nature : nous sommes de son image.
Le miroir appartient au vocabulaire religieux du moyen-âge, qui en développe les sens symboliques à partir des écrits scripturaires, des textes néoplatoniciens et de la tradition patristique. « Dans liconographie médiévale lemploi utilitaire que peut avoir cet objet (le miroir) na pratiquement pas de place. Dès quil y a miroir, il y a intentionnalité bonne ou mauvaise, vision idéalisée ou projection péjorative ». Se regarder dans un miroir « traduit la complaisance que lon prend dans la contemplation de sa propre personne et signifie alors orgueil et vanité ; [...] le miroir renvoie quelquefois à lindividu limage dune vérité profonde quil risquerait doublier », comme cest par exemple le cas de la mort représentée sous la forme dun squelette : il vient refléter en lhomme limage cachée de sa propre finitude.
Lusage utilitaire et auto-réflexif de lobjet est à peu près ignoré par liconographie comme par les textes, qui nenvisagent de lui qu « une vision idéalisée ou une projection péjorative ». Le miroir de la spiritualité médiévale témoigne, de manière conflictuelle, de la présence dune réalité immatérielle dans le visible, en même temps quil désigne les moyens et les degrés de la connaissance, de la spéculation à la vision parfaite : connaître, cest refléter, passer dune vision sensible à la contemplation de linvisible. La contemplation nest pas un artifice humain puisque la nature contient, à la surface de leau, ses propres moyens de contemplations. Il faut alors nous associer au monde, « daussi près que nous le pouvons, avec ces eaux que nous avons déléguées à la contemplation de ce qui existe ». Et si cette association est possible, cest parce que nous participons de sa nature : nous sommes de son image.
Sommaire
- Le miroir des premiers siècles.
- Analogie et imitation: le miroir examplaire.
- Le miroir et l´usage d´un usage.
- La renaissance et le ´changement de perspective´ de la foi.
- Les sciences du miroir.
- Surface et profondeur.
- La lumière et le chemin de l´ oeil: l´optique.
