Les mythes fondateurs de la politique américaine
Date de publication :
16/11/2006
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
34 pages
Sommaire :
Sommaire
- Le nouveau monde: le nouveau peuple élu
- La terre promise: une mission divine de conquete
- La main invisible et l'intervention providentielle
Résumé :
Ce qu'on appelle "le nouveau monde" (parce que le colonialisme a systématiquement ignoré et détruit les brillantes civilisations qui, depuis des millénaires, peuplaient ce continent), avait déjà connu, dans son hémisphère Sud des destructions telles après l'arrivée de Christophe COLOMB, que le premier prêtre ordonné aux Amériques, et devenu évêque, Monseigneur BARTOLOME de LAS CASAS, pouvait écrire dans son livre: LA DESTRUCTION DES INDES : "la barbarie est venue d'Europe".
Dans l'hémisphère Nord, au-delà du Mexique, le colonialisme s'est introduit sous une forme nouvelle. Lorsqu'en 1620, un groupe d'émigrants anglais, calvinistes puritains fuyant les persécutions, débarquèrent dans le Massachusetts, ils considéraient que leur vocation était de créer une terre nouvelle. Ces colons qui devinrent, deux siècles après, les créateurs des États-unis, s'enracinant dans un pays où ils n'avaient point d'histoire, se fondèrent sur le mythe : leur départ d'Angleterre était un nouvel "exode" biblique.
L'Amérique était la "terre promise" pour y bâtir le Royaume de DIEU. Ils invoquèrent cette mission divine pour justifier leur chasse aux Indiens et le vol de leur terre, selon le précèdent biblique de JOSUE et de ses "exterminations sacrées" : "Il est évident -écrit l'un d'eux- que DIEU appelle les colons à la guerre Les Indiens comme probablement les anciennes tribus des Amalécites et des Philistins, qui se liguèrent avec d'autres contre Israël". TRUMAN NELSON "The puritans of Massachusetts: From Egypt to the Promise Land." (Judaïsm Vol. XVI, 2, 1967).
La "terre promise" devint dès lors une terre conquise. Cette pratique de spoliation et de massacres n'était pas en contradiction avec leur conception religieuse, car l'enrichissement, comme la victoire était pour eux le signe de la bénédiction divine.
Lorsqu'ils proclamèrent leur indépendance à l'égard de l'Angleterre, le père fondateur, Georges WASHINGTON, dans son discours inaugural comme président des États-unis, donna la formule la plus parfaite de ce qui allait devenir le principe directeur de la politique américaine jusqu'à nos jours ; "Aucun peuple, plus que celui des États-unis, n'est tenu de remercier et d'adorer la main invisible qui conduit les affaires des hommes. Chaque pas qui les a fait avancer dans la voie de l'indépendance nationale semble porter la marque de l'intervention providentielle."
La "main invisible" est l'expression inventée par ADAM SMITH pour couronner sa théorie économique : si chaque individu poursuit son intérêt personnel, l'intérêt général sera réalisé. Une "main invisible" réalise cette harmonie. WASHINGTON voit dans cette "main invisible" "l'intervention providentielle" de DIEU en même temps que la loi fondamentale de l'harmonie entre les intérêts individuels et l'intérêt général.
Son successeur, JOHN ADAMS écrivait en 1765 : "Je ne cesse de considérer la fondation de l'Amérique comme un dessein de la Providence, conçu en vue d'éclairer et d'émanciper la portion de l'humanité qui se trouve encore réduite en esclavage." L'écrivain HERMAN MELVILLE au XIXe siècle : "Nous les Américains, sommes un peuple particulier, un peuple élu, l'Israël de notre temps ; nous portons l'arche des libertés." (America as a civilization. p.893)
Il est significatif que jusqu'à nos jours soit évoquée cette profession de foi et son premier auteur : sur chaque dollar sont imprimés côte à côte le portrait de WASHINGTON et cette devise, inattendue sur un billet de banque : "IN GOD WE TRUST" (Nous avons foi en DIEU).
Ce sera désormais une constante de la politique du nouveau "peuple élu" : DIEU et le dollar sont les deux mamelles du pouvoir.
Dans l'hémisphère Nord, au-delà du Mexique, le colonialisme s'est introduit sous une forme nouvelle. Lorsqu'en 1620, un groupe d'émigrants anglais, calvinistes puritains fuyant les persécutions, débarquèrent dans le Massachusetts, ils considéraient que leur vocation était de créer une terre nouvelle. Ces colons qui devinrent, deux siècles après, les créateurs des États-unis, s'enracinant dans un pays où ils n'avaient point d'histoire, se fondèrent sur le mythe : leur départ d'Angleterre était un nouvel "exode" biblique.
L'Amérique était la "terre promise" pour y bâtir le Royaume de DIEU. Ils invoquèrent cette mission divine pour justifier leur chasse aux Indiens et le vol de leur terre, selon le précèdent biblique de JOSUE et de ses "exterminations sacrées" : "Il est évident -écrit l'un d'eux- que DIEU appelle les colons à la guerre Les Indiens comme probablement les anciennes tribus des Amalécites et des Philistins, qui se liguèrent avec d'autres contre Israël". TRUMAN NELSON "The puritans of Massachusetts: From Egypt to the Promise Land." (Judaïsm Vol. XVI, 2, 1967).
La "terre promise" devint dès lors une terre conquise. Cette pratique de spoliation et de massacres n'était pas en contradiction avec leur conception religieuse, car l'enrichissement, comme la victoire était pour eux le signe de la bénédiction divine.
Lorsqu'ils proclamèrent leur indépendance à l'égard de l'Angleterre, le père fondateur, Georges WASHINGTON, dans son discours inaugural comme président des États-unis, donna la formule la plus parfaite de ce qui allait devenir le principe directeur de la politique américaine jusqu'à nos jours ; "Aucun peuple, plus que celui des États-unis, n'est tenu de remercier et d'adorer la main invisible qui conduit les affaires des hommes. Chaque pas qui les a fait avancer dans la voie de l'indépendance nationale semble porter la marque de l'intervention providentielle."
La "main invisible" est l'expression inventée par ADAM SMITH pour couronner sa théorie économique : si chaque individu poursuit son intérêt personnel, l'intérêt général sera réalisé. Une "main invisible" réalise cette harmonie. WASHINGTON voit dans cette "main invisible" "l'intervention providentielle" de DIEU en même temps que la loi fondamentale de l'harmonie entre les intérêts individuels et l'intérêt général.
Son successeur, JOHN ADAMS écrivait en 1765 : "Je ne cesse de considérer la fondation de l'Amérique comme un dessein de la Providence, conçu en vue d'éclairer et d'émanciper la portion de l'humanité qui se trouve encore réduite en esclavage." L'écrivain HERMAN MELVILLE au XIXe siècle : "Nous les Américains, sommes un peuple particulier, un peuple élu, l'Israël de notre temps ; nous portons l'arche des libertés." (America as a civilization. p.893)
Il est significatif que jusqu'à nos jours soit évoquée cette profession de foi et son premier auteur : sur chaque dollar sont imprimés côte à côte le portrait de WASHINGTON et cette devise, inattendue sur un billet de banque : "IN GOD WE TRUST" (Nous avons foi en DIEU).
Ce sera désormais une constante de la politique du nouveau "peuple élu" : DIEU et le dollar sont les deux mamelles du pouvoir.
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