La perfectibilité humaine, entre rêve et réalité
Date de publication :
22/08/2008
Langue :
Français
Format :
.doc
Nombre de pages :
6 pages
Sommaire :
Sommaire
- D'un eugénisme public à un « néo-eugénisme » privé : la quête de la perfection autour de la procréation humaine ou le culte de la normalité
- Eugénisme public ou « programme biopolitique d'un auto-perfectionnement de l'homme par recours à la sélection » (Pierre-André Taquieff) ou à l'anthropotechnie
- « La substitution du dirigisme étatique à la décision parentale » : vers la fin d'un eugénisme collectif fondé sur la sélection artificielle ?
- La découverte de la malléabilité infinie de l'être humain : un perfectionnement menant de l'humain au surhumain ou à l'inhumain ?
- Une faculté d'amélioration indéfinie inscrite dans la nature humaine
- De la fabrication d'un super-humain à « l'enfantement d'une post-humanité » ?
Résumé :
Depuis les années 1990, le développement des biotechnologies semble avoir déclenché ce que l'on appelle la « révolution du vivant » qui ouvre à nouveau le débat sur l'humanisme. D'un côté, il y a des publicités qui scandent par exemple qu'« avec la chirurgie esthétique, la beauté est à portée de bistouri », il y a ceux qui affirment comme Fukuyama que « la biotechnologie sera capable d'enfanter d'un nouveau genre humain ». Il y a même des individus qui affirment comme dans le Manifeste des mutants de 2001 « nous évoluerons. Et personne ne nous en empêchera ». De l'autre, il y a ceux qui s'opposent catégoriquement à cette révolution comme Noëlle Lenoir, il y a ceux qui veulent qu'elle soit encadrée comme le philosophe Peter Sloterdijk avec son idée de « code anthropotechnique » et ceux qui comme le philosophe Yves Michaud affirment que « le surhomme n'est pas pour demain : pour le moment il faut nous contenter de Schwarzenegger et des dieux du stade ».
Ce débat renvoie à celui que les Lumières avaient conceptualisé autour du néologisme « perfectibilité ». Ce terme, inventé par Rousseau dans son Discours sur l'inégalité parmi les hommes, apparaissait comme le trait distinctif qui sépare l'homme des animaux. Il le définissait comme la « faculté presque illimitée » qui permet à l'homme qui ne jouit d'aucun des instincts des autres animaux, « de se les approprier tous » et ainsi de surpasser le règne animal. De même, Voltaire inventait l'adjectif « perfectible » qu'il définissait comme ce « qui est susceptible d'être perfectionné, ou de se perfectionner ». Cependant, pour Rousseau le terme « perfectibilité » désigne la faculté de l'homme de se changer en bien ou en mal.
Cette notion de « perfectibilité » semble alors avoir régulièrement opposé les hommes. Ainsi, en quoi cette faculté qu'à l'homme de se perfectionner a-t-elle donné lieu à tant de controverses déchaînant les passions autour des moyens utilisés, des objectifs visés et du rôle joué par l'Etat ?
Nous allons tout d'abord voir que cette volonté de perfectionner l'homme s'est réalisée autour du contrôle de la procréation, suscitant de nombreuses controverses. Puis, qu'avec la découverte de la malléabilité de l'homme et le progrès des biotechnologies, la possibilité de créer un surhomme a déchaîné les passions.
Ce débat renvoie à celui que les Lumières avaient conceptualisé autour du néologisme « perfectibilité ». Ce terme, inventé par Rousseau dans son Discours sur l'inégalité parmi les hommes, apparaissait comme le trait distinctif qui sépare l'homme des animaux. Il le définissait comme la « faculté presque illimitée » qui permet à l'homme qui ne jouit d'aucun des instincts des autres animaux, « de se les approprier tous » et ainsi de surpasser le règne animal. De même, Voltaire inventait l'adjectif « perfectible » qu'il définissait comme ce « qui est susceptible d'être perfectionné, ou de se perfectionner ». Cependant, pour Rousseau le terme « perfectibilité » désigne la faculté de l'homme de se changer en bien ou en mal.
Cette notion de « perfectibilité » semble alors avoir régulièrement opposé les hommes. Ainsi, en quoi cette faculté qu'à l'homme de se perfectionner a-t-elle donné lieu à tant de controverses déchaînant les passions autour des moyens utilisés, des objectifs visés et du rôle joué par l'Etat ?
Nous allons tout d'abord voir que cette volonté de perfectionner l'homme s'est réalisée autour du contrôle de la procréation, suscitant de nombreuses controverses. Puis, qu'avec la découverte de la malléabilité de l'homme et le progrès des biotechnologies, la possibilité de créer un surhomme a déchaîné les passions.
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