Quel nom peut-on donner aux génocides de la Seconde Guerre Mondiale et pourquoi ?
Date de publication :
02/05/2007
Langue :
Anglais
Format :
.doc
Nombre de pages :
7 pages
Sommaire :
Sommaire
- Génocide / Génocides / -cides
- Les mots commémoratifs
Résumé :
"Les historiens ne sont pas toujours des personnes de confiance lorsqu'il s'agit de reconstituer le passé". Ces mots, de Lucy DAWIDOWICZ, un historien américain qui a écrit beaucoup de livres sur l'historiographie des génocides, visant directement à critiquer les historiens des génocides, qui ont considéré les assassinats perpétrés par les nazis comme un objet historique "normal", c'est-à-dire qu'ils l'ont comparé avec d'autres phénomènes historiques, et l'ont classé. La catégorisation suppose, entre autres choses, de donner une définition précise et adaptée des génocides, et, dans un premier temps, de donner un nom pertinent à cet événement historique. Ainsi, nous pouvons dire que la controverse sur le nom à donner au génocide perpétré par les nazis pendant la seconde guerre mondiale est un sujet sensible. Beaucoup d'historiens en ont discuté et continuent à le faire encore aujourd'hui pour certains d'entre eux. En effet, ce domaine d'études de l'Holocauste est particulièrement intéressant, car il a commencé beaucoup plus tôt que les principales études de celles-ci. En effet, après la seconde guerre mondiale, l'attention du public et l'intérêt des historiens ont porté essentiellement sur la résistance et les survivants. Néanmoins, le procès EICHMANN en 1961, et le livre de référence (en effet, encore aujourd'hui) "La destruction des Juifs d'Europe (1961)", de Raul Hilberg, ont réactivé l'intérêt pour les génocides de la seconde guerre mondiale, et en particulier le génocide des Juifs. Ce fut le début d'une littérature historique florissante sur ces événements. Beaucoup de controverses ont été au coeur même de cette littérature: la pertinence d'adopter, ou non, une perspective comparative lorsque l'on parle du génocide des Juifs, la revendication du caractère unique de la Shoah par de nombreux membres de la communauté juive, et aussi par certains historiens, la centralité de l'antisémitisme dans l'idéologie nazie Tout cela a été profondément marqué par le désir, de la part des historiens, de respecter la mémoire juive de "leur" génocide. La question du nom est encore plus délicate, parce que le nom choisi par ceux qui veulent se souvenir de l'Holocauste sera utilisé comme nom officiel pour les commémorations, pour les jours anniversaire, il sera l'objet même de la mémoire. Toutefois, nous devons prendre en compte le fait que le nom donné aux génocides est aussi hautement politique. Différents facteurs provoquent ce changement : la nationalité de l'orateur, le fait que l'on appartienne ou non à la communauté juive ou tsigane; l'influence politique de la communauté dont nous parlons (nous verrons qu'il existe, par exemple, une différence entre le génocide des Roms et celui des Juifs), même l'attitude à l'égard d'Israël et de la communauté juive peut avoir de l'influence aujourd'hui. Cette controverse a commencé beaucoup plus tôt que les autres d'ailleurs: en 1943, Raphael Lemkin, avocat polonais d'origine juive, enseignant à l'Université de Yale aux Etats-Unis, a donné sa célèbre définition de «génocide» (en effet, «génocide» était le titre d'un chapitre de son livre "Axis rule in occupied Europe"). Ce nouveau mot devait être utilisé pour la première fois pour définir le meurtre massif des Juifs perpétré par les nazis durant la seconde guerre mondiale. À la suite de cette définition, l'Organization des Nations Unies (ONU) a inventé un nouveau crime, celui de «génocide», et a donné une définition juridique de celui-ci. Il s'agissait d'une "mini-révolution" pour ce qui est du droit international public, mais également en ce qui concerne les sciences humaines. À partir de ce moment, des sociologues, des historiens, des ethnologues, des juristes ont travaillé encore et encore sur ces définitions, afin de les rendre plus claires et plus pertinentes, de manière à classer tous les types de meurtre massif, et tout d'abord, le génocide des Juifs. Cette définition a été soit élargie soit réduite, ce mot a été écrit en lettres majuscules ou non; d'autres termes, comme "Holocauste", ou "Shoah" ont été ajoutés au mot "neutre" de génocide, comme des symboles de mémoire. Il y a désormais de nombreux mots qui peuvent être légitimement utilisés pour définir les meurtres des nazis.
Ainsi, on pourrait se demander quels sont les intérêts, les opinions et les perspectives qui mènent à l'usage de tel ou tel mot. Dans quelle mesure l'usage d'un terme révèle-t-il de manière précise la pensée de l'orateur? Les termes utilisés pour parler du génocide des Juifs sont-ils innocents? Nous allons d'abord nous concentrer sur la notion de génocide, ses implications et ses différentes significations. Cette définition a changé depuis 1943 et a également été enrichie par d'autres termes d'une autre nature : les termes autour de la notion de «mémorial», sur lesquels nous allons nous concentrer dans une deuxième partie.
Ainsi, on pourrait se demander quels sont les intérêts, les opinions et les perspectives qui mènent à l'usage de tel ou tel mot. Dans quelle mesure l'usage d'un terme révèle-t-il de manière précise la pensée de l'orateur? Les termes utilisés pour parler du génocide des Juifs sont-ils innocents? Nous allons d'abord nous concentrer sur la notion de génocide, ses implications et ses différentes significations. Cette définition a changé depuis 1943 et a également été enrichie par d'autres termes d'une autre nature : les termes autour de la notion de «mémorial», sur lesquels nous allons nous concentrer dans une deuxième partie.
Dernières nouveautés dans la catégorie : Sciences politiques
2
Les récentes réformes de la protection sociale aux Etats-Unis manifestent-elles un recul du Welfare State ?
Exposé | 04/11/2009 | fr | .doc | 5 pages
Les plus consultés sur 30 jours en : Sciences politiques
3
Les partis politiques et la loi d'airain de l'oligarchie - analyse de la thèse de Roberto Michels
Exposé | 28/12/2006 | fr | .doc | 9 pages
4
Economie des parties et rétribution du militantisme, de Daniel Gaxie
Fiche de lecture | 11/07/2007 | fr | .doc | 5 pages
Du même auteur : Sciences politiques
5
Le principe d'immunité des dirigeants nationaux face au jugement des crimes de guerre et crimes contre l'humanité
Exposé | 18/07/2006 | fr | .doc | 5 pages
