La nature juridique du contrat de prêt

Date de publication :

28/12/2007

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

3 pages

Niveau :

grand public

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Sommaire :

 
 

Sommaire La nature juridique du contrat de prêt Sommaire

 
  1. Le contrat de prêt, un contrat réel
    1. La remise de la chose, condition de formation du contrat
    2. L'impossibilité d'une action en justice
  2. Un caractère réel atténué par la jurisprudence
    1. L'exception, le prêt consenti par un professionnel du crédit
    2. Le contrat réel, une notion remise en question

Résumé :

La notion de contrat réel fait partie des dispositions du Code civil qui sont aujourd'hui les plus contestées par la doctrine et la jurisprudence. Trouvant son origine dans le droit romain, elle est employée de nos jours en matière de prêt, de gage ou de dépôt.
Cette conception peut être illustrée par l'arrêt de rejet la 1ère Chambre civile de la Cour de Cassation en date du 20 juillet 1981. Deux particuliers consentent un prêt de 400.000 F à une société, celle-ci devait en contrepartie leur concéder une hypothèque sur un immeuble. Ce dernier n'ayant qu'une valeur de 250.000 Fr, les prêteurs, trouvant la valeur insuffisante, récupèrent une partie de la somme, 300.000 Frs, déposés chez un notaire, le reste de la somme étant déjà en possession de la société. Les particuliers mettent alors en demeure la société de leur rendre leurs deux chèques de 50.000 Frs. Celle-ci les assigne au paiement de la totalité du prêt. La cour d'appel par arrêt confirmatif déboute la société et assigne celle-ci à rembourser la somme de 100.000 Frs, condamnant les deux prêteurs au paiement de dommages et intérêts. La société saisit la Cour de Cassation qui rejette le pourvoi, considérant que le contrat de prêt est un prêt de consommation, contrat réel et qu'il ne se réalise qu'à la remise de la chose prêtée à l'emprunteur lui-même ou à un tiers qui la reçoit et la détient pour le compte de l'emprunteur. En l'espèce, le contrat de prêt est donc demeuré irréalisé à concurrence de 300.000 Frs. A défaut de réalisation de ce contrat, les deux particuliers ne peuvent qu'être tenus à des dommages et intérêts en raison de leur manquement fautif à leur engagement de prêter des fonds.

La solution adoptée par la Cour de Cassation a toutefois connue une évolution liée notamment à l'apparition du droit de la consommation qui tend à faire du prêt un contrat consensuel, synallagmatique et à titre onéreux. L'arrêt de rejet de la 1ère Chambre civile de la Cour de cassation rendu le 28 mars 2000 vient ainsi apporter des précisions quant à cette nouvelle inclinaison jurisprudentielle.
Un achat de matériel agricole devait être financé par un prêt consenti par un établissement de crédit, sous réserve que la personne demandant le prêt souscrive une assurance vie. Après l'avoir souscrite, l'emprunteur décède ; l'établissement financier nie être tenu d'un quelconque engagement.
Condamnée par les juges du fond, la société se pourvoit en cassation.
Celle-ci invoque, à titre principal, l'article 1892 du Code civil considérant le prêt de consommation comme un contrat réel, et fait valoir que, puisqu'elle n'a jamais remis les fonds faisant l'objet du contrat de prêt avant la livraison du matériel, le contrat de prêt ne s'était pas formé. Il ne pouvait donc s'agir que d'une promesse de prêt dont l'inexécution ne pouvait donner lieu qu'au paiement de dommages intérêts. La Cour de cassation rejette le pourvoi formé par la société et considère que le prêt consenti par un professionnel du crédit n'est pas un contrat réel. L'existence d'un accord de volonté oblige la société au paiement de la somme convenue.
A la lumière de ces deux arrêts, comment qualifier la nature juridique du contrat de prêt ? Quelles sont les incidences et les conséquences pratiques de cette qualification sur son régime juridique ?

Il convient, pour répondre à cette interrogation, de s'interroger tout d'abord sur le principe classique du contrat de prêt, contrat réel (I), puis de remarquer l'oeuvre de la jurisprudence qui atténue fortement ce caractère réel du contrat de prêt dans certaines situations (II).

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A propos de l'auteur :

pencil image Pauline C. étudiante
Niveau :Grand public Etude suivie : Droit constitutionnel Ecole, université : Paris II Panthéon - Assas

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