La mort et l’Occident de 1300 à nos jours, par Michel Vovelle

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Sommaire

  1. Mourir en 1300 : deux modèles de la mort au c'ur du Moyen Age
    1. Équilibres et présence de la mort au Moyen Age
    2. Un très ancien système de la mort
    3. Mille ans de christianisme
    4. Les déviants : des troubadours aux cathares
  2. Le triomphe de la mort
    1. Le temps des pestes
    2. La révolte des morts et le macabre
    3. Le nouveau discours chrétien de la mort et l'au-delà
    4. De la mort au tombeau, l'inflation des gestes
    5. Les nouvelles stratégies de l'au-delà
  3. La Renaissance, tournant ou péripétie
    1. Forces de vie et forces de mort au c'ur du XVIe siècle
    2. Trois contestations de la mort au XVIe siècle
    3. Une nouvelle sensibilité à la mort à l'âge de l'humanisme
    4. Des options aux pratiques : catholiques et réformes, une ou deux attitudes devant la mort ?
  4. Le grand cérémonial de la mort à l'Âge baroque (1580 - 1730)
    1. Le frisson du baroque
    2. La misère du siècle
    3. Main basse sur la mort
    4. La vie dans la pensée de la mort
    5. Entre le ciel et l'enfer
    6. Le grand cérémonial
    7. Nos deuxièmes vies
    8. L'esprit qui nie
  5. La mort en question au siècle des Lumières
    1. La mort a-t-elle changé ?
    2. La mort en question : la déroute des Églises
    3. La transformation des pratiques
    4. Un nouvel art de mourir ?
    5. Un statut différent des morts
    6. Les sommeils de la raison
    7. De la révolution dans la mort au retour à l'ordre
  6. Certitudes et inquiétudes : la mort bourgeoise au XIXe siècle
    1. La lutte contre la mort : une victoire du XIXe siècle ?
    2. La fin d'un monopole
    3. Ultime compromis : une religion populaire christianisée de la mort
    4. Des inquiétudes aux certitudes
    5. Le cercle de famille
    6. Du cimetière au monument
    7. Le revers de la « Belle Époque »
  7. Mourir aujourd'hui
    1. La victoire et l'angoisse
    2. À l'enseigne de la « mort tabou »
    3. La mort des hommes et la mort de Dieu
    4. Cris et chuchotements
    5. La redécouverte de la mort (1965-1980)

Résumé de la fiche de lecture

Dès les premières lignes de son livre, Michel Vovelle nous le dit : l’histoire de la mort est un sujet fascinant. Comme personne ne peut en parler après l’avoir vécue, il nous explique qu’il va travailler sur les réactions des hommes face à la mort. La mort est un sujet de recherche important puisque c’est un « grand invariant » qui fait partie de la vie de chacun. Ce « passage » est toujours entouré d’esquives, de tabous ou au contraire d’explications religieuses immuables.
M. Vovelle qualifie ensuite sa recherche de passionnante, toujours, mais nécessitant une approche prudente et ambitieuse. Prudente, car il veut se garder de classifier les comportements pour en faire un ou plusieurs modèles et ambitieuse car, selon lui, pour aborder l’histoire de la mort il faut la « prendre comme un tout : de la mort biologique, démographique, jusqu’aux productions les plus élaborées du sentiment de la mort. » D’où une étude verticale et dans la très longue durée.
Une histoire verticale
Michel Vovelle voit l’histoire verticale comme partant de la mort subie (avec une mortalité d’ « ancien style » : le taux de mortalité annuelle est de 30 à 40 ‰ pour résumer) à la mort vécue (c'est-à-dire le réseau de gestes et de rites qui accompagne le cheminement de la maladie, l’agonie au tombeau et l’au-delà) jusqu’au discours sur la mort, qui de magique puis religieux devient laïc jusqu’à sa prolifération à l’époque contemporaine. Il note ici une séparation entre le discours religieux, inchangé depuis le départ et l’art ou la littérature qui peuvent traduire différentes sensibilités.

[...] Le retour de la peur Il concerne la mort par l’agression, la violence, l’angoisse et le carnage. Les journaux parlent beaucoup de cette mort violente : les assassinats, les exécutions, les accidents de la route, etc. Cette peur est probablement amplifiée par les medias. Mais on observe des phénomènes révélateurs comme le retour de la peine de mort pour des crimes spécifiques alors que le monde occidental était abolitionniste depuis près d’un siècle. La peur s’exprime aussi par la peur des jeunes éprouvée par les vieux. [...]


[...] La tendance est à l'activisme: le mourant doit être actif à son lit de mort et participer au cérémonial, c'est justifié par le salut de son âme. La mort publique La mort nécessite une extrême retenue, respectueuse du dernier moment et en même temps l'orchestration de tout un spectacle où l'on retrouve la pédagogie et la pastorale religieuse, et le cérémonial de toute une société. L'oraison funèbre va être influencée car on va y voir la place du récit des derniers instants augmenter sensiblement. [...]


[...] L’autre modèle de la mort romantique n’est plus allemand mais français et anglais, c'est celui non plus de la mort apaisée mais frénétique et révulsée. Le goût de la mort Ce romantisme frénétique se complaît dans la mort. Les thèmes ne font pas forcément appel à la violence. Le suicide peut exprimer une mort douce et on évoque un rapport presque intime avec la mort. La consomption est elle aussi décrite avec complaisance. La mort devient obsession et fascination. Le romantisme peut aussi être violent comme en témoignent les tableaux de massacre et de mort de Delacroix. [...]


[...] La peur de l’enfer et par la même, la peur de la mort reculent en même temps que le déisme progresse. Ce sont les groupes religieux marginaux qui sont les principaux acteurs de ce nouveau mode de pensée. On observe un recul de l’interrogation sur le purgatoire, le paradis et l’enfer. Cependant d’autres questions nouvelles ou reformulées s’imposent avec force : sur la durée de la future punition qui renvoie au final à celle du purgatoire et sur la résurrection. [...]


[...] Le mal de vivre On pense à la mort avec complaisance et on se laisse gagner par elle. Le suicide devient le prolongement naturel du mal de vivre avec Goethe qui publie en 1774 Les Souffrances du jeune Werther. La poésie de la nuit et des cimetières y contribue avec par exemple les Nuits d’Edward Young en 1742. Les thèmes du chrétien mourant et des cimetières et tombeaux comme sujets de rêverie se développent. Une panique collective naît face aux violations de sépultures. [...]

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A propos de l'auteur
Emmanuel J.
étudiant
Niveau
Avancé
Etude suivie
histoire...
Ecole, université
université...
A propos du doc
Date de publication
20/06/2007
Langue
français
Format
.doc
Type
fiche de lecture
Nombre de pages
43 pages
Niveau
avancé
Consulté
23 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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