Néoinstitutionnalisme et action collective : réflexion à partir de luvre dElinor Ostrom
Date de publication :
14/07/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
10 pages
Sommaire :
Sommaire
- Des fondements d'une gouvernance participative des ressources naturelles
- Entre choix rationnel et dépendance de sentier
- Une conception « déstato-centrée » des politiques publiques
- Limites d'une approche participative de la gestion de ressources communes
- Critique de la dimension contractualiste
- Limites de la dimension institutionnaliste de la gouvernance participative
Résumé :
Le concept d'action collective présente une singularité sémantique remarquable. Désignant un effort concerté d'un groupe d'individus en vue d'atteindre certains objectifs dans un environnement donné, l'action collective met en exergue la dimension irréductiblement intersubjective de toute organisation sociale. En effet, une action n'est pas déclarée collective uniquement sur la base d'un engagement physique ou d'une participation directe de tous les membres d'une collectivité (organisation), mais plutôt si elle peut être menée au nom de celle-ci ; c'est-à-dire si ces derniers se retrouvent (ou retrouvent leur intérêt) dans cette action et la reconnaissent légitime. C'est la logique de la partie représentant le tout.
A ce titre, l'épineuse question que doit résoudre toute réflexion sur l'action collective est de savoir comment réconcilier tous les membres d'une organisation dans la définition des bénéfices d'une action, ou plutôt comment concevoir une institution, qui bien que produisant des effets contraignant pour tous, soit acceptée, parce que agissant dans l'intérêt commun de tous ? Cette tendance fonctionnaliste du design institutionnel est largement prégnante dans les théories de l'action collective qui conçoivent les institutions comme des solutions à des problèmes organisationnels.
La gestion des ressources naturelles est un problème patent d'action collective. En effet, la particularité de ces biens « qui se divisent en se partageant » (Calame, 2003 :227) est que leur quantité ne dépend pas de la volonté ni de l'ingéniosité humaine. De plus, bien que accessibles à tous, ils n'existent pas en quantité infinie et sont donc sujets à dégradation ou diminution (Hardin cité par ostrom, 1991 : 6). D'où l'impératif d'une organisation de leur utilisation par un groupe, a fortiori, lorsque l'existence même du groupe est liée à celle de ces ressources.
L'économie de l'ingénierie institutionnelle, à travers l'histoire et la littérature, apportée à cette question est dominée par deux options : la prise en charge étatique de ces biens ou leur privatisation.
Toute autre est la voie que nous propose elinor ostrom dans son livre Governing the Commons (1991). S'appuyant sur une riche investigation empirique, cette dernière propose une troisième alternative qui remet en cause le dualisme structurant la réalité sociale des sociétés modernes (l'État ou le marché). Elle parvient ainsi à démontrer que des communautés d'individus sont capables de s'autogouverner et de s'autogérer pour faire face à des problèmes les affectant intimement. Sans avoir recours à l'assistanat étatique ou à la tyrannie du dogmatisme économique (la panacée du marché). Elle nous propose ainsi une approche originale de la gouvernance, la gouvernance participative qui place les communautés civiles au centre du processus à la différence de la conception tryptique classique (État, société civile, marché).
L'approche institutionnaliste prônée par ostrom est fonctionnaliste, et éminemment rationaliste. Elle présuppose que les individus, sont capables de créer des institutions précises répondant à des besoins précis, et partant de contrôler parfaitement ces institutions.
Dans ce travail, on exposera et étudiera dans un premier temps les principes sous-jacents à la perspective d'ostrom. Puis, à partir de ses conclusions qu'elle nous fournit, on lui adressera deux critiques concernant la notion de capital social au coeur de cette approche.
A ce titre, l'épineuse question que doit résoudre toute réflexion sur l'action collective est de savoir comment réconcilier tous les membres d'une organisation dans la définition des bénéfices d'une action, ou plutôt comment concevoir une institution, qui bien que produisant des effets contraignant pour tous, soit acceptée, parce que agissant dans l'intérêt commun de tous ? Cette tendance fonctionnaliste du design institutionnel est largement prégnante dans les théories de l'action collective qui conçoivent les institutions comme des solutions à des problèmes organisationnels.
La gestion des ressources naturelles est un problème patent d'action collective. En effet, la particularité de ces biens « qui se divisent en se partageant » (Calame, 2003 :227) est que leur quantité ne dépend pas de la volonté ni de l'ingéniosité humaine. De plus, bien que accessibles à tous, ils n'existent pas en quantité infinie et sont donc sujets à dégradation ou diminution (Hardin cité par ostrom, 1991 : 6). D'où l'impératif d'une organisation de leur utilisation par un groupe, a fortiori, lorsque l'existence même du groupe est liée à celle de ces ressources.
L'économie de l'ingénierie institutionnelle, à travers l'histoire et la littérature, apportée à cette question est dominée par deux options : la prise en charge étatique de ces biens ou leur privatisation.
Toute autre est la voie que nous propose elinor ostrom dans son livre Governing the Commons (1991). S'appuyant sur une riche investigation empirique, cette dernière propose une troisième alternative qui remet en cause le dualisme structurant la réalité sociale des sociétés modernes (l'État ou le marché). Elle parvient ainsi à démontrer que des communautés d'individus sont capables de s'autogouverner et de s'autogérer pour faire face à des problèmes les affectant intimement. Sans avoir recours à l'assistanat étatique ou à la tyrannie du dogmatisme économique (la panacée du marché). Elle nous propose ainsi une approche originale de la gouvernance, la gouvernance participative qui place les communautés civiles au centre du processus à la différence de la conception tryptique classique (État, société civile, marché).
L'approche institutionnaliste prônée par ostrom est fonctionnaliste, et éminemment rationaliste. Elle présuppose que les individus, sont capables de créer des institutions précises répondant à des besoins précis, et partant de contrôler parfaitement ces institutions.
Dans ce travail, on exposera et étudiera dans un premier temps les principes sous-jacents à la perspective d'ostrom. Puis, à partir de ses conclusions qu'elle nous fournit, on lui adressera deux critiques concernant la notion de capital social au coeur de cette approche.
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