Les passions et les intérêts, Albert O. Hirschman
Date de publication :
15/05/2007
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
4 pages
Sommaire :
Sommaire
- Commentaires
- Comparaison de l'approche de Hirschman et de l'approche de Max Weber
- Critique de l'identification des passions à l'intérêt
Résumé :
Dans Les passions et les intérêts, hirschman propose de justifier l'apparition du capitalisme en recourant aux réflexions des philosophes depuis le XVIième siècle. Il reprend la problématique de Max Weber : comment l'activité lucrative, tant contestée aux XVIième et XVIIième siècles, est-elle devenue si vertueuse ? Ainsi, il étudie le concept d'intérêt dans l'histoire des idées et montre comment les passions se sont progressivement identifiées à l'intérêt individuel. hirschman décrit le processus endogène de la constitution progressive d'un système social démocratique viable car, l'influence de la religion diminuant, les comportements humains sont de moins en moins contrôlables (et gouvernables).
A la Renaissance, le comportement idéal est celui des aristocrates et vise la poursuite de la gloire et du pouvoir. Ce motif est considéré par les penseurs comme une passion héroïque condamnable. Les passions humaines sont destructrices et ne peuvent assurer la cohésion sociale. Ainsi, au cours du XVIIième siècle, les penseurs développent une méthode pour parvenir à maîtriser les passions et donc à établir un ordre social stable : le principe de la passion compensatrice. Il s'agit d'opposer les passions entre elles afin qu'elles se neutralisent mutuellement. Ce principe de la passion compensatrice illustre la vision dominante à cette époque de la nature humaine, vision pessimiste présentant les passions comme un pouvoir destructeur grandement nuisible. Une passion compensatrice se distingue alors des autres : l'intérêt. L'intérêt se réfère alors aux divers désirs humains requérant un choix réfléchi et raisonné. Les philosophes du XVIIième siècle mettent « désormais en contraste les conséquences heureuses des activités dictées par l'intérêt avec les calamités que déchaîne le libre jeu des passions », (Les passions et les intérêts). Le concept d'intérêt est développé initialement par Machiavel, qui y voit un instrument de régulation politique idéal pour accroître la puissance et la richesse du Prince.
Vers la fin du XVIIième siècle et le début du XVIIIième siècle, on note une évolution du contenu du concept d'intérêt. D'une part, l'intérêt se restreint au domaine économique, il est assimilé à la cupidité, à l'avarice ou à l'appât du lucre. D'autre part, outre sa contribution à l'art de gouverner, on reconnaît à l'intérêt son influence positive sur le comportement des groupes sociaux. L'intérêt suscite un remarquable enthousiasme parmi les penseurs de l'époque, qui être expliqué par les avantages qu'il présente : la prévisibilité et la constance. En effet, il est bien plus facile de gouverner une société composée d'individus poursuivant leur richesse et dont le comportement est par conséquent prévisible et constant qu'une société d'êtres lunatiques soumis à des passions changeantes. Au XVIIIième siècle, Montesquieu, James Steuart et John Millar participent au développement de « la thèse du doux commerce ». Selon Montesquieu et James Steuart, le développement du commerce limite le pouvoir arbitraire du monarque. Pour Montesquieu, le change et la lettre de change privent l'Etat de son pouvoir de « confisquer des biens et d'altérer la monnaie ». Pour James Steuart, l'Etat ne peut plus abuser de son pouvoir en raison de la complexité de la nouvelle structure de l'économie engendrée par le développement des échanges. John Millar met en évidence la capacité de coalition de la nouvelle population marchande et donc sa capacité d'action collective permettant de défendre ses intérêts. A la fin du XVIIIième siècle, la capacité de l'intérêt à lutter contre les passions est ensuite remise en cause. De plus, émerge une vision nouvelle, optimiste quant à la nature humaine. Les passions sont alors réhabilitées. Ce nouveau courant peut être illustré par cette citation de Hume : « nous sommes redevables aux passions d'améliorer un monde dominé par l'intérêt ».
A la Renaissance, le comportement idéal est celui des aristocrates et vise la poursuite de la gloire et du pouvoir. Ce motif est considéré par les penseurs comme une passion héroïque condamnable. Les passions humaines sont destructrices et ne peuvent assurer la cohésion sociale. Ainsi, au cours du XVIIième siècle, les penseurs développent une méthode pour parvenir à maîtriser les passions et donc à établir un ordre social stable : le principe de la passion compensatrice. Il s'agit d'opposer les passions entre elles afin qu'elles se neutralisent mutuellement. Ce principe de la passion compensatrice illustre la vision dominante à cette époque de la nature humaine, vision pessimiste présentant les passions comme un pouvoir destructeur grandement nuisible. Une passion compensatrice se distingue alors des autres : l'intérêt. L'intérêt se réfère alors aux divers désirs humains requérant un choix réfléchi et raisonné. Les philosophes du XVIIième siècle mettent « désormais en contraste les conséquences heureuses des activités dictées par l'intérêt avec les calamités que déchaîne le libre jeu des passions », (Les passions et les intérêts). Le concept d'intérêt est développé initialement par Machiavel, qui y voit un instrument de régulation politique idéal pour accroître la puissance et la richesse du Prince.
Vers la fin du XVIIième siècle et le début du XVIIIième siècle, on note une évolution du contenu du concept d'intérêt. D'une part, l'intérêt se restreint au domaine économique, il est assimilé à la cupidité, à l'avarice ou à l'appât du lucre. D'autre part, outre sa contribution à l'art de gouverner, on reconnaît à l'intérêt son influence positive sur le comportement des groupes sociaux. L'intérêt suscite un remarquable enthousiasme parmi les penseurs de l'époque, qui être expliqué par les avantages qu'il présente : la prévisibilité et la constance. En effet, il est bien plus facile de gouverner une société composée d'individus poursuivant leur richesse et dont le comportement est par conséquent prévisible et constant qu'une société d'êtres lunatiques soumis à des passions changeantes. Au XVIIIième siècle, Montesquieu, James Steuart et John Millar participent au développement de « la thèse du doux commerce ». Selon Montesquieu et James Steuart, le développement du commerce limite le pouvoir arbitraire du monarque. Pour Montesquieu, le change et la lettre de change privent l'Etat de son pouvoir de « confisquer des biens et d'altérer la monnaie ». Pour James Steuart, l'Etat ne peut plus abuser de son pouvoir en raison de la complexité de la nouvelle structure de l'économie engendrée par le développement des échanges. John Millar met en évidence la capacité de coalition de la nouvelle population marchande et donc sa capacité d'action collective permettant de défendre ses intérêts. A la fin du XVIIIième siècle, la capacité de l'intérêt à lutter contre les passions est ensuite remise en cause. De plus, émerge une vision nouvelle, optimiste quant à la nature humaine. Les passions sont alors réhabilitées. Ce nouveau courant peut être illustré par cette citation de Hume : « nous sommes redevables aux passions d'améliorer un monde dominé par l'intérêt ».
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