Ordre public de proximité et filiation

Date de publication :

19/12/2007

Langue :

Français

Format :

.doc

Nombre de pages :

6 pages

Niveau :

grand public

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Sommaire :

 
 

Sommaire Ordre public de proximité et filiation Sommaire

 
  1. Développement et limites d'un ordre public international de protection de l'enfant
    1. La consécration d'un ordre public international de protection de l'enfant
    2. La résistance de la Cour à l'impérialisme des droits fondamentaux
  2. Les alternatives à l'ordre public de protection
    1. Protection de l'enfant et action à fins de subsides
    2. Protection de l'enfant et clauses de proximité

Résumé :


Le trouble provoqué par la loi étrangère dans un ordre juridique ne peut être évalué uniquement à l'aune de ses valeurs essentielles, il dépend également des liens que la situation entretient avec le for : « Plus ces liens sont étroits, plus énergique sera l'intervention de l'ordre public. S'ils sont très étroits, la réserve interviendra dans toute son étendue. Si ces liens existent, mais sont très lâches, la réserve n'interviendra qu'à l'encontre de résultats totalement inacceptables ». Selon cette théorie dite de « l'ordre public de proximité », l'intervention de l'ordre public ne doit ainsi pas dépendre du seul fait que la situation litigieuse ait été créée ou non à l'étranger, mais plutôt de l'existence d'une Inlandsbeziehung, que l'on peut définir comme « un ensemble de circonstances, appréciées au cas par cas, qui contribuent à rattacher au territoire du for une situation normalement régie par une loi étrangère, et à révéler ainsi l'atteinte à l'ordre public du for provoquée par cette loi étrangère ». Jusqu'à présent, la notion a toujours été utilisée dans un but bien précis : assurer à un Français domicilié en France la faculté de divorcer, garantir à l'enfant français ou résidant en France le droit d'établir sa filiation ou protéger les intérêts de la première épouse d'un homme polygame.
L'arrêt rendu par la première Chambre civile de la Cour de cassation le 10 mai 2006 s'inscrit dans le droit fil de ces décisions. Une femme de nationalité algérienne et résidant en Algérie a donné naissance à une fille au cours du mois de mai 2001. Un peu plus d'un an plus tard, en tant que représentante légale de sa fille, elle a assigné un individu en recherche de paternité naturelle devant les juridictions françaises. Sa demande a été accueillie par la Cour d'appel de Versailles qui, après avoir constaté que la loi applicable était la loi algérienne, c'est-à-dire la loi personnelle de la mère au jour de la naissance de l'enfant, telle que désignée par l'article 311-14 du code civil, a décidé de faire intervenir l'exception d'ordre public en estimant que la loi désignée allait à l'encontre du principe d'égalité entre enfants légitime et naturel. La Cour de cassation devait ainsi se prononcer sur l'épineuse question de la compatibilité d'une loi étrangère avec l'ordre public international français. A deux mois de l'entrée en vigueur de l'ordonnance n 2005-759 du 4 juillet 2005, après une série d'arrêts ayant vigoureusement affirmé le principe d'égalité entre enfants légitime et naturel, on pouvait s'attendre à ce que le pourvoi soit rejeté. La Cour a pourtant cassé l'arrêt en affirmant « qu'une loi étrangère qui ne permet pas l'établissement d'une filiation naturelle n'est pas contraire à la conception française de l'ordre public international, dès lors qu'elle n'a pas pour effet de priver un enfant de nationalité française ou résidant habituellement en France du droit d'établir sa filiation ». La première Chambre civile a ainsi trouvé l'occasion de réaffirmer une règle déjà énoncée dans un célèbre arrêt rendu le 10 février 1993, et d'inscrire ainsi sa décision avec cohérence dans la continuité de la jurisprudence de droit international privé, en rompant avec la logique du droit interne. L'arrêt du 10 mai 2006 rappelle, si besoin en était, que l'ordre public comporte davantage de limites lorsqu'il est envisagé dans sa dimension internationale que dans sa dimension interne (I). Malgré sa sévérité apparente, la décision mérite d'autant plus d'être approuvée que d'autres mécanismes pourraient être utilisés afin de respecter davantage les conceptions étrangères tout en satisfaisant à l'intérêt supérieur de l'enfant (II).

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A propos de l'auteur :

pencil image Ihssen B. étudiant
Niveau :Grand public Etude suivie : Droit autres branches Ecole, université : Aix Marseille III

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